18 Décembre 2017

Afrique du Sud: ANC - Ramaphosa pourra-t-il recoller les morceaux?

analyse

Le 54e congrès du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, ouvert le samedi 16 décembre 2017 a connu son épilogue avec l'élection de Cyril Ramaphosa, pour le contrôle des rênes.

L'ancien syndicaliste reconverti en homme d'affaires qui occupait le poste de vice-président de l'ANC succède ainsi au chef de l'Etat, Jacob Zuma, qui en assurait la présidence depuis 2007. Il est sorti victorieux de la bataille qui l'opposait à sept candidats parmi lesquels son adversaire de poids, l'ex-présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma.

Au total sur 4 776 délégués appelés à élire le président de l'ANC, ce sont 4 708 qui ont pu voter. Au nombre desquels 2 440 ont opté pour Cyril Ramaphosa contre 2 261 pour sa rivale. Celui qui aura à présider aux destinées du vieux parti, créé depuis 1912, aura à faire face à plusieurs défis. D'ailleurs, dans son dernier discours en tant que chef de l'ANC à l'ouverture du congrès, Jacob Zuma a reconnu que le parti traverse «des courants et des tempêtes». «Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement, notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté», a-t-il dit en substance.

Le tout nouveau président du Congrès, Cyril Ramaphosa, âgé de 65 ans aura à ferrailler « dur » pour rassembler le plus grand consensus autour de lui pour affronter les élections générales de 2019 qui verront la désignation du nouveau président de la nation arc-en-ciel. L'ANC ne jouit plus aujourd'hui de la bonne assise qu'il a eue depuis la fin de l'apartheid et en 1994 lors de son avènement au pouvoir. Déjà, l'an dernier, le parti a essuyé un échec électoral lors des municipales avec la perte des grandes villes comme Johannesburg et Pretoria. Les nombreux scandales de corruption qui ont éclaboussé Jacob Zuma ces dernières années ont fini par désagréger l'attelage de l'ANC qui se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins.

Après l'épisode de la désignation du successeur de Zuma à la tête de l'ANC, il va falloir taire les divergences qui ont opposé les deux camps lors de la campagne qui aura duré des mois. Et prôner l'union sacrée pour faire face aux autres challenges. Car, c'est de sa capacité à se retrouver autour de l'essentiel que l'ANC pourra être « fort » pour remporter des victoires. Après le premier défi de rassemblement, le nouveau patron de la structure devra proposer une nouvelle donne pour sortir le pays de la crise économique qui le mine depuis quelques années. Une crise qui a engendré un fort taux de chômage au sein de la population, surtout noire, aggravant davantage les rancœurs contre le parti dans lequel beaucoup avaient cristallisé leurs espoirs d'un avenir radieux. Face aux nombreux chômeurs (un taux record de 27%) que compte l'Afrique du Sud, le premier responsable de l'ANC devra apporter des réponses pertinentes qui les rassureront pour l'avenir.

Réussir le pari de l'union au sein du parti et face à la morosité économique, proposer quelque chose de prometteur pour l'avenir semblent être les étapes nécessaires pour que le président de l'ANC devienne le prochain chef de l'Etat de l'Afrique du Sud en 2019. Il appartient donc aux héritiers de Nelson Mandela de faire preuve de tolérance et de pondération pour reconstituer la grande famille ANC en ramenant les brebis égarées autour de l'idéal commun de partage et de l'acceptation de l'autre, pour sauvegarder la nation arc-en-ciel ! L'ancien protégé de Mandela sera-t-il à la hauteur des défis qui l'attendent à la tête de l'ANC ? A l'épreuve de l'exercice, on aura certainement la réponse.

Afrique du Sud

L'opposition de RDC en Afrique du Sud manifeste pour le départ de Kabila

Près de trois semaines après la marche du réveillon à Kinshasa, l'opposition congolaise en… Plus »

Copyright © 2017 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.