15 Décembre 2017

Congo-Brazzaville: Droits humains - Des Ponténégrins fustigent la vente des Noirs en Libye

Le 18 décembre de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée mondiale des migrants pour réaffirmer et promouvoir leurs droits. A trois jours de l'événement, des voix se sont levées dans la capitale économique du Congo pour condamner le commerce honteux des migrants africains en Libye.

Interrogé sur la date du 18 décembre relative aux droits des migrants et sur les révélations du commerce des Noirs en Libye, un habitant de Pointe-Noire a répondu: « Oui, je connais bien cette date, elle a été adoptée par les Nations unies pour promouvoir les droits des migrants. Car bien qu'étant migrants, ces hommes ont des droits et doivent être bien traités. Or ce qui se passe en Libye ne saurait être acceptable. Comment comprendre que des personnes peuvent être vendues aux enchères comme esclaves au 21e siècle? Heureusement des journalistes de CNN ont filmé une vente d'êtres humains. Et les Nations unies ont qualifié cette situation d'inhumaine. A vrai dire, cette enquête de la chaîne américaine met en lumière les situations d'esclavage auxquelles sont réduits de nombreux migrants qui transitent par la Libye pour gagner l'Italie, porte d'entrée en Europe. Nous condamnons cet état de chose, que l'Afrique se mette debout pour combattre ce phénomène ! », s'est indigné Albert Massa, vivant dans le 6e arrondissement, Ngoyo.

Un autre du premier arrondissement, Emery-Patrice-Lumumba, énumère quant à lui les différentes causes qui ont amené cette situation et pense qu'il faut agir sur ces causes pour en mettre fin. « Cette situation a bousculé le monde entier en général et particulièrement tous les pays africains. Il faut donc la condamner et trouver des stratégies pour l'arrêter. Mais il n'en demeure pas moins que ce qui se passe en Libye a bel et bien des causes. Ces jeunes gens quittent leurs pays, semble-t-il, pour aller chercher le mieux être ailleurs. Ces causes sont d'ordre politique, économique, social et culturel. Elles se croisent et se renforcent. Ainsi, il y a, entre autres, une faible croissance économique, les problèmes de gouvernance, la surpopulation liée à une forte croissance démographique, des taux élevés de chômage, l'oisiveté, les conflits armés, les catastrophes naturelles et l'état d'insécurité dans lequel se trouve aujourd'hui la Libye a grandement favorisé cela », a indiqué cet orateur.

Et des horreurs inimaginables des migrants...

« Ces migrants africains vivent cette situation déplorable dans un Etat africain, car des passeurs ne sont que des Africains », s'est indigné un ressortissant de l'Afrique de l'ouest vivant à Pointe-Noire qui a requis l'anonymat.

Cette indignation est aussi partagée par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains. Zeid Ra'a Al-Hussein a vivement dénoncé, le mois dernier, la vente des migrants africains en Libye, qualifiant cela d' « inhumaine ». Cet esclavage des temps modernes, avait-il dit, constituait un outrage à la conscience de l'humanité. « La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye, et prétendre que la situation ne peut être réglée qu'en améliorant les conditions de détention », avait-il déclaré.

Parmi ces migrants, on note ceux du Nigeria, du Sénégal et de la Gambie qui sont capturés alors qu'ils font route vers le nord de la Libye, d'où ils comptent gagner l'Europe en traversant la Méditerranée. Tout au long du voyage, ils sont la proie de groupes armés et de réseaux de passeurs, qui tentent parfois de leur extorquer de l'argent. Car à suivre le reportage de CNN, un ancien esclave qui est parvenu à s'enfuir raconte son quotidien, affirmant : « Ils nous font travailler de force et ils nous battent ». Encore que de source sûre, la plupart des migrants sont utilisés comme travailleurs journaliers dans les secteurs de la construction et de l'agriculture.

Notons que ce n'est pas la première fois qu'un tel commerce est dénoncé publiquement. En avril de l'année en cours, l'Organisation internationale pour les migrations avait fait savoir que la traite d'êtres humains était devenue une pratique de plus en plus fréquente chez les passeurs. Bénéfiques pour eux, ces marchés aux esclaves se dérouleraient une ou deux fois par mois avec des sommes allant de cinq cents à sept cents dinars libyens.

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