27 Décembre 2017

Afrique: Ethiopie-Egypte ce barrage qui fâche !

analyse

La course à l'industrialisation ou du moins au développement ne fait seulement que des gaffes au climat avec des émissions de gaz à effet de serre dégradant la couche d'ozone. Elle risque, dans un futur proche, de provoquer ce qu'il convient d'appeler la guerre de l'eau. En tout cas, au regard de la tension diplomatique entre l'Egypte et l'Ethiopie qui a initié la construction du gigantesque barrage dit "barrage de la Grande Renaissance" sur le Nil bleu, il est à craindre que le stress hydrique qui va toucher plus d'une vingtaine de pays africains à l'orée de 2025, selon l'ONU, ne soit la principale source de conflits armés. Le déplacement du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, le mardi 26 décembre dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, pour tenter de trouver une issue heureuse à cet épineux dossier du barrage de la Renaissance qui pollue les relations entre les deux Etats depuis 2011, traduit toutes les inquiétudes et craintes que ledit dossier suscite chez les Egyptiens qui y voient "une question de vie ou de mort".

Ce barrage de la "Grande Renaissance" qui est en train d'être construit en aval du Nil, doit fournir à l'Ethiopie 6450 mégawatts soit l'équivalent de six réacteurs nucléaires et pourra stocker plus de 70 à 74 milliards de mètres cubes d'eau, selon les estimations des experts, est censé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique. De quoi lui permettre de renforcer son agriculture et son industrialisation et lui donner la possibilité d'assurer une nouvelle dynamique de croissance pour les décennies à venir.

Ce barrage ne fera que renforcer la tension entre les deux pays voisins

Autant d'ambitions pharaoniques aux conséquences fâcheuses pour le pays des Pharaons qui craint que la construction de ce barrage ne réduise le débit du Nil dont il est fortement dépendant. Mais au regard du niveau d'avancement des travaux, il y a peu d'espoirs pour la diplomatie égyptienne, de pouvoir faire plier le pays de Menelik II. Autrement dit, ce projet de barrage ne fera que renforcer la tension entre les deux pays voisins. A moins qu'ils ne fassent appel, de commun accord, à des expertises internationales qui vont les situer, s'il y a vraiment des risques réels à construire ce gigantesque barrage.

Par-delà cette affaire du barrage de la Grande Renaissance qui suscite un espoir pour l'Ethiopie et des inquiétudes pour l'Egypte, il faut dire que nombre de pays sur le continent africain dont le Burkina Faso, se trouvent dans des situations où des cours d'eau internationaux posent aussi bien la problématique de développement et constituent des sources de tensions. En effet, le fleuve Mouhoun qui prend sa source au pays des Hommes intègres, est une source inestimable pour le Ghana voisin qui a eu à brandir les textes de traités internationaux, à chaque fois que le Burkina fait ressortir la question de la retenue d'eau sur cet affluent. Mais au regard des mauvaises pluviométries, il n'est pas évident que les autorités burkinabè continuent de voir se déverser autant de quantité de mètres cubes d'eau chez le voisin.

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