26 Décembre 2017

Liberia: Weah sur un boulevard ?

analyse

Qui succédera officiellement à la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, le 22 janvier 2018, pour un mandat de six ans ? La question s'impose, puisque les deux candidats à sa succession, l'ancien footballeur George Weah et le vice-président sortant, Joseph Boakai, se sont affrontés, hier mardi 26 décembre, à la faveur du second tour de l'élection présidentielle.

Plusieurs semaines de tiraillements juridiques, alimentés par la contestation des résultats, ont été observées à l'issue du premier tour, en octobre dernier, avant que les électeurs ne retournent aux urnes au lendemain de Noël. La cinquantaine révolue, George Weah, qui part favori à ce scrutin après son score de 38,4% des voix contre 28,8% pour son adversaire, va-t-il conforter son avance et se hisser au sommet de l'Etat ? Les jours à venir pourront nous situer clairement avec le verdict des urnes, attendu de part et d'autre. Mais il est fort à parier que l'ex-sociétaire du PSG et du Milan AC dans les années 1990, seul joueur africain à détenir le ballon d'or, va écraser la concurrence.

A moins qu'un miracle électoral ne se produise en terre libérienne. Sans devancer l'iguane dans l'eau, il faut reconnaître que Weah marche à pas assurés sur un boulevard, car ayant remporté onze provinces sur les quinze du pays au premier round. Sans oublier le fait qu'il bénéficie du ralliement du sénateur et ancien chef de milice Prince Johnson et du parti de Charles Brumskine, arrivé en troisième position lors du premier tour avec 9,6%. La légende du football africain, très populaire auprès des jeunes, semble tenir sa revanche vis-à-vis de l'histoire, cette fois-ci. Sa confiance en l'avenir et en ses capacités à triompher saute d'ailleurs aux yeux, en témoignent ses déclarations. «Je sais que Joseph Boakai ne peut pas me battre. J'ai le peuple avec moi, un grand parti et une coalition puissante. Je me suis préparé pour diriger ce pays et la victoire sera nôtre», a-t-il récemment lâché face à ses partisans.

L'ancien feu-follet doit certainement ruminer ses échecs aux élections présidentielles précédentes de 2005 et 2011, avec toutefois le secret espoir de relever avec juste raison le défi pour son troisième essai. Le discours du sénateur de la province de Montserrado a apparemment eu un écho favorable auprès de ses compatriotes, dont la plupart désœuvrés, sont en quête de lendemains meilleurs dans un pays à longue tradition de guerre. Il incarne, à bien des égards, la fraîcheur et l'espoir de l'ascension, face à une élite générationnelle «américano-libérienne» en perte de vitesse.

Nombre de Libériens sont du reste convaincus que l'enfant de bidonville, qu'il est, très engagé dans l'humanitaire, pourra diriger le pays comme il savait dribbler ses adversaires sur le terrain. Une vue de l'esprit ou pas, Weah devra faire face à son destin, s'il venait à être élu chef de l'Etat. Il devra prouver, contrairement à ce que disent ses ennemis, que son manque d'expérience politique n'est pas un handicap. Encore moins, son programme électoral jugé trop flou et son absentéisme au sénat, également vu d'un mauvais œil par certains pourfendeurs.

Il le sait, les défis sont nombreux au Libéria, pays meurtri par quatorze années de guerre civile et frappé par l'épidémie d'Ebola en 2014 et qui compte parmi les dix Etats les moins développés du monde, avec un indice de développement humain estimé à 0,329 en 2011. Du pain sur la planche donc pour «Mister George», titulaire d'un master en gestion, comme pour dire à ceux qui ne croient pas en lui qu'un certain sérieux entoure ses ambitions présidentielles. Est-il si proche du but ? Wait and see... .

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