8 Décembre 2017

Cameroun: Les sécessionnistes anglophones du Cameroun sont-ils soutenus par le Nigéria ?

À mesure que la crise anglophone, s'enlise, se pose également la question du parrainage des sécessionnistes, du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, qui alimentent ce qui s'apparente à une guérilla urbaine.

Qui soutien les sécessionnistes anglophones du Cameroun ? L'interrogation se justifie, d'autant que ces séparatistes semblent disposés des moyens de leurs actions : moyens financiers, matériels, et militaires. Des informations faisant état d'un éventuel soutien du Nigéria à ces indépendantistes Camerounais, ont circulé. Avant d'être démenties par Abuja et Yaoundé.

"L'Etat du Nigeria ne soutient d'aucune manière les sécessionnistes", a déclaré jeudi dernier à la CRTV, la Radio-télévision d'état du Cameroun, Lawan Abba Gashagar, ambassadeur et envoyé spécial du président Muhammadu Buhari au Cameroun. Porteur d'un message du président Nigérian, à son homologue Camerounais, Paul Biya, l'émissaire a été ferme: "Le gouvernement nigérian est favorable au retour rapide de la paix au Cameroun et la préservation de son intégrité territoriale", a t-il déclaré à la presse.

Collusion avec les sécessionnistes du Biafra ?

La crise qui secoue les deux régions anglophones du pays, continue d'alimenter l'actualité politique nationale. Sept personnes ont été tuées, et sept autres blessées, dans une attaque attribuée à des séparatistes dans le sud-ouest. Une attaque qui coïncide avec le séjour à Buéa du ministre camerounais de la défense, Joseph Beti Assamo.

"Les sécessionnistes camerounais bénéficient de fait, du soutien des sécessionnistes du côté du Nigeria, notamment de leur frère Biafrais, vu la proximité. Celui qui se réclame comme étant le président des sécessionnistes de l'Ambazonie se trouve entre le Nigeria et les Etats-Unis. Donc, il bénéficie de soutiens évidents du coté du Nigeria", répond Guy Zogo, le coordinateur d'Equinoxe Télévision du Centre et du Sud-ouest du Cameroun.

Cette analyse est toutefois contredite par Tundé Fatundé. Pour le professeur de Sciences politiques à l'université de Lagos au Nigéria, "il existe des groupuscules biafrais. Mais ce ne sont pas des groupes fédérateurs. Ces groupuscules sont très éloignés de la frontière avec le Cameroun. Les minorités qui existent dans cette partie du Nigéria ne sont pas d'accord pour appuyer la revendication sécessionniste, soit du Biafra, soit du Cameroun. C'est un segment de l'imagination de quelques uns."

À l'unisson, des analystes reconnaissent tout de même que des populations des deux régions anglophones du Cameroun fuient vers des villes frontalières du Nigéria, en prévision à de possibles exactions des forces de l'ordre Camerounaises.

Et c'est d'ailleurs pour parer à toutes éventualités, selon le site en ligne, actucameroun.com, que Paul Biya aurait obtenu récemment le soutien de son homologue nigérian. Muhammadu Buhari aurait autorisé l'armée Camerounaise à user de son droit de poursuite, en territoire nigérian, pour traquer certains séparatistes armés qui ont érigé leur bastion en territoire nigérian.

Rangs des séparatistes renforcés

Frontalier du Nigeria, l'ouest anglophone du Cameroun est secoué depuis fin 2016 à une crise aux relents indépendantistes animée par la minorité anglophone du pays. Celle-ci représente environ 20% des 23 millions d'habitants qui peuplent le Cameroun.

Aussi curieux que cela puisse paraitre, les rangs des séparatistes se sont renforcés, à mesure que l'armée nationale a musclée sa présence dans cette partie du pays. Ce qui laisse craindre un pourrissement de la situation, si aucune initiative n'est prise, par les autorités politiques.

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