6 Décembre 2017

Ile Maurice: Affaire Betamax-STC - Des réserves de carburant de plus d'une semaine ?

Du côté de la State Trading Corporation (STC), on ne pipe mot. On se refuse à révéler la quantité de stock de carburant actuellement dans le pays. Toutefois, dans les milieux concernés, on laisse entendre que celle-ci est de plus d'une semaine. De quoi tenir, donc, jusqu'à l'arrivée à Maurice du pétrolier saoudien, dont la STC tait également le nom.

Les négociations entre le gouvernement et celui de l'Arabie saoudite ont, en effet, abouti pour qu'une cargaison d'essence, de diesel et de carburant pour avion puisse arriver à Maurice vers le 13 décembre. Soit à une dizaine de jours de la célébration de Noël. «Cette cargaison pourrait arriver dans environ sept jours, ce qui est raisonnable pour garantir la sécurité en matière de carburant», soutient un haut cadre de la STC.

Cette démarche a été entreprise après que la Haute Cour de Karnataka a émis un ordre intérimaire interdisant au New Mangalore Port Trust d'accorder l'autorisation au navire Pacific Diamond de quitter l'Inde avec des produits pétroliers pour Maurice. C'est ainsi que la compagnie pétrolière Saudi Aramco a été approchée pour une cargaison de 40 000 tonnes métriques.

Selon des recoupements, l'ancien vice-Premier ministre, Sowkutally Soodhun, qui se trouve actuellement en Arabie saoudite, serait intervenu auprès du prince Salman pour que cette cargaison puisse être affrétée à Maurice. Avant que le stock actuel de carburant ne soit épuisé.

Saudi Aramco (Arabian American Oil Company), officiellement Saudi Arabian Oil Company, est la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures. Elle possède la quasi-intégralité des ressources en hydrocarbures du royaume. Tant par ses réserves que sa production, elle est la première compagnie pétrolière mondiale.

Reste que, pour rallier Maurice depuis l'Arabie saoudite, le port de Djeddah plus précisément, le tanker saoudien devrait prendre au moins sept jours, soit deux jours de plus que de l'Inde. Le haut cadre de la STC se veut toutefois rassurant. «Nos efforts ne s'arrêtent pas là. Nous allons continuer à étudier d'autres avenues de coopération avec d'autres pays. Pour éviter de répéter l'épisode de la dernière cargaison, nous préférons ne pas en dire plus pour l'instant.»

Garantie bancaire refusée

Les hommes de loi de la STC ont fait savoir à la Karnataka High Court que la STC n'est pas prête à accorder une garantie bancaire de 700 000 dollars à Betamax (environ Rs 24 millions) pour que le pétrolier puisse partir avec sa cargaison. Les débats sur l'injonction obtenue par Betamax pour bloquer le Pacific Diamond ont été ainsi ajournés au lundi 11 décembre. L'ordre intérimaire rendu par cette instance vendredi dernier est toujours en vigueur.

Des frais portuaires qui s'accumulent

Un navire bloqué au port implique des frais. Le leader de l'opposition a évoqué plus de Rs 74 millions comme «Demurrage Fees» pour le «Pacific Diamond» à six jours. Le ministre du Commerce n'a pas confirmé ces chiffres.

Selon un représentant de l'Association des transiteurs à Maurice, c'est d'ordinaire l'agent maritime qui s'occupe des frais portuaires lorsqu'un bateau mouille en rade. Cela inclut les frais de soute, la consommation de carburant en fonction de la longueur du voyage, la vitesse d'exploitation, les frais de port et de consignation et les taxes que l'armateur paie au port pour l'utilisation des infrastructures du port.

En cas de blocage, l'armateur peut faire appel à une compagnie d'assurances pour une aide financière. Qui elle aussi peut se retourner contre un tiers. Mais de toute façon, quelqu'un devra payer...

Affidavit de la STC : l'économie en péril si...

Une copie de l'affidavit juré par la STC auprès de la Haute Cour de Karnataka demandant à cette instance de rendre caduc l'ordre intérimaire interdisant l'exportation de la cargaison de 40 000 tonnes métriques a été déposée à la bibliothèque de l'Assemblée nationale, hier. Il fait état des difficultés auxquelles le pays pourrait faire face si cette cargaison n'arrive pas à bon port. «It is further submitted that the state of Mauritius is in urgent and grave need of petroleum which is to be transported by vessel with liberian flag named 'Pacific Diamond' as the state of Mauritius has limited petroleum reserves and the same being an essential commodity. (... ) It shall lead to paucity of petroleum to the entire petroleum industry and cause fracture of the economy and the commercial activity will come to a standstill.»

Les ministres Sinatambou et Gungah accusés d'outrage à la cour

Il reproche à Étienne Sinatambou et Ashik Gungah de s'ingérer dans l'administration de la justice. Vikram Bhunjun a, dans un affidavit juré hier matin, soutenu que les deux ministres auraient «prejudged issues which are sub judice». Le directeur de Betamax est d'avis qu'Étienne Sinatambou et Ashik Gungah ont violé les droits de la compagnie afin de l'empêcher d'avoir recours à la High Court of Karnataka. «By subjecting it to threats, improper pressure, public vilification and abuse.» Étienne Sinatambou aurait d'ailleurs traité les conseillers de Betamax d'«imbéciles». La compagnie Betamax a retenu les services de Mes Rishi Pursem et Rajesh Bucktowonsing.

Ile Maurice

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