7 Décembre 2017

Congo-Brazzaville: Les économistes appellent à ne plus investir dans les énergies fossiles

A quelques jours du sommet de Paris consacré au financement des politiques climatiques, auquel participeront dirigeants politiques et d'institutions financières, qui aura lieu le 12 décembre, près de quatre-vingts économistes ont plaidé, dans une déclaration lancée par l'ONG 350.org., pour la « fin des investissements dans les énergies fossiles ».

Les économistes ont écrit:« Nous appelons à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d'infrastructure de combustibles fossiles, et encourageons une hausse significative du financement des énergies renouvelables ».

La déclaration poursuit: « Le président français et d'autres dirigeants se sont déjà exprimés sur la nécessité d'un soutien financier accru aux solutions climatiques, mais ils n'ont rien dit sur l'autre partie de l'équation : les financements qui continuent à être accordés à de nouveaux projets de production et d'infrastructures charbonnières, gazières et pétrolières ».

Le texte souligne qu'« il est temps que l'ensemble des acteurs économiques mondiaux se tournent pleinement vers des énergies renouvelables sûres ». « Les institutions de développement comme les investisseurs publics et privés ont la responsabilité urgente et l'obligation morale de montrer la voie », renchérit encore l'appel, évoquant une « transition inévitable » et les opportunités qui y sont liées.

Rappelant que « la communauté des investisseurs a le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible », les signataires ont appelé à « construire une économie saine tout en protégeant les salariés du secteur de l'énergie, les communautés et en tenant compte des limites écologiques d'une planète finie ».

La déclaration des économistes est signée, entre autres, par le Français Patrick Criqui, Tim Jackson (université du Surrey), Charles Palmer (London School of Economics), le Suédois Thomas Sterner, les Japonais Takeshi Mizuguchi et Shuzo Nishioka ou encore l'ex-ministre et économiste grec Yanis Varoufakis.

Afin de veiller à l'application de leur appel, les ONG environnementales, dont 350.org, France nature environnement, Greenpeace France, Réseau action climat, Fondation pour la nature et l'homme, appellent à un rassemblement à Paris, peu avant l'ouverture du sommet, sur le thème « Pas un euro de plus pour les énergies du passé ».

Baptisée One Planet Summit, la rencontre de Paris sera l'occasion de remobiliser sur ce dossier après la décision, en juin, des États-Unis de se retirer de l'accord de Paris. Quelque deux mille participants issus d'une centaine de pays sont invités ainsi que de huit cents organisations et acteurs publics et privés, parmi lesquels figurent Theresa May et Mariano Rajoy, ainsi que des personnalités comme Leonardo DiCaprio. Les Etats-Unis seront représentés par le chargé d'affaires de l'ambassade à Paris, sur décision de la Maison-Blanche, a indiqué la présidence française.

Les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine d'un dérèglement du climat sans précédent, sont liées pour les trois quarts à la combustion des énergies fossiles. Et selon les études scientifiques, il faudra écourter l'exploitation des réserves en cours si le monde veut rester sous le seuil critique de 2°C de réchauffement.

L'accord de Paris, adopté fin 2015, et ratifié à ce jour par cent soixate-neuf pays, vise à limiter le réchauffement par rapport au niveau d'avant la Révolution industrielle. Mais l'annonce du retrait américain a porté un coup à un processus complexe, qui demande de se détourner des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Congo-Brazzaville

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