23 Décembre 2017

Madagascar: Trafic de ressources naturelles - Des exploitants arrivent par cars tous les jours

Alarmante. Les richesses naturelles continuent de se faire exporter illicitement.

À l'instar des tortues qui ont failli prendre le vol pour la Chine, la semaine dernière. D'après les études effectuées par la coalition nationale de plaidoyer pour l'Environnement (CNPE), initiatrice d'un projet de mise en place d'un mécanisme de partage d'informations aux fins de protection des ressources naturelles, ces dernières subissent des pressions plus que jamais insupportables.

La forêt de Menabe Antimena dans la région Menabe a été prise en exemple. « 1820 ha de forêt disparaissent chaque année. Beaucoup d'activités humaines dépendent de la forêt. Sept cars par semaine déposent des migrants, des exploitants et des chercheurs de travail en pleine forêt de Menabe Antimena », indique une présentation à l'atelier sur la mise en place d'un mécanisme multisectoriel de partage d'informations pour la bonne gouvernance des ressources naturelles à Madagascar à Ankerana, hier. « Le défrichement en est la principale conséquence alors que les infrastructures, ouvrages ou équipements sont inexistants et la productivité quasi zéro », ajoute un membre de la CNPE.

Des fonctionnaires sont indiqués posséder des terrains dans la forêt de Menabe Antimena, située à une centaine de kilomètres de Morondava. « Des collecteurs terrorisent les petits producteurs, les obligeant à vendre moins cher sous peine d'être emprisonnés », ajoute le membre de cette société civile pour l'Environnement.

Informations

Le manque de civisme et de citoyenneté aggravent la situation. On a appris également hier que 408 000 m3, soit 23000 tonnes de charbon ont été produites en 2012 dans la région Sud-ouest. Alors que la régénération naturelle n'atteint que 100000 m3 par an, soit un défrichement de 15 000 ha par an. D'autres pressions subies par les ressources marines ont également été évoquées.

En revanche, le trafic de bois de rose semble avoir estompé à entendre les explications de Johanita Ndahimananjara, ministre de l'Environnement, de l'écologie et des forêts à l'ouverture de l'atelier d'hier. « L'inventaire des stocks de bois de rose saisis et déclarés est actuellement en cours dans la région Sava, comme l'a recommandé la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction).

C'est seulement après qu'on peut envisager une éventuelle commercialisation de ces bois », a-t-elle fait savoir. Elle n'a pas indiqué ce qui en est de la mise en place d'un tribunal spécial dédié aux affaires de bois de rose. « Nous n'avons entendu parler de trafic ni d'exportation illicite depuis au moins cinq mois, prouvant que l'État est en phase de maîtriser la situation », a-t-elle ajouté. « Des situations qui motivent les différents ministères et secteurs stratégiques concernés par la protection des ressources naturelles à sortir un plan d'actions de partage d'informations à cet atelier, qui servira d'outils d'aide à la décision », souligne Lalaina Andrianavalona , coordonnateur national de la CNPE.

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