20 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Casques bleus tués à Semuliki - La MONUSCO parle de 14 morts et 44 blessés

Photo: MONUSCO
MONUSCO

*La conférence de presse des Nations Unies était animée à partir de Kinshasa, par Florence Marchal, porte-parole par intérim de la MONUSCO et Yvon Edoumou, Représentant de l'équipe pays des Nations Unies ; et à partir de Goma, par le porte-parole militaire de la MONUSCO, le Lt-Colonel Serge Haag.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Bonjour à tous, auditrices et auditeurs de Radio Okapi, merci aux journalistes de Kinshasa et Goma d'être avec nous ce matin pour cette dernière conférence de presse de l'année.

A mes côtés ici à Kinshasa pour animer cette conférence, Yvon Edoumou, qui représente l'équipe de pays des Nations Unies et, depuis Goma, le porte-parole militaire de la MONUSCO, le Colonel Serge Haag.

J'ai aussi le plaisir d'accueillir un invité, Jean-Philippe Chauzy, chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations qui reviendra sur la Journée internationale des migrants qui a été célébrée ce lundi 18 décembre.

Pour ouvrir cette conférence de presse, je souhaiterais revenir sur la visite effectuée entre vendredi dernier et hier mardi en République démocratique du Congo par le Secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Une visite essentiellement consacrée à l'attaque contre la base de la MONUSCO de Semuliki avec des cérémonies en hommage aux 14 casques bleus tués, tout d'abord en Tanzanie puis à Goma.

Accompagné du Conseiller militaire chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix a aussi rendu visite aux casques bleus hospitalisés à Goma et Kinshasa. Hier, il était dans le territoire de Beni à la base de Semuliki, attaquée le 7 décembre 2017, où il a rencontré le personnel de la Force afin de mieux comprendre les événements récents.

Il a également visité les installations de la MONUSCO à Mavivi ainsi qu'une base d'opérations à Kamango. Durant son séjour congolais, le Secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix a également été reçu par les hautes autorités congolaises avec lesquelles il a évoqué la lutte contre les groupes armés et les futures opérations électorales.

Jean-Pierre Lacroix a rappelé que l'attaque de Semuliki constituait un crime de guerre et que les Nations Unies feraient tout pour que ceux qui l'ont perpétrée soient traduits en justice. Il a aussi déclaré que le meilleur hommage

que les Nations unies pouvaient rendre aux casques bleus tués à Semuliki était de travailler ensemble pour rétablir la paix en RDC. Je vous rappelle le lourd bilan de cette attaque meurtrière contre des soldats de la paix : 14 morts et 44 blessés.

Passons maintenant à l'autre volet du mandat de la MONUSCO en RDC, soit l'accompagnement de la mise en oeuvre de l'Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral en cours.

La Police de la MONUSCO a organisé la semaine dernière un séminaire de renforcement des capacités sur la gestion sécuritaire des élections auquel ont participé 100 officiers supérieurs de la Police nationale congolaise.

Plusieurs modules ont été dispensés, aussi bien sur le rôle de la police lors des opérations électorales que sur les droits de l'homme et l'usage graduel de la force

Il s'agissait de doter les inspecteurs de la PNC des outils essentiels pour assurer efficacement leur fonction de contrôle des opérations de police dans cette période sensible où les droits de l'homme sont susceptibles d'être violés lors des manifestations politiques par les forces de sécurité.

Le Président de la CENI et le Vice Premier Ministre, Ministre de l'intérieur et de la sécurité ont pris part à ce séminaire.

Je vais maintenant passer la parole au Colonel Haag qui se trouve à Goma afin qu'il nous fasse le point sur la situation sécuritaire.

Porte-parole militaire de la MONUSCO [Lt-Colonel Serge Haag] : Bonjour à tous. Les principales informations de la semaine concernent la situation sécuritaire dans le territoire de Beni et dans la province du Nord-Kivu, où les dernières attaques par des groupes armés ont conduit la Force de la MONUSCO à d'importants déploiements dans le but de protéger les civils.

La Force de la MONUSCO continue de remplir son mandat de protection des populations dans les zones en proie à la violence et intensifie sa présence pour répondre aux besoins, par la mise en oeuvre d'un dispositif sécuritaire fondé sur la flexibilité et la mobilité des troupes.

A ce titre, suite à l'attaque perpétrée par des présumés éléments des Forces démocratiques alliées (ADF) contre la base de la MONUSCO à Semuliki le jeudi 7 décembre 2017, la Force a renforcé son dispositif en déployant des unités de Forces Spéciales dans le secteur de Semuliki - Kamango.

Dans cette zone, la Force poursuit également des actions visant au renforcement défensif de ses bases, la conduite d'opérations de recherche d'informations et de renseignements, de contrôle et de sécurisation des secteurs à travers de nombreuses patrouilles, de jour comme de nuit, afin de protéger et de rassurer les populations dans la région.

En tout état de cause, la Force de la MONUSCO continue d'opérationnaliser son concept de protection par projection en menant des actions destinées à rassurer la population locale et à décourager les activités négatives perpétrées dans cette région.

L'attaque contre la base des casques bleus à Semuliki dans le Nord-Kivu constitue un crime de guerre et ses auteurs, dont l'arrestation interviendra un jour, seront jugés en tant que criminels de guerre.

Par ailleurs, dans le but de sécuriser les zones sensibles et les principaux axes en cette période de fin d'année, la Force a lancé des opérations conjointes avec les FARDC dans les territoires de Masisi et de Rutshuru depuis le 18 décembre 2017. Des troupes supplémentaires et des déploiements temporaires ont été mis en place à Mutongo à cet effet.

Enfin, au chapitre des redditions, vingt-trois (23) éléments de différents groupes armés se sont rendus ces trois derniers jours avec armes et munitions aux bases de la MONUSCO à Walikale, Rumangabo, Tongo et Butembo. Ils proviennent de NDC-Tcheka, FDLR et Mayi-Mayi Nduma.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Retrouvons maintenant Yvon Edoumou qui va nous présenter les actualités de l'équipe de pays.

Représentant de l'équipe-pays des Nations Unies [Yvon Edoumou] : Bonjour à tous. Avec plus de 50 000 cas de choléra et plus de 1 000 personnes décédées depuis janvier 2017 rentrera dans les annales de l'histoire comme l'année durant laquelle la République démocratique du Congo a connu sa pire épidémie de choléra de ces 30 dernières années.

Le choléra est devenu au fil des années un défi majeur de santé publique, notamment dans l'est du pays, tout en notant que des régions de l'ouest telles que la province du Kongo Central et la capitale Kinshasa connaissent aussi des flambées de la maladie.

Les chiffres de cette année surpassent de loin ceux des 10 années précédentes. De 2006 à 2016, le pays a enregistré en moyenne 27 000 cas et 600 décès.

La faible desserte en eau potable, le faible niveau d'assainissement dans les grandes villes comme dans les villages, des habitudes néfastes en matière d'hygiène sont autant de facteurs qui ont rendu cette maladie endémique en RDC.

L'inquiétante évolution de la maladie indique que les acteurs humanitaires et de développement et l'état congolais doivent repenser leur approche à cette maladie. Chaque année, des acteurs comme l'UNICEF, l'OMS, et de nombreuses ONG humanitaires nationales et internationales apportent une réponse d'urgence- donc ponctuelle- à la maladie.

Cependant, comme nous le disons ici chaque semaine, l'aide humanitaire d'urgence, que ce soit pour le choléra, pour la malnutrition, l'éducation, est un palliatif, certes elle permet de sauver des malades mais, elle n'est pas la solution à long terme, et la RDC a besoin de solutions à long terme pour lutter contre le choléra.

Plus de 700 000 enfants se sont déplacés suite aux conflits interethniques dans les provinces du Tanganyika et du Sud-Kivu au cours de ces derniers mois. Selon l'UNICEF qui avance ce chiffre, des milliers d'enfants ont trouvé refuge dans des camps de fortunes, des milliers d'autres vivent au sein des familles d'accueil.

Ces enfants font face à des situations précaires et dangereuses pour leur survie : entre autres, ils n'ont souvent pas accès aux services de base tels les soins de santé primaire accès à l'école.

L'UNICEF estime qu'au Tanganyika plus de 70 000 enfants ont dû abandonner l'école ; et dans le Sud-Kivu, ce sont 604 écoles dans les territoires de Fizi et d'Uvira qui ont été attaquées ou occupées durant ces derniers mois, privant ainsi près de 93 000 enfants d'éducation.

L'impact de la violence sur la santé des enfants est dramatique et la situation risque de se détériorer sans une réponse humanitaire urgente et adéquate.

Avec ses partenaires, l'UNICEF apporte une assistance humanitaire, tout en poursuivant ses activités de développement structurel, les deux étant liées. Cependant, la réponse reste insuffisante en raison notamment des moyens financiers limités.

Passons à l'actualité sur la coopération gouvernement - agences des nations unies pour vous signaler que le Gouvernement congolais et la FAO ont décidé d'investir dans la promotion de la culture du bambou.

C'est dans ce cadre que les ministères chargés de l'Agriculture, de l'Environnement et du Développement Durable et la FAO organisent des travaux en vue de sensibiliser différents partenaires et acteurs sur la culture de cette plante dans l'optique du développement d'une économie verte et inclusive.

Au terme d'une journée de travaux qui aura lieu demain jeudi 21 décembre, un document de Stratégie du programme national sur le bambou sera adopté et une feuille de route pour l'année 2018 sera mise en oeuvre.

Par ailleurs, l'UNESCO et l'Union Européenne organise depuis le 15 décembre et ce jusqu'au 23, un séminaire de Formation sur l'aménagement forestier durable en République démocratique du Congo.

Ce séminaire connait la participation des agents de l'administration forestière et les membres de la société civile issus de diverses filières d'étude de 12 pays africains dont la République du Congo.

Durant ces 8 jours, la formation traitera, entre autres, des aspects légaux et de traçabilité dans l'aménagement forestier, les dimensions sociales, et les techniques de l'exploitation comme outil d'une bonne gestion forestière.

Et pour terminer, par la justice internationale à présent ; le 15 décembre 2017, la Chambre de première instance II de la Cour pénale internationale a rendu une décision fixant à 10 millions de dollars américains le montant des réparations collectives auxquelles Thomas Lubanga Dyilo est tenu.

Cette décision complète ainsi l'Ordonnance de réparation du 3 mars 2015 dans l'affaire Le Procureur c. Thomas Lubanga Dyilo, qui avait octroyé des réparations collectives aux victimes des crimes de guerre commis par M. Lubanga, à savoir la conscription, l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans dans le groupe armé UPC/FPLC et le fait de les avoir fait participer activement à des hostilités.

Merci de votre attention !

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : En République démocratique du Congo comme partout dans le monde, la Journée internationale des migrants a été célébrée lundi dernier, ce qui a constitué l'occasion de reconnaître les contributions qu'apportent les 258 millions de migrants de par le monde et d'en célébrer la vitalité.

Jean-Philippe Chauzy, chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations en RDC, qui se trouve à mes côtés va revenir sur le sens de cette journée au niveau mondial et en RDC. Jean-Philippe, bonjour, c'est à vous.

Chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations en RDC [Jean-Philippe Chauzy] : Merci Florence Marchal. En effet à l'occasion de la Journée internationale des migrants qui a été célébrée ce lundi 18 décembre, l'OIM et les Nations Unies ont à nouveau exhorté les Etats à davantage de coopération internationale pour rendre les migrations plus sûres de sorte que les bénéfices de ces migrations soient plus largement répartis et que les droits fondamentaux de toutes les personnes concernées, de tous ces migrants soient protégés.

Le Secrétaire général l'a dit : « les preuves ne manquent pas pour montrer que les migrants produisent les avantages économiques sociaux et culturels pour toutes les sociétés.

Ceci dit, c'est l'occasion pour nous, que ce soit l'OIM ou aux Nations Unies de reconnaître les contributions qu'apportent ces 258 millions de migrants internationaux de par le monde et pour en célébrer leur vitalité.

Ceci dit, la réalité aujourd'hui, c'est que l'hostilité envers les migrants ne fait hélas que croître de par le monde. Nous l'avons vu au cours de ces dernières années. Il est plus que jamais urgent de prendre des mesures pour faire en sorte que cette solidarité envers les migrants puisse s'exprimer pleinement.

Pour ce qui concerne l'Organisation internationale pour les migrations, notre Directeur général, M. William Lacy Swing a pris la parole pour publier un communiqué.

Un communiqué qui souligne, qu'en fait, à cette époque, à un moment où une élite privilégiée considère la mobilité mondiale comme un droit presque de naissance, on a malheureusement de très nombreuses autres personnes qui sont prises au piège dans les situations économiques dramatiques, dans des conflits et qui ne se voient pas accorder ce privilège et ce droit.

Swing a dit : « Des centaines de millions de personnes qui ne sont pas compétitives sur le marché de l'emploi de plus en plus mondialisé doivent regarder de l'extérieur un monde dont elles ne peuvent que rêver ».

« Elles font face à de grandes difficultés et inégalités de revenu et n'ont aucune chance d'obtenir un visa ou un permis de travail ».

Pour le Directeur général de l'OIM, il n'est pas étonnant de voir d'immenses vagues de jeunes migrants pleins d'espoir à bord des bateaux qui prennent l'eau.

Pour information, pour rappel, cette année, et depuis 2014, ce sont quelque 25 000 personnes qui ont été portées disparues ou qui sont mortes dans leur trajet migratoire.

Le Directeur général souligne également que cet état de fait ne fait que favoriser les réseaux de passeurs, de trafiquants et d'esclavagistes modernes qui se livrent à un commerce en toute impunité. Il souligne que cette tromperie reste impunie alors que de nombreux géants des médias sociaux partent à la conquête de nouveaux marchés dans les pays du Sud.

C'est donc un appel encore une fois à ce que cette migration soit gérée de manière sûre pour le bénéfice de tous et de toutes.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Nous pouvons maintenant aborder la session des questions et réponses. Si vous le voulez bien, la première question devra être adressée au chef de mission d'OIM en RDC.

Question 1

Symphorien Katumba/L'Explorateur : M. Jean-Philippe Chauzy, pour ne pas aller en profondeur, quel garde-fou qu'il faut mettre en place de sorte qu'on évite les drames qui naissent en Afrique, et éviter [ainsi] toutes les catastrophes que vous connaissez en RDC ?

Chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations en RDC [Jean-Philippe Chauzy] : Merci. Il faut une approche plurielle. Il faut tout d'abord permettre une migration légale et sûre, c'est-à-dire ouvrir la grande porte, notamment à des migrations de travail qui permettent aux personnes qui désirent s'expatrier de le faire en toute sécurité.

C'est un appel aussi à ce que cette migration pour le travail soit gérée. Il ne faut pas oublier que ces facteurs migratoires sont favorisés par une demande, notamment une demande pour des services. Ces services sont malheureusement dans les pays industrialisés très souvent dans le secteur informel des économies.

Et donc, cette possibilité d'emploi dans le secteur informel va encourager les personnes à prendre des risques à s'expatrier très souvent de manière irrégulière, illégale, des personnes qui se retrouvent dans des situations extrêmement difficiles, pénibles.

Vous avez toutes et tous vu certainement les reportages qui sont sortis de Lybie où on a des conditions dramatiques depuis de nombreuses années pour des migrants originaires d'Afrique subsaharienne qui sont dans ces centres de détention illégaux en Lybie et que l'OIM est en ce moment en train de rapatrier. Nous sommes en train de rapatrier à peu près 15 000 migrants en situation irrégulière qui sont en Lybie et qui désirent ardemment rentrer au pays.

Nous travaillons aussi pour qu'il y ait une aide à la réintégration pour ces personnes. Pourquoi ? Parce que cette migration irrégulière est coûteuse. Il faut payer des filières et donc les familles vont généralement vendre les biens qu'elles ont pour pouvoir payer ces filières. Et donc le retour, surtout le retour en situation d'échec pour ces migrants est toujours extrêmement difficile. [C'est la] première chose.

Deuxième chose qu'il faut savoir, c'est qu'il y a aujourd'hui malheureusement un état socio-économique dans de nombreux pays qui poussent les gens à partir. Donc il faut offrir aussi des alternatives économiques viables dans les pays d'origine

Pour information cette année, ici à Kinshasa, on a mis en place un projet pilote de création d'emplois pour les jeunes. Quand les personnes ont des perspectives socio-économiques plus positives au pays, cela réduit bien entendu le désir d'expatriation, notamment en utilisant des filières de migration irrégulière.

Et puis, troisième facteur, il faut aussi reconnaitre que cette migration, si elle est vraiment accompagnée, est un bénéfice non seulement pour les individus, les familles, mais aussi pour les pays, les sociétés, que ce soient les pays de transit ou de destination.

Et là, c'est plutôt un dialogue qui doit se poursuivre au niveau des états concernés. Je me rappelle que l'an dernier au mois de septembre à New York, il y a eu un accord de discussion qu'on appelle « Compact migratoire pour les migrations sûres et ordonnées ».

Ces discussions vont se poursuivre l'an prochain pour faire en sorte qu'il y ait cette coopération au niveau international pour que ces migrations soient sûres et ordonnées. Merci

Question 2

Darrell Maurice/Truck Magazine (Goma) : Je reviens à mon colonel [porte-parole militaire] où en est-on avec les investigations sur l'attaque [contre les casques bleus dans le camp de] Semuliki à Beni ? On se rend compte qu'il y a déjà la présence des Guatémaltèques au camp qu'occupaient les Tanzaniens.

Porte-parole militaire de la MONUSCO [Lt-Colonel Serge Haag] : Merci pour votre question, il faut dire qu'après cette attaque, et comme je l'ai dit à l'entame du texte [liminaire] que j'ai présenté, la première mission consistait à stabiliser cette région où les Forces spéciales ont été déployées, je l'ai dit dans le texte, et le renforcement du dispositif sur place est en train d'être fait.

Et donc, pour revenir à votre question qui consistait à savoir où en est-on avec les investigations, je n'ai pas d'éléments à vous fournir là-dessus. C'est une commission qui travaille et qui, le moment venu peut-être, je dis peut-être, fera le point de sa mission. Merci.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Je vais apporter un complément suite à la visite de M. Lacroix, comme je l'ai annoncé en début de la conférence de presse.

Il était venu suite à l'incident de Semuliki en qualifiant cet incident d' « incident très grave » et en indiquant qu'il y aura des enquêtes en étroite collaboration avec les pays contributeurs à la Brigade d'intervention. Ces enquêtes seront conduites avec les moyens qu'il faudra.

Lacroix a également insisté sur le fait qu'il fallait éviter de tirer des conclusions trop rapides mais en même temps agir rapidement et regarder tous les éléments qui ont contribué à créer les conditions pour cet évènement.

Question 3

Patient Ligodi/Actualité.cd & RFI : Vous le savez peut-être, RFI et Reuters viennent de publier une enquête sur la base des éléments de preuve contenus dans le dossier d'instruction et pourtant jusqu'ici écartés du procès de Kananga, comme du rapport du comité de l'enquête de l'ONU et [cette enquête] démontre que les agents de l'Etat ont organisé la mission des experts.

Alors la question, est-ce que la MONUSCO tient à ce que toutes les preuves contenues dans le dossier d'instruction y compris celles relatives à des agents de l'Etat soient exploitées ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Merci. Tout d'abord dans cette affaire, je tiens à rappeler et à répéter que notre seul objectif est que la justice soit rendue pour nos experts et leurs accompagnateurs congolais.

Concernant le rapport de la commission d'enquête des Nations Unies, il montre qu'une implication des autorités n'a été ni prouvée, ni exclue. Des enquêtes additionnelles y compris celles menées actuellement par les Américains et les Suédois pourront, devront apporter davantage de précisions sur ce dossier.

En outre comme vous le savez, le Secrétaire général des Nations Unies a nommé le procureur Robert Petit et quatre experts techniques afin de soutenir l'enquête nationale en cours.

Il est prévu que Robert Petit rende compte régulièrement des avancées de l'enquête au Secrétaire général ainsi que du niveau de coopération fournie par les autorités congolaises.

Ce travail d'enquête est en cours, nous n'avons aucun commentaire additionnel à faire et je le répète encore : notre seule préoccupation est que justice soit faite quel que soit l'auteur des meurtres qui ont été commis.

Question 4

Séraphin N'Kiere May/Agence Congolaise de Presse : C'est à propos de l'accident de Semuliki, vous parlez toujours de « présumés [éléments de l'] ADF.

Cela signifie que pendant presque sept ans, pendant lesquels la MONUSCO travaille sous le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, vous n'êtes pas encore parvenus avec les moyens dont vous disposez à

identifier réellement tous ceux qui attaquent Beni à plusieurs occasions et qui viennent de commettre justement ce meurtre de Semuliki.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Donc votre question est pourquoi nous continuons à les qualifier de présumés ADF ?

Nous continuons à les qualifier de présumés ADF car, comme vous le savez, il y a énormément de groupes armés qui opèrent sur le territoire de la RDC notamment dans l'est de la RDC. Et il n'est pas toujours évident de savoir qui fait quoi.

Pour nous, notre mandat est clair : nous devons neutraliser tous les groupes armés quelle que soit l'appellation de ces groupes armés, qui sèment la terreur, qui oppriment la population, qui pillent les ressources de la RDC.

Et j'ai envie de dire qu'après cette attaque odieuse, et c'était aussi le sens de la visite de M. Lacroix, les Nations Unies et la MONUSCO sont presque galvanisées par cette attaque.

Elles sont engagées plus que jamais à poursuivre leur travail auprès des populations congolaises, évidemment en collaboration avec les autorités congolaises afin de neutraliser ces groupes armés, une fois encore, quelle que soit l'origine de ces groupes armés et afin de pouvoir permettre aux populations congolaises de vivre enfin en paix, une paix amplement méritée.

Question 5

Nicaise Muzani/AfriqueEchos.ch : Mme Florence Marchal, j'aimerais mieux avoir une réponse qui a une précision scientifique et une exactitude mathématique au sujet de l'auto-évaluation de votre résolution 2348.

Nous sommes à la fin de l'année, dans trois mois encore cette résolution aura à atteindre le mois de mars. Si vous pouvez vous faire une auto-évaluation, êtes-vous satisfaite que vous ayez été écoutée ?

Parce que le peuple congolais, qui est proche de journalistes que nous sommes, crie chaque jour S.O.S., au secours, ça ne va pas. Votre évaluation, vous-mêmes, est-ce que cette résolution 2348, selon vous, avez-vous été écoutée ici en République démocratique du Congo, y a-t-il des avancées ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Alors, comme vous l'indiquez vous-mêmes, la résolution 2348 expire tout comme notre mandat le 31 mars 2018, donc sur un an, il reste encore trois mois, donc je pense qu'il est un petit peu trop tôt pour faire une évaluation.

En revanche, je peux dire que, vous le savez, nous avons deux volets principaux guidés par cette résolution. Le premier est celui de la protection des civils, je viens d'en parler. Nous avons eu des échecs, c'est vrai, mais nous avons aussi eu des succès. Nous sommes parvenus à repousser des groupes armés.

Je vous renvoie à ce qui s'est passé à Uvira en septembre dernier. Et nous sommes toujours sur le terrain pour protéger les populations civiles. Nous sommes, on l'a dit aussi, déployés à la fois avec des personnels civil et militaire dans le Kasaï. Ça, c'est pour le volet de la protection des civils.

En ce qui concerne le deuxième volet, qui est le soutien à la mise en oeuvre de l'Accord du 31 décembre 2016 et le processus électoral, nous avons maintenant un calendrier électoral, nous avons manifesté auprès des autorités congolaises notre volonté de soutenir la mise en œuvre de ce calendrier, et nous veillons à ce que ce calendrier soit respecté, pour que les Congolaises et les Congolais puissent choisir librement les institutions et les hommes qui les représentent.

Question 6

Venant Vudisa/RTNC : Merci Florence. La question reviendrait au Lieutenant-colonel, porte-parole militaire, mais toutefois vous pouvez la prendre.

C'est juste pour savoir après l'attaque de Semuliki qui a coûté [occasionné] quatorze décès, qu'est-ce qui reste de la crédibilité de cette Brigade d'intervention qui était tant redoutée dans notre pays à son arrivée ?

Sinon, le mythe a sauté, bon, qu'est-ce qu'on peut encore attendre ? Est-ce que la population continue à faire confiance en cette brigade tant professionnelle, mais désillusionnée par les amateurs ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Le Lieutenant-colonel Haag va répondre. Mais je peux dire que, comme vous l'avez vu, la MONUSCO a immédiatement réagi suite à cette attaque.

Les plus hautes autorités des Nations Unies sont venues ici au Congo afin à la fois de rendre hommage aux 14 casques bleus décédés et aussi de rendre visite aux 44 blessés, donc pour montrer notre détermination.

Il y a eu des rencontres avec les autorités congolaises afin de renforcer la coopération avec les autorités congolaises, car je vous le rappelle, la sécurité du territoire est une responsabilité première des autorités congolaises.

Donc, il y a une forte réaction de la part de la MONUSCO. Mais, le Lieutenant-colonel Haag qui est à Goma va me compléter.

Porte-parole militaire de la MONUSCO [Lieutenant-colonel Serge Haag] : Merci pour cette question. Je dois vous dire que c'est vrai au plan tactique nos soldats sur cette base de Semuliki se sont battus avec courage et héroïsme pour défendre leur position.

Et il est hors de question que l'on ait l'impression comme vous le dites que, est-ce que les gens, les populations peuvent continuer à croire ?

Il faut vraiment que les populations croient, parce que pour mémoire, il existe des bases qui [des zones où] peut-être lorsqu'on vous dit que les bases vont être fermées, vous voyez la réaction des populations [qui n'acceptent pas]... Je ne vais pas tellement m'attarder là-dessus.

Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'à Semuliki aujourd'hui, la position de cette base de la MONUSCO est renforcée, le dispositif sécuritaire est renforcé et les patrouilles sont intensifiées dans toute la zone, ce qui me pousse à vous dire, à confirmer, qu'effectivement les populations de cette localité se retrouvent bien dans leur peau, et pensent qu'elles [les populations] peuvent poursuivre leurs activités comme il se doit. Je vais m'arrêter là.

Question 7

Renath Masunda/Raga TV : Je m'adresse au chef de mission de l'OIM. En République démocratique du Congo, nous savons bien que c'est tous les jours que si on affrétait un avion,

tous les Congolais, les Kinois voudront quitter le pays. Mais est-ce que là, en Lybie, parmi ceux qu'on vend comme esclaves, on compte également des Congolais qui sont retenus là dans les marchés des esclaves ?

Mais que faites-vous pour qu'ils puissent revenir au pays ? Mais aussi votre projet de création d'emplois à Kinshasa est-il accessible, pour qu'ils aient accès à ce projet [à leur retour] ? Merci.

Chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations en RDC [Jean-Philippe Chauzy] : Pour la première partie de votre question, nous avons assisté la semaine dernière un premier groupe de cinq ressortissants congolais qui sont donc revenus ici à Kinshasa.

Comme vous le savez peut-être, depuis le 22 novembre de cette année, l'Ambassadeur de la RDC en Lybie a été rappelé, suite aux diffusions de reportages sur CNN sur les ventes des migrants, dans ce qu'on a appelé le marché aux esclaves.

Nos équipes sur place en Lybie font tout pour identifier les ressortissants congolais qui sont actuellement dans des situations extrêmement difficiles en Lybie.

Les informations que l'on a pour l'instant font état d'une quarantaine de ressortissants congolais actuellement toujours en Lybie. Nous faisons tout pour les rapatrier.

Ceci dit, il est important de souligner que ce rapatriement ne saurait se faire que sur une base volontaire.

Il faut donc que l'on puisse avoir accès à ces migrants qui sont dans des geôles, qui sont parfois des geôles clandestines pour pouvoir déjà les identifier et obtenir leur assentiment pour un retour.

Et aussi, ce qu'il faut savoir, c'est que ces migrants sont souvent sans document de voyage. Ils n'ont pas de passeport.

Donc, il y a un travail que nous sommes en train de faire avec les autorités consulaires ici en RDC pour faire en sorte que ces ressortissants, qu'ils soient Congolais ou autres, puissent obtenir des documents, passeports ou autres, qui leur permettront de quitter le pays.

Comme je l'ai dit auparavant, nous sommes engagés actuellement dans une opération de rapatriement de grande envergure.

Nous sommes sur le point d'assister à peu près 15 000 ressortissants, essentiellement originaires d'Afrique subsaharienne à rentrer au pays, avec un travail aussi de réintégration dans les pays d'origine.

Mais je tiens à préciser que les ressortissants congolais en Lybie, à notre connaissance, ne sont pas nombreux par rapport aux ressortissants venant du Sénégal, du Ghana, du Nigeria ou d'autres régions d'Afrique subsaharienne.

Pour la deuxième partie de votre question, c'est un projet-pilote qui a été financé par le Secrétariat d'Etat à la migration suisse qui consistait justement à faire en sorte que des jeunes Congolais et Congolaises ici à Kinshasa puissent créer des petites entreprises qui leur permettront par la suite, on l'espère, de créer des emplois autour de ces initiatives. Il est important de souligner que c'était un projet-pilote.

On espère que d'autres partenaires vont se joindre à cet effort. Il est bien évident que dans une capitale comme Kinshasa, avec 12 et quelque millions de personnes, on ne pourra pas, grâce à ce projet, s'adresser aux problèmes du chômage endémique sur Kinshasa. Mais ce qu'on essaie de

faire, c'est de créer une initiative, une impulsion qui vont encourager aussi, on l'espère, d'autres jeunes Congolaises et Congolais à envisager les activités commerciales artisanales qui seront à même de les nourrir, de nourrir leur famille et puis de créer des emplois autour de ces initiatives.

Question 8

Vivian Nzabarinda/RTBF (Goma) : Merci. Ma question s'adresse peut-être à Mme Marchal. C'est par rapport à la décision du Gouvernement rwandais au sujet du sort des Rwandais ayant encore le statut de réfugiés, qui sont en RDC après qu'un ultimatum soit certainement déclaré par le Gouvernement rwandais, c'est-à-dire qu'en 2018, il n'y aura plus reconnaissance des Rwandais encore à l'étranger.

On ne sait pas du côté des agences du système des Nations Unies chargées de la question des réfugiés, même particulièrement la MONUSCO qui se charge des questions des redditions des FDLR à travers le DDR. Peut-on savoir le mécanisme que vous êtes en train de mettre en place pour peut-être d'éventuelles négociations par rapport à cette question avec l'Etat rwandais ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Je vous remercie pour votre question. Et je vais passer la parole à notre collègue du HCR, Simon qui est présent dans cette salle et qui va pouvoir vous répondre.

Porte-parole adjoint du HCR [Simon Lubuku] : Merci. Il s'agit de la question de cessation de statut de réfugié qui est une décision prise entre le gouvernement du pays d'origine, le HCR et le gouvernement des pays d'accueil.

Pour le cas de la RDC, le Gouvernement congolais n'est pas encore en mesure d'appliquer la clause de cessation du statut de réfugié au 31 décembre 2017.

Voilà, c'est cela la situation. Cela veut dire que les réfugiés rwandais qui sont en République démocratique du Congo ne vont pas perdre leur statut au 31 décembre 2017.

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Merci pour cette explication. Nous revenons ici avec une question.

Question 9

Guy Wolume/RTNC 2 : Vous avez parlé, dans l'affaire Thomas Lubanga, de 10 millions de dollars pour la réparation collective. Alors, à qui ce fonds serait destiné ? Comment va se passer la distribution de ce fonds à ces nombreuses victimes et puis qui va le gérer ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Nous passons la parole à notre collègue qui représente la Cour pénale internationale ici à Kinshasa.

Chargé de la sensibilisation à la CPI/ RDC [Patrick Tshibuyi] : Merci beaucoup pour cette question. Ce qu'il faut retenir par rapport à cette décision qui a été rendue, c'est que la mise en oeuvre de cette décision sera faite par le fonds au profit des victimes.

Comme vous le savez très bien, Thomas Lubanga est indigent. Donc, les réparations collectives qui ont été accordées aux victimes dans cette affaire seront mises en oeuvre par le fonds au profit des victimes.

C'est la raison pour laquelle, dans de la décision qui a été rendue, les juges ont demandé au fonds, de voir dans quelle mesure il pourrait faire des efforts supplémentaires pour ce qui est du montant alloué justement en voyant comment on peut avoir un peu plus de donations.

C'est aussi l'occasion d'en profiter pour dire aux médias qu'il est possible, à travers vos réseaux des médias, de pouvoir encourager les uns, les autres à pouvoir contribuer au fonds au profit des victimes parce que les donations sont des donations volontaires qui sont faites par des Etats, par des individus ou par autres.

Et c'est en fonction de ces donations que le fonds au profit des victimes peut faire face aux réparations lorsque l'accusé reconnu coupable est reconnu indigent tel est le cas de M. Thomas Lubanga.

Question 10

Albert Omba/Numérica TV : 2014, deux brigades sont formées pour mettre hors d'état de nuire le M23, chose faite. Les mêmes brigades se déplacent de Goma vers Beni pour mettre hors d'état de nuire l'ADF, chose faite. Et à la fin de 2015, le gouvernement décide de faire cavalier seul donc, il n'y a plus coalition entre les deux brigades. Est-ce qu'aujourd'hui, avec l'arrivée de M. Lacroix, il a eu les assurances du Gouvernement congolais que l'autre brigade congolaise sera aussi déployée dans ce secteur Beni-Mbau-Semiliki nord et sud ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Vous y faites référence, M. Lacroix lors de sa visite ici en RDC, a rencontré les plus hautes autorités de l'Etat, y compris le Président de la République.

Evidemment, la question de la neutralisation des groupes armés était à l'ordre du jour et M. Lacroix a répété à la sortie de ses réunions que la sécurité du territoire congolais revenait en premier lieu aux autorités congolaises mais qu'il était important aujourd'hui plus que jamais, de travailler ensemble, que les Nations Unies et les Forces armées de la République démocratique du Congo puissent travailler ensemble afin de neutraliser ces groupes armés. Pour l'instant, voilà ce qu'on peut dire par rapport à cette question.

Question 11

Amen Dimwany/Numérica TV : Florence Marchal, joyeux noël et meilleurs voeux à toute l'équipe des Nations Unies, nous sommes à la fin de l'année. La situation sécuritaire est restée relativement stable, c'est une belle phrase que l'on a apprise ici. Majorité et Opposition sont divisées.

Hier encore, il y a une marche qui devait être faite et qui a été étouffée. La mission des bons offices on en entend parler chaque fois ici mais on ne voit pas trop les retombées, excusez-moi si je suis pessimiste. Est-ce qu'on peut dire que l'année 2017 n'a pas été très porteuse pour nous tous, la MONUSCO y compris ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : L'année 2017 a été une année, vous avez raison, difficile. Nous avons vu dans ce pays une aggravation des crises à la fois politique, économique, sécuritaire, humanitaire.

Nous avons perdu des casques bleus, nous avons des collègues experts des Nations Unies qui ont été assassinés, des milliers de Congolais ont dû être déplacés en raison des conflits, d'autres Congolais, les mêmes, souffrent de malnutrition sévère, c'est vrai que la situation est complexe actuellement. Mais, il est vrai aussi que les Nations Unies, à la fois la

MONUSCO et les agences, fonds et programmes des Nations Unies sont présents aux côtés des autorités congolaises et des populations congolaises afin d'apporter, dans la limite de leurs ressources disponibles, tout le soutien et le réconfort possible qu'on puisse apporter aux populations congolaises. Nous sommes tous engagés pour la stabilisation, la paix dans ce pays et le développement de ce pays.

Question 12

Médard Muyaya/Le Potentiel : Une petite préoccupation. Sur quelle note vous laissez les Congolais, au regard des prérogatives qui vous ont été dévolues par la résolution 2348 ? Est-ce que les Congolais peuvent encore espérer en la MONUSCO pour un lendemain meilleur ?

Porte-parole par intérim de la MONUSCO [Florence Marchal] : Bien sûr que les Congolais peuvent encore espérer en la MONUSCO. On l'a dit, qu'il s'agisse de la protection des civils, qu'il s'agisse de la mise en oeuvre de l'accord.

Comme vous le savez, conformément au calendrier publié par la CENI début novembre, la MONUSCO a présenté son plan de soutien logistique à la CENI le 30 novembre dernier.

Donc, nous sommes fermement décidés à soutenir ce calendrier électoral, à favoriser une transition apaisée, à permettre à ce que toutes les voix dans cette période de transition puissent s'exprimer.

Donc oui, les populations congolaises peuvent compter sur la MONUSCO, en ce qui concerne le chemin vers des élections libres, apaisées et démocratiques.

Et l'ensemble de la famille des Nations Unies, et bien sûr comme je l'ai dit, est également déterminé à tout mettre en oeuvre pour accompagner les Congolais.

Voilà, c'est la fin de cette conférence de presse, merci pour votre participation. Au nom du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, M. Sidikou, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année. Prochain rendez-vous, le 10 janvier 2018. Merci à tous, au revoir

En savoir plus

Mort des Casques bleus à Beni - L'ONU en passe de diligenter une enquête

« Les conclusions et les recommandations qui en résulteront seront évidemment examinées,… Plus »

Copyright © 2017 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.