15 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Qui se cache derrière l'attaque sanglante d'une base de la MONUSCO?

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU est attendu à Goma ce vendredi 15 décembre, 8 jours après l'attaque sur la base Monusco de Semiliki qui a coûté la vie à 14 casques bleus, jeudi 7 décembre. Jean-Pierre Lacroix doit rendre visite à certains blessés dans la matinée puis participer à une cérémonie d'hommage dans l'après-midi. L'attaque de Semiliki frappe par son ampleur, mais ce n'est pas la première du genre. Depuis le mois septembre, les civils, l'armée congolaise et la Monusco ont été visés à plusieurs reprises. Qui est derrière cette nouvelle flambée de violence attribuée par l'ONU à de présumés ADF ?

Des assaillants mieux équipés, plus nombreux, mieux renseignés et visiblement à la recherche d'armes. Voilà ce qui caractérise les attaques de ces derniers mois. Leurs auteurs disposent désormais d'armes lourdes ; ils seraient selon les sources entre 150 et plusieurs centaines.

Ils ciblent en priorité des postes militaires Monusco ou FARDC, ils trompent leurs cibles en étant habillés en tenues semblables à celles de l'armée congolaise et semblent très bien connaître les lieux de leurs attaques. Les assaillants de Semiliki savaient où se trouvait le centre de télécommunications du camp. Ceux de la base FARDC de Kazahoro attaquée mi-septembre connaissaient selon plusieurs sources le mot de passe du jour, ce qui leur a permis de passer sans problèmes le poste de surveillance.

Comment obtiennent-ils ces renseignements ? « La seule possibilité serait qu'ils interceptent des communications », explique un haut gradé de l'armée quand d'autres au sein de la société civile s'inquiètent de possibles fuites dans l'armée congolaise et demandent une enquête. Assiste-t-on à une résurgence de la rébellion ADF qui aurait profité d'une accalmie dans les opérations pour se renforcer ? S'agit-il d'un nouveau groupe armé ? Les ADF ont-ils noué des alliances ou bénéficié de complicité ? La société civile s'interroge.

Une attaque prévisible

Cette attaque contre les casques bleus s'inscrit donc dans le cadre d'une résurgence sur l'axe Mbau-Kamango, autrefois bastion des ADF. « Une attaque, tout le monde s'y attendait. On était en alerte », explique une source onusienne. Des mouvements pendulaires « suspects » avaient récemment été signalés dans la zone, et depuis 2 ou 3 mois, la situation s'était fortement dégradée.

Il y a d'abord eu cette attaque en septembre contre la base FARDC de Kazahoro à l'issue de laquelle, selon plusieurs sources, les assaillants ont récupéré d'importants stocks d'armes et d'équipement. Début octobre, nouvelle série d'attaques surprises contre des FARDC. Elle permet cette fois aux assaillants de conquérir des positions-clés reprises par l'armée quelques mois plus tôt. La zone n'est plus contrôlée.

Le 7 octobre, une vingtaine de civils sont tués dans une embuscade et le 9 la Monusco est à son tour ciblée : la base de Mamunjoma où se trouvent des casques bleus tanzaniens. Deux d'entre eux meurent sur le coup, un troisième quelques jours plus tard. Là encore, les assaillants auraient récupéré des armes. Le bilan est moins lourd que celui de Semiliki, mais il devient clair qu'une étape est franchie. Les attaques ne ressemblent pas aux opérations éclairs récurrentes dans la zone contre des patrouilles de l'armée ou des populations. Cette fois, les assaillants mènent des opérations frontales et n'hésitent plus à frapper l'ONU.

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