19 Décembre 2017

Afrique du Sud: Le difficile compromis de Cyril Ramaphosa

Photo: allafrica.com
(Gauche) Cyril Ramaphosa président de l'ANC, (Droite) Jacob Zuma

Après avoir fait campagne contre la corruption, Cyril Ramaphosa va devoir passer aux actes. Mais sa marge de manœuvre est réduite et il doit composer avec les proches de Jacob Zuma.

Est-ce le début des ennuis pour Cyril Ramaphosa ? À 65 ans, l'ancien syndicaliste devenu richissime homme d'affaires, qui vient de prendre la tête de l'ANC, a promis de s'attaquer à la corruption.

Un mal qui touche tout le pays, y compris le plus haut sommet de l'Etat puisque Jacob Zuma est cité et visé dans plusieurs affaires.

Mais la courte victoire obtenue face à Nkosazana Dlamini Zuma, avec 179 voix d'avance seulement, a montré combien le parti était divisé. Et combien la tâche serait dure pour le nouveau leader de l'ANC.

Dans la lutte qu'il souhaite engager contre la corruption, certains spécialistes estiment que Cyril Ramaphosa devrait pousser Jacob Zuma vers la sortie, avant la fin de son mandat.

"Mais s'il veut lui succéder, l'ANC doit gagner ces élections et donc il ne peut pas se mettre à dos toute la frange du parti pro-Zuma", met en garde Valérie Thorin, journaliste et spécialiste de l'Afrique subsaharienne.

"Il n'a donc pas autant de capacité d'action que ses discours le laissent croire", nuance encore celle qui est aussi chef de rubrique au mensuel Afrique Asie.

Le sens du compromis

Cyril Ramaphosa doit aussi composer avec des proches du clan Zuma à la tête du parti. Trois des six postes principaux sont occupés par des soutiens de Nkosazana Dlamini Zuma, qui était elle même soutenue par son ex-mari.

"La démission de Jacob Zuma me parait impossible, il est encore trop soutenu par l'appareil du parti", estime Valérie Thorin. "Et puis partir reviendrait à ce qu'il reconnaisse implicitement une culpabilité et cela me semble également impossible".

En revanche Cyril Rampahosa pourra s'appuyer sur son expérience de négociateurs. "Il est très habile, et sait contenter beaucoup de monde à la fois", ajoute Valérie Thorin.

Elle estime qu'il a de toute façon trop insisté sur la luttre contre la corruption pour ne rien faire. "L'immobilité serait synonyme de sa propre perte avant même l'élection", conclut-elle.

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