18 Décembre 2017

Afrique de l'Ouest: 52ème sommet de la CEDEAO à Abuja - L'émigration, le Togo et la Guinée-Bissau au cœur des préoccupations

La 52e session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cedeao s'est tenue samedi à Abuja. Le président Macky Sall prenait part à cette rencontre de l'organisation sous-régionale.

Abuja- A huis clos, la Commission de la Cedeao a exposé devant les chefs d'État et de gouvernement la situation économique et politique de la zone d'intégration. Au menu, il y a eu également le renouvellement de la composition de ladite commission, l'accord d'association avec la Mauritanie, la demande d'adhésion du Maroc et le statut d'observateur de la Tunisie. Toutefois, la question du Maroc n'a pas été évoquée en séance publique.

Un changement de stratégie a été adopté par les États de la Cedeao pour faire face à la nouvelle donne qui se décline en crise migratoire et politique en Guinée-Bissau et au Togo, selon le rapporteur général.

A l'ouverture de la cérémonie, après le huis clos, le président Muhammadu Buhari a effectué un diagnostic de la situation en Afrique de l'Ouest marquée par la menace des groupes terroristes dans un contexte de crise migratoire où des passeurs incitent les jeunes à émigrer avec des conséquences fâcheuses comme la mort ou l'esclavage en Libye.

Tout cela, a-t-il dit, impacte négativement sur les économies de la sous-région. "Nous devons prendre des mesures pour faire face à ces menaces", a déclaré M. Buhari, proposant la mise en place d'un mécanisme pour l'évacuation et la réinsertion des citoyens de la Cedeao victimes de l'émigration pour qu'ils ne soient plus tentés de quitter encore leur terroir. Mais, a-t-il ajouté, la solution à long terme, c'est la paix et le développement économique de nos pays. Le président du Nigeria s'est félicité de la bonne pratique de l'Etat de droit qui est tendance dans la Cedeao où il a cité le cas récent du Libéria. Cependant, il a regretté l'impasse politique constatée en Guinée-Bissau malgré l'investissement des pays de la Cedeao (avec des troupes sur place) et le manque de dialogue politique au Togo. Par ailleurs, Muhammadu Buhari a invité à une saine gestion financière à la Cedeao et salué les réformes institutionnelles en cours.

Marcel de Souza, le président de la Commission de la Cedeao, a indiqué qu'aujourd'hui la lutte contre le terrorisme prend le pas sur les questions de développement, évoquant ainsi les attaques terroristes au Mali, au Burkina, au Nigéria et en Côte d'Ivoire.

Parlant des efforts de la Cedeao pour stabiliser la situation en Guinée-Bissau qui n'a pas encore évolué, il a souligné que, de mai 2012 à maintenant, l'organisation sous-régionale a dépensé à cet effet 101,517 millions de dollars, dont 84 millions en fonds propres et 45 millions par les pays contributeurs de troupes. Quant à la Gambie, une pression financière, a-t-il dit, s'exerce sur les pays contributeurs de troupes et les pousse même à l'endettement.

Zone d'intégration attrayante

Toutefois, M. de Souza a estimé que la Cedeao, qui a entamé des réformes institutionnelles depuis 2010, est devenue une zone d'intégration attrayante. Et C'est pourquoi il faut évaluer, selon lui, les impacts de toute nouvelle demande d'adhésion.

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a indiqué que pour s'attaquer aux causes profondes de la situation susmentionnée en Afrique de l'Ouest, il faut générer de la croissance, de l'emploi et de l'espoir. Et l'Onu, a-t-il rappelé, soutient les actions lancées pour la justice, la paix et le développement ainsi que la lutte contre le terrorisme.

Les dirigeants de la Cedeao ont néanmoins reçu les félicitations du président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, pour le chemin parcouru sur l'intégration et qui inspire l'Ua pour son Agenda 2063 avec la mise en place d'une zone de libre-échange continentale. Le marché unique pour le transport aérien en Afrique, contenu dans l'Accord de Yamoussoukro, en 1999, entre dans la même veine. Nonobstant, les problématiques de paix et de sécurité sur le continent demeurent. C'est la raison pour laquelle 2020 à été, d'après M. Faki, la date choisie pour éradiquer le terrorisme sur le continent. Autre mesure, l'Ua va envoyer une délégation permanente auprès de toutes les organisations régionales.

Retour au bercail de la Mauritanie

L'actuel président en exercice de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Cedeao, le président togolais Faure Gnassingbé Eyadema, a justifié la session par la nécessité d'évaluer les décisions jugées pertinentes pour l'intégration régionale, la paix, la sécurité et la monnaie unique. La présente session, a-t-il ajouté, devra également évaluer la situation politique dans la sous-région. Dans ce cadre, M. Eyadema a encouragé le dialogue politique en Guinée-Bissau, car la situation y est préoccupante, et à ses citoyens à travailler pour le développement économique de leur pays. Au Libéria et à sa présidente, Helen Johnson Sirleaf, un hommage a été rendu.

Le président togolais a, en outre, plaidé pour le G5 Sahel, le renforcement de la lutte contre le terrorisme et plus d'efficacité et de moyens pour les institutions de la Cedeao, où chaque État membre doit faire des efforts pour être à jour de ses cotisations. Faure Gnassingbé Eyadema a aussi salué le retour de la Mauritanie "au bercail " ; un accord d'association lie désormais ce pays à la Cedeao.

Un accord dont s'est également félicité le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à sa prise de parole. D'ailleurs, il a indiqué que pour se préparer à cette perspective, la Mauritanie avait pris les devants en renforçant ses infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et la production d'énergie. "Notre région est déchirée par le terrorisme et la migration clandestine, et nos pays doivent y apporter une réponse commune, a-t-il déclaré.

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