11 Décembre 2017

Tunisie: La gabegie de retour !

La déconvenue des patentés !

Encore une fois, les marchands dûment patentés établis au marché communal tirent la sonnette d'alarme, devant le retour en force du commerce anarchique et la prolifération des chariots et étals ambulants, parcourant dans tous les sens les artères avoisinant le marché communal.

Accaparant et frappant «le pain» quotidien qui doit revenir de droit à ceux qui payent tous leurs droits et sont installés dans un cadre légal. A l'intérieur du marché, nous avons eu à croiser M. Noureddine, l'un des nombreux patentés navrés par la réapparition des commerçants ambulants.

Le teint rouge comme un coquelicot et pris par une colère noire, notre interlocuteur nous désigne du doigt sa boutique. «Elle est fermée depuis des semaines. Parce que je ne rentre plus dans mes frais. J'ai préféré faire autre chose pour nourrir tout le beau monde à ma charge. Cela, au lieu de demeurer cloué derrière mes étals, à me tourner les pouces et faire craquer mes doigts. Mon commerce porte sur des produits périssables, ajoute-t-il. La mévente m'oblige souvent à jeter mes légumes et fruits, devenus impropres à la consommation, à la poubelle !».

Un chassé-croisé infernal !

Nous avons eu à approcher le président de la délégation spéciale de l'Ariana, M. Montassar Mahjoub, pour tendre l'oreille au son de cloche de la municipalité de l'Ariana...

Notre interlocuteur nous rassure que la police communale s'échine quotidiennement pour faire la parade et pour chasser ces commerçants anarchiques. «Mais, dit-il, lorsque nos patrouilleurs ont affaire à des marchands ambulants, il leur est difficile de les évacuer d'un seul coup comme c'est le cas des marchands anarchiques, qui opèrent dans des baraques ou sous des tentes. Nos hommes se livrent à un chassé-croisé infernal du matin au soir.

Et ne sont pas près de baisser les bras. Ils ont récemment découvert un grand dépôt clandestin de chariots, de charrettes à bras et de brouettes métalliques. Tout cet "arsenal" a été aussitôt saisi. Ce qui pourrait limiter l'ampleur du phénomène à travers la privation de ces éléments marginaux de leurs principaux outils de manœuvres polluantes».

Bientôt le démarrage des travaux

M. Montassar Mahjoub nous apprend aussi que grâce au réaménagement du marché, situé au carrefour du terminus du métro de l'Ariana (près du dépôt communal), ces marchands ambulants pourraient s'y fixer dans la légalité, sans porter préjudice aux commerçants patentés. Bientôt, ce marché, se trouvant actuellement à ciel ouvert et n'ayant pas attiré les commerçants à cause de l'absence du minimum de commodités, connaîtra les réaménagements nécessaires, devenant beaucoup plus propice au commerce de fruits, légumes, poulets, viandes, etc.

«Si tout va bien et en cas d'aboutissement rapide des formalités d'appel d'offres, nous précise l'intéressé, les travaux y seront entamés dans un mois. Ce marché sera couvert d'une charpente métallique, pour mettre commerçants et consommateurs confondus, à l'abri de la rigueur des intempéries hivernale et de la canicule estivale.

Il sera doté d'une canalisation d'évacuation des eaux pluviales, bien appropriée ainsi que d'un éclairage public convenable. La capacité d'accueil de ce site commercial est d'une centaine de places».

Un facteur dissuasif à ne pas négliger

On nous dit aussi qu'un «espace sera réservé au parking, d'une capacité d'une dizaine de véhicules».

Ce qui nous semble très dérisoire et disproportionnel vu les besoins importants des consommateurs motorisés. D'autant que ce marché se situe sur un carrefour notoirement névralgique et constamment encombré par la densité du trafic, à commencer par le va-et-vient des métros. Chose qui risque de rejaillir négativement sur l'activité de ce nouveau marché et de constituer un facteur dissuasif pour le public motorisé. C'est pour cela que les autorités communales devraient bien réfléchir à la question.

Les travaux d'aménagement de ce marché dureront, selon notre interlocuteur, de quatre à six mois. Le petit effectif de commerçants y exerçant présentement, sera délogé durant la période desdits travaux et relogés ailleurs à titre provisoire. L'enveloppe budgétaire que nécessitera ce chantier est de l'ordre de huit cent mille dinars (800.000 D.)

Cela dit, l'on peut dire, au final, pauvre Ariana ! Qui a perdu ses atouts et attraits d'antan. Après avoir été envahie par le béton et gagnée par l'encombrement, voilà qu'elle se meurt sous l'effet du commerce anarchique avec son cortège d'inconvénients, à commencer par la pollution.

Dommage qu'il ne fasse plus bon vivre dans l'ex-grand fief des bons vivants et de la vie belle, avec la senteur et la beauté des roses !

Copyright © 2017 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.