20 Décembre 2017

Libye: Le chaos s'éternise

Photo: Photo MANUL/Abbas Toumi
La capitale libyenne Tripoli.

Le pays a certes sombré dans la confusion depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, mais il se trouve de plus en plus enlisé dans une interminable crise de transition sans solution viable en vue, en dépit de la signature, il y a deux ans, d'un accord politique censé mettre fin à sa situation actuelle et aux profondes divisions entre camps rivaux.

La situation ne s'améliore nullement comme en témoignent les violences, enlèvements et autres meurtres dont le dernier en date est celui de Mohamad Esthewi, le maire de Misrata, troisième ville de Libye. De plus, cette crise continue d'alimenter le drame de centaines de milliers de migrants, qui vivent pour beaucoup un enfer aux portes de l'Europe.

Pourtant, la signature de l'accord à Skhirat (Maroc), intervenue en décembre 2015 sous l'égide de l'ONU, avait ravivé l'espoir d'un retour progressif à la stabilité, en ce sens qu'elle avait débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Mais loin de ramener la paix, cet accord dont les tentatives d'amendement ont échoué, a renforcé les divisions entre des autorités rivales, à Tripoli et dans l'est du pays, mais aussi entre de nombreuses milices qui se disputent le pouvoir.

L'accord interlibyen qui a expiré théoriquement, le 17 décembre 2017, prévoyait la formation d'un gouvernement d'union nationale pour un mandat d'un an renouvelable une seule fois. Mais depuis son installation à Tripoli, en mars 2016, ce gouvernement n'a jamais fait l'unanimité, et il ne parvient toujours pas à asseoir son autorité sur des pans entiers du pays qui restent sous la coupe de dizaines de milices. Le maréchal Haftar, qui contrôle la partie est de la Libye, n'a jamais reconnu ce gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj.

Devant cette impasse, le directeur Afrique du Nord à l'International Crisis Group, Issandr El Amrani, a estimé que la tenue des élections en 2018, conformément au plan d'action présenté en septembre à New York par le nouvel envoyé spécial de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, est « la meilleure solution pour départager les groupes rivaux ».

Cette semaine, l'homme fort de l'est du pays a, dans un discours télévisé, estimé que l'accord politique libyen a expiré et avec lui le mandat du gouvernement d'union nationale appuyé par la communauté internationale. Soulignant que la date du 17 décembre marquait « un tournant historique et dangereux » avec l'expiration de cet accord, le maréchal Haftar a dit que « tous les corps issus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité contestée dès le premier jour de leur prise de fonction ». Il voulait parler de la fin du mandat du gouvernement d'union nationale appuyé par la communauté internationale.

L'envoyé spécial de l'ONU a, de son côté, indiqué que les Libyens qui en avaient « marre de la violence », « considéraient le processus politique comme la seule voie vers la stabilité et l'unité de leur pays ». « J'exhorte ainsi toutes les parties à écouter leurs voix et à s'abstenir de toute action qui pourrait menacer le processus politique », a-t-il écrit dans un communiqué. Notons que le maréchal Haftar est régulièrement accusé par les autorités libyennes de vouloir prendre le pouvoir par la force et instaurer une dictature militaire.

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