15 Décembre 2017

Sénégal: Affaire de la caisse d'avance de la mairie de Dakar - Khalifa Sall et Cie jugés en audience spéciale le 03 janvier prochain

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, et ses co-prévenus doivent encore patienter quelques jours avant d'être édifiés. Leur procès a été renvoyé au 03 janvier 2018 par le Tribunal correctionnel de Dakar.

Le procès de Khalifa Ababacar Sall et Cie, ouvert hier devant le Tribunal correctionnel de Dakar, a été renvoyé au 03 janvier prochain en audience spéciale. Mais d'ores et déjà, la tension monte. La constitution en défense, formulée par des avocats comme Me Elhadji Diouf, a été la pomme de discorde. L'ancien député veut que sa requête soit vidée avant toute chose. Mais, le président lui demande d'attendre la prochaine audience pour être édifié. Non, rétorque Me Diouf. « Aucun juge ne peut différer la constitution d'un avocat. C'est un préalable à la retenue de l'affaire », ajoute-t-il. Malgré les appels « à la sérénité et à la responsabilité » du juge, la robe noire poursuit ses récriminations.

Après le président du tribunal, le procureur Aly Ciré Ndiaye en a aussi pris pour son grade en essayant d'attirer l'attention sur le fait que la défense ne peut pas attendre l'audience du 03 janvier pour demander un autre renvoi. « Si la défense a des témoins à citer, mieux vaut le faire maintenant », conseille l'avocat général. Me Diouf lui coupe la parole. Il s'ensuit une vive altercation. « Tu ferais mieux de te taire parce que tu n'as même pas droit à la parole », dit le procureur Ndiaye à Me Diouf. Celui-ci réplique sans attendre : « Tu n'a pas la police de l'audience, tu ne peux pas me faire taire ». Il a fallu l'intervention du président Maguette Diop pour que le calme revienne.

Le non-accès au dossier et le manque d'informations sur la date de tenue du procès ont été d'autres griefs soulevés par la défense. « Nous l'avons appris via la presse », dénonce l'un d'eux. Mais, pour Me Baboucar Cissé, l'inobservation de cette formalité n'est pas sanctionnée par la loi. « D'autant plus qu'à la première évocation de cette affaire, les avocats étaient présents et étaient venus en masse. Par conséquent, ils ont été informés ». Par rapport à l'accès au dossier, le juge Maguette Diop tempère et rassure que toutes les conditions seront prises pour que le document soit mis à la disposition des avocats. Après, la suspension de l'audience, le maire de Dakar, emmitouflé dans un grand-boubou immaculé, s'est levé pour saluer ses partisans et autres députés de l'opposition mobilisés pour lui manifester leur solidarité. C'est des slogans dans la salle. « Khalifa doit diriger », « Khalifa président », chantent ses souteneurs comme une antienne. « Nous sommes venus soutenir notre collègue Khalifa Sall. Il est important que tout le monde ait conscience que même si on n'a levé son immunité parlementaire, Khalifa Sall est toujours député du Sénégal. C'est donc logique que ceux qui ont partagé sa cause et ceux qui se sont opposés à la levée son immunité lui apportent leur soutien », déclare Me Madické Niang, président du groupe parlementaire « Liberté et Démocratie ».

Me baboucar Cissé, avocat de l'état : « La loi permet le renvoi jusqu'à 3 reprises »

« Le dossier a été enrôlé dans une audience ordinaire et non dans une audience spéciale. Dans le rôle du tribunal, il y a 103 affaires qui ont été enrôlées, et l'affaire Khalifa Sall est la 100ème affaire. Compte tenu du fait qu'il s'agit d'une affaire nouvelle, d'ordinaire, le tribunal renvoie. La loi le permet jusqu'à trois reprises lorsque le tribunal l'estime nécessaire. C'est aujourd'hui le cas. Le 03 janvier prochain, l'affaire sera évoquée dans une autre salle plus grande. Parce qu'il faut retenir que la justice est rendue au nom du peuple sénégalais et il est bon que le peuple puisse assister aux audiences pour pouvoir se faire une idée de ce qui se passe dans ce dossier ».

Me El Hadj Diouf, avocat de la défense : « C'est la première victoire de la défense »

« Le tribunal a reconnu que les droits de la défense ont été violés. C'est la raison pour laquelle il a renvoyé l'affaire au 3 janvier prochain pour que les formalités substantielles prévues par l'article 174 du Code de procédure pénale puissent être respectées. Qu'est-ce que dit l'article 174 ? Quand il y a renvoi pour juger une affaire, les avocats doivent être avisés par le procureur. Celui-ci, ne l'ayant pas fait, a commis une faute grave. Le tribunal ne pouvait aucunement juger cette affaire. C'est la première victoire de la défense. On n'a toujours refusé à Khalifa Sall ses droits, y compris son statut de député, son immunité parlementaire, etc. ».

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