7 Décembre 2017

Cameroun: Comment Johnny Hallyday avait été chassé du Cameroun en 1968 pour bagarre

L'histoire se passe en mai 1968, lorsque Johnny Hallyday effectue sa 3ème tournée africaine. Celle-ci, doit tour à tour, le mener à Dakar, Niamey, Ouagadougou, Kinshasa, Yaoundé et Fort-Lamy (actuel Ndjamena).

Puis, approché par des confrères d'une radio française sur l'Afrique, la star répond : « Ça me fait plaisir d'y retourner parce que c'est un beau pays (sic) et puis j'aime le soleil ». La bourde ne passe pas pour certains. Le rockeur considère l'Afrique juste comme un pays, alors que le continent noir, est trois fois plus vaste que l'Europe. Soit.

Mais tout s'emballe vraiment lorsque Johnny Hallyday se retrouve au milieu d'un mauvais tour diplomatique, avec en prime, les honneurs d'un télégramme diplomatique de l'ambassade de France à Yaoundé. Le télégramme, est retrouvé par les auteurs du livre « Kameroun ! » dans les archives de Jacques Foccart, chef de la cellule Afrique de l'Élysée, où siège encore pour quelques mois Charles de Gaulle.

Le 10 mai 1968, Monsieur Smet, dit Johnny Hallyday, chanteur fantaisiste et débridé, va causer un gros un scandale le jour même de son arrivée à Yaoundé. Ayant pris un verre de trop, le chanteur français déclenche une violente bagarre à l'hôtel Indépendance de Yaoundé. A l'issue de celle-ci, renseigne un conseiller diplomatique français présent sur les lieux, Johnny Hallyday frappe le ministre centrafricain de la Fonction publique, pensionnaire de l'hôtel.

Expulsé le jour même, le rockeur déclare : « Je n'en voudrai pas au peuple camerounais ». Et à nos confrères de l'AFP, Johnny Hallyday donne sa version des faits : « Un type que je ne pouvais évidemment pas connaître a dit des choses désagréables à notre sujet, notamment parce que nous avons

les cheveux longs. Il m'a bousculé. J'ai protesté. Puis, il m'a empoigné en déchirant mon polo ». A son concert irrémédiablement annulé, le chanteur déclare cependant : « Je n'en voudrai pas au peuple camerounais ».

Ahmadou Ahidjo devant des jeunes, fans de Johnny Hallyday

Un an après, en 1969, le président camerounais Ahmadou Ahidjo est à Garoua, et lit un discours à l'adresse des troupes de l'Union nationale camerounaise, qu'il a fondée en 1966. Convoquant l'historien Jean-François Bayart, il déclare : « Il n'y a pas de place pour le comportement yéyé ».

Pour Ahmadou Ahidjo, c'est « le signe d'une jeunesse inadaptée, aigrie par le sentiment de son inutilité, de sa non-participation à l'édification de son propre avenir ». Et devant les militants de son parti, et unique formation politique du pays, Ahidjo comprend enfin le décalage idéologique qu'il a avec une jeunesse admiratrice du comportement « yéyé », désinvolte et débridé du jeune Hallyday. Comme quoi, autre idole, autre âge !

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