11 Décembre 2017

Afrique du Nord: Et Donald Trump commit l'erreur historique ...

Nul ne peut dire aujourd'hui ce qu'il sortira de la décision, annoncée mercredi dernier par Donald Trump, d'installer à Jérusalem l'ambassade des Etats-Unis, mais ce qui est certain, c'est qu'elle accélère fortement la déstabilisation de cette partie du monde, qu'elle crée donc les conditions d'une crise généralisée dont le pire peut sortir à tout instant.

Expliquons-nous sur ce point en quelques mots.

1) Jérusalem n'est pas une ville comme les autres. Elle fut le berceau des trois religions monothéistes qui y coexistent depuis des siècles : le Christianisme, l'Islam, le Judaïsme. Elle est de ce fait perçue sur les cinq continents comme un Lieu Saint qui ne peut être annexé par personne même si elle se trouve située géographiquement au cœur de l'Etat d'Israël. La transformer en capitale diplomatique par une puissance extérieure, aussi imposante soit-elle, sans qu'une telle décision ait été approuvée au préalable par les peuples qui y vivent constitue une erreur, une faute, que l'Histoire condamnera à coup sûr.

2) La décision prise par Donald Trump est d'autant plus regrettable qu'elle ne résulte pas d'une négociation conduite avec les peuples concernés, mais seulement du lobbyisme intérieur, financier et idéologique, qui lui a permis de se faire élire à la présidence des Etats-Unis il y a tout juste un an. Ce sont, en effet, les proches de Donald Trump, et notamment son gendre, Jared Kushner, qui ont mené la bataille pour le moins discutable ayant abouti à la décision de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem. Cette décision ne reflète donc en rien la volonté du peuple américain.

3) Prise dans un moment où les tensions entre Israéliens et Palestiniens s'aggravent au point de faire craindre une nouvelle "intifada", l'initiative du locataire de la Maison-Blanche jette de l'huile sur un feu qui couve depuis des décennies. Les troubles vécus ces quatre derniers jours dans la Bande de Gaza, en Cisjordanie, et même dans les quartiers populaires de Tel Aviv, la capitale d'Israël, sont le signe annonciateur d'une dérive guerrière qui pourrait embraser très vite le Proche et le Moyen-Orient. Autrement dit provoquer un conflit pire que la guerre dite « des Six jours » il y a cinquante ans.

4) Le danger est d'autant plus grand que cette partie du monde est en proie à de grands troubles en raison, d'une part, de la crise économique provoquée par la chute brutale des cours du pétrole sur les marchés mondiaux et, d'autre part, de la guerre larvée que se livrent les deux principales puissances de la région, à savoir l'Arabie Saoudite et l'Iran. Perçu comme une provocation par l'ensemble du monde arabe, le déplacement de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ne peut qu'inciter Ryad et Téhéran à rivaliser, donc à surenchérir dans la riposte diplomatique, voire même guerrière qui se dessine.

5) Parce qu'elles détiennent l'arme nucléaire et possèdent un puissant arsenal militaire, les autorités israéliennes croient naïvement qu'elles pourraient une fois de plus vaincre les pays qui les entourent, qui les encerclent. Elles commettent ce faisant la pire des erreurs car, l'Histoire l'a démontré à maintes reprises tout au long des derniers siècles, la force militaire ne tient pas durablement devant les marées humaines. Que pèseraient, en effet, les neuf ou dix millions de citoyens israéliens face aux centaines de millions d'Arabes et de Musulmans qui les entourent si ceux-ci se lançaient à l'assaut de Jérusalem un jour prochain ?

De ce qui précède et qui relève du simple bon sens surgit l'évidence suivante : la seule façon d'étouffer le feu qui couve dans cette partie du monde est de préserver le statut de Ville Sainte reconnu à Jérusalem par le monde entier. La survie d'Israël, mais aussi la paix du monde en dépendent.

Qu'il nous soit donc permis de le dire avec force, ici et maintenant, nous qui ne cachons pas notre sympathie pour ce pays courageux et pour ce peuple qui a subi dans le passé les pires tourments.

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