16 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Casques bleus tués à Semiliki - L'inévitable enquête pour rétablir la vérité

Plusieurs interrogations demeurent sans réponse après l'attaque meurtrière contre une base de la Monusco à Semiliki, en territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. De l'ONU à la Tanzanie, pays pourvoyeur des casques bleus tués, en passant par l'Union européenne, tout le monde veut une enquête qui puisse élucider cette affaire.

Qui se cache derrière l'attaque sanglante d'une base de la Monusco le jeudi 7 décembre sur le pont Semiliki dans la province du Nord-Kivu? C'est la grande interrogation à laquelle ni les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ni la Monusco n'ont pu répondre jusque-là, huit jour après cet incident.

Aux premières heures après cette attaque qui a fait 14 morts dans les rangs des Casques bleus et 5 dans celui des Fardc, non sans compter 44 blessés, ce crime de guerre a été attribué aux présumés ADF, une milice ougandaise en RDC depuis plus de deux décennies. Mais, très vite des faits ont poussé aux doutes.

Même si elle n'est pas la première du genre, l'attaque de Semiliki frappe par son ampleur. Depuis le mois septembre, les civils, l'armée congolaise et la Monusco ont été visés à plusieurs reprises. Qui est derrière cette nouvelle flambée de violence attribuée par l'ONU à de présumés ADF ? Cette question suscitée par RFI n'a jusque-là des réponses adéquates.

Ce que l'on sait est que ces assaillants étaient mieux équipés, plus nombreux, mieux renseignés et visiblement à la recherche d'armes. Voilà ce qui caractérise les attaques de ces derniers mois. Leurs auteurs disposent désormais d'armes lourdes ; ils seraient selon les sources entre 150 et plusieurs centaines. Certains analystes indépendants parlent même que cette attaque de Semiliki a été menée par 500 assaillants.

Leur mode opératoire ces derniers temps est qu'ils ciblent en priorité des postes militaires Monusco ou FARDC, ils trompent leurs cibles en étant habillés en tenues semblables à celles de l'armée congolaise et semblent très bien connaître les lieux de leurs attaques. Les assaillants de Semiliki savaient où se trouvait le centre de télécommunications du camp. Ceux de la base FARDC de Kazahoro attaquée mi-septembre connaissaient selon plusieurs sources le mot de passe du jour, ce qui leur a permis de passer sans problèmes le poste de surveillance, selon Rfi. Tous ces faits incitent une enquête indépendante pour rétablir la vérité sur la mort des casques bleus de l'ONU.

Un châtiment attend les auteurs de ce crime

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU est à Goma depuis le vendredi 15 décembre, soit 8 jours après l'attaque sur la base Monusco de Semiliki. Jean-Pierre Lacroix a rendu visite à certains blessés dans la matinée puis participer à une cérémonie d'hommage dans l'après-midi.

Avant l'étape de Goma, lors d'une cérémonie à Dar es Salaam, en Tanzanie, le jeudi, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies a offert ses condoléances au gouvernement et au peuple de Tanzanie, ainsi qu'aux familles des 14 Casques bleus tanzaniens tués lors de l'attaque du 7 décembre en République démocratique du Congo.

M. Lacroix a exprimé la gratitude des Nations Unies pour «l'engagement fort » de la Tanzanie et a dénoncé un « crime de guerre », comme l'avait fait le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, la semaine dernière.

« Les auteurs de cette attaque doivent être traduits en justice, a déclaré M. Lacroix. Pas d'impunité pour les responsables. Nous le devons aux familles des morts et des blessés et aux pays contributeurs de troupes » de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO).

Le Secrétaire général adjoint a promis l'ouverture d'une enquête en collaboration étroite avec la Tanzanie et les autres pays concernés, « afin de déterminer ce qu'il s'est passé exactement ».

Les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) sont soupçonnés d'avoir commis cette attaque, l'une des plus meurtrières de l'histoire des Casques bleus de l'ONU.

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