27 Décembre 2017

Madagascar: Conjoncture - 2018 s'annonce une année mouvementée

Dès l'entame, l'année 2018 pourrait être houleuse. Les perspectives électorales annoncent des péripéties marquantes et des débats passionnés.

Tumultueuse. L'année 2018 qui arrive à grand pas pourrait l'être. Les effervescences de ces dernières semaines annoncent déjà que l'arène politique réserve une année animée et riche en rebondissements. Les débats autour des élections devraient tenir en haleine l'opinion publique.

La trêve des fêtes de fin d'année qui semble s'être installée de fait ne devrait pas durer au-delà de la première semaine du Nouvel An. Le discours de présentation des vœux de Hery Rajaonarimampianina, président de la République, pourrait donner le coup d'envoi des hostilités politiques. Des échanges passionnés et des épanchements risquent d'être légion, étant donné la perspective de l'élection présidentielle.

Les tenants du pouvoir martèlent que la course à la magistrature suprême se tiendra en 2018. Que le 25 janvier 2019, le Président nouvellement élu prêtera serment. Le contour de l'organisation du vote a déjà été fréquemment au centre des débats durant cette année 2017. La question du cadre légal a, particulièrement, concentré l'attention. Un intérêt qui devrait être plus marqué dès l'entame de la nouvelle année qui sera donc, électorale.

Déjà, les bruits annonçant la tenue d'une session extraordinaire du Parlement, afin de voter les nouvelles lois électorales se font de plus en plus insistant. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), entre autres, requiert que les règles du jeu des votes soient connues tôt. Les projets de textes qui devront composer le nouveau cadre juridique des élections ne font, pourtant, pas l'unanimité.

N'ayant eu que peu d'aperçu de leurs contenus, acteurs politiques et civiles maintiennent leur suspicion vis-à-vis du pouvoir.

Clivant

Pour prouver qu'il vise un processus électoral apaisé et accepté de tous, le gouvernement a engagé de nouvelles consultations avec les acteurs électoraux. L'issue de ces nouveaux échanges reste, pour l'heure, floue. Des ministres indiquent qu'ils devraient déboucher sur des consensus concernant les règles du jeu électoral.

Les échos des rencontres entre le gouvernement et les parlementaires indiquent, toutefois, que les échanges se seraient, surtout, portés sur les contraintes imposées par l'article 47 de la Constitution au projet de loi organique relatif au régime général des élections et des référendums. À s'en tenir aux indiscrétions concernant le projet de loi organique sur l'élection présidentielle, notamment, des dispositions pourraient prêter à discussion. Le consensus escompté pourrait s'en voir remis en cause.

D'autant plus que dans les rangs du pouvoir l'option d'une révision constitutionnelle reste en stand by. L'idée d'une initiative parlementaire pour proposer la révision de la Constitution, a été soulevée durant la journée parlementaire au Sénat, il y a quelques jours. Une démarche pour s'extirper des contraintes de l'article 47 de la Loi fondamentale selon les argumentations. Seulement, une retouche du texte fondamental est un sujet clivant au sein de l'arène politique.

L'absence de confiance quant à la bonne foi du pouvoir en est la principale raison. Outre les débats sur le cadre juridique des élections, les écuries politiques ayant des favoris à présenter à la présidentielle songeraient à intensifier leur présence sur le terrain et dans les débats dès ce début d'année. La violence des échanges risque, par ailleurs de monter d'un cran à l'instar du passe d'arme entre Marc Ravalomanana, ancien président et Harry Laurent Rahajason, ministre de la Communication, la semaine dernière.

Au regard des manœuvres de ces dernières semaines, tout argument pourrait être bon pour servir de munition afin de déstabiliser, voir évincer des concurrents. Le passé de certains, les affaires judiciaires concernant d'autres, risquent d'être remués à guise. Il y a ceux qui pourraient profiter du terreau qu'offrent les difficultés socio-économiques pour fustiger leur adversaire. La CENI et la Haute cour constitutionnelle (HCC), pourraient avoir fort à faire pour préserver l'apaisement du processus électoral qui clôturera une année où la politique sera houleuse.

Madagascar

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