13 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Elections 2018 - L'équation se complique !

Alors qu'à Kasa-Vubu, Olenghankoy et sa cohorte des partisans n'ont pas encore lâché prise, à Limete, pendant ce temps, le labo des durs des durs ne semble pas donner des résultats escomptés.

Klaxons, villes mortes ou marches pacifiques, loin d'effrayer les autorités congolaises, continuent à déchirer le petit tissu socio-économique des milliers des citoyens lambda. La symétrie entre les moyens mis en œuvre et les buts visés, se montre de plus en plus corsée. Calendrier électoral, loi électorale, fichier et enrôlement aux compte-gouttes, machine à voter, Budget, insécurité, démembrement et instabilité des autorités locales... , ne sont plus de nature à conforter l'Opposition. Et, si les calculs ne sont pas revus, l'Opposition risque de courir tout droit vers un mur.

Non partant !

Le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, du moins, l'aile dure de Limete maintient la pression. A tout prendre, son exigence d'une transition sans Kabila, ni Nangaa n'a changé d'aucun iota. En dépit des appels de l'Onu, de l'UE, des USA, de l'UA, de la SADC ou de la Francophonie pour l'implication dans la concrétisation du processus électoral, selon le calendrier, tel qu'il a été publié, le 5 novembre 2017 par la CENI, le Rassemblement continue à ramer à contre-courant.

Son cahier de charges paraît, au regard de l'évolution de la situation, plus que jamais difficile à réaliser pour la tenue des élections, au plus tard, le 31 décembre 2017, selon l'Accord de la Saint Sylvestre conclu à l'issue d'âpres discussions directes, officiées par les Evêques, au Centre Interdiocésain.

Dans l'opinion, l'idée qui germe est que pour les élections 2018, le Rassemblement est non partant. A moins qu'à la longue, les lignes bougent.

Radicalisation

"Non au calendrier des élections fixées au 23 décembre 2018. Non à la loi électorale. Oui à la reconfiguration de la CENI. Oui à la décrispation politique assortie des mesures de confiance, patati patata". Les thèses de l'Opposition demeurent figées. Rien de ce qui passe maintenant n'a osé la contraindre à revoir la stratégie. Mais, au juste, que fera-t-elle, pour préparer une alternative crédible en vue de la très prochaine alternance démocratique, si jamais les élections libres, transparentes, justes et apaisées étaient organisées en RD. Congo par la CENI de Nangaa ? Est-ce qu'on peut penser que l'Opposition, lorsqu'elle est attachée à sa vision d'une transition sans Kabila, ni Nangaa, peut, en dernière minute, abdiquer et revenir sur le chemin des élections organisées par ce dernier, même si celles-ci étaient les meilleures du monde ? Pas si sûr, en tout cas. A tout le moins, l'important est de savoir sur quel pied danser. Et, pour quelle finalité ? Ici, le ciel devient tellement flou que les sémiologues, ceux-là qui sont habitués à y lire des signes de temps, sont perdus.

Le verre à moitié plein, à moitié vide est là

On voulait les élections, le calendrier est là. Mais, heureusement ou malheureusement, c'est Nangaa qui l'annonce. On voulait la loi électorale, la voici. Minaku et Kengo ont cautionné la mouture qui fait débat. On voulait le fichier électoral et les facilités pour minimiser le coût des élections, voici la machine à voter. Là-dessus, les Opposants râlent.

Sur les tous les théâtres d'opérations, Joseph Kabila Kabange, se sachant fin mandat et, par conséquent, constitutionnellement inéligible, tâte et mine le terrain. Il assène des sérieux coups aux virtuels challengers de ses ouailles. Si bien que le moment venu, la Majorité présidentielle, elle qui, depuis des lustres, préside à la destinée du pays, serait la seule à aligner des candidats à tous les niveaux, tout en se réservant le droit de payer des cautions, devenues, elles aussi, des épingles dans les œsophages de ces politiciens constellés autour de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la hauteur de la 10ème rue à Limete.

Les dés sont jetés

Puisqu'apparemment, le jeu est fait. Comment aller aux élections sans accepter le calendrier de la CENI ? Comment aller aux élections sans la loi électorale dont la promulgation pourrait intervenir dans les prochaines heures, dès qu'elle traverse aujourd'hui l'étape du Sénat ? Sur quel territoire les Opposants opéreront alors qu'il leur devient difficile de circuler dans les provinces, ni de s'adresser à leurs affidés lors des meetings ? La grippe politique est toute dans ces équations-là.

A cela, il faudrait, d'ailleurs, y ajouter les crises récessives et les conflits de leadership, avec le florilège de candidatures au sommet de l'Etat.

Qui de Félix Tshisekedi et Kamerhe cèdera sa place à l'autre ? Qui de Katumbi et Bemba acceptera, même si la loi électorale les écartait, de laisser sa place à l'autre ? Qui, enfin, de Martin Fayulu et Freddy Matungulu, laissera sa place à l'autre ? L'éternel recommencement est de nouveau au rendez-vous. Et, avec lui, la chaise vide revient, si l'on jouait aux abonnés absents. "Si rien ne change, la Majorité foncera, elle rempilera, sans coup férir", prévient un vieux routier de la politique, bien niché derrière les manteaux.

Congo-Kinshasa

Des ONG appellent à une aide d'urgence pour les populations du Kasaï

En République démocratique du Congo, trois agences des Nations Unies - la FAO, L'Organisation des Nations… Plus »

Copyright © 2017 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.