28 Décembre 2017

Madagascar: Fonctionnaires privés de solde - Les syndicats réclament des têtes

Brandissant la menace d'une grève, le SSM exige des sanctions et le paiement immédiat des salaires non-payés. La direction générale de la gestion financière du personnel de l'État rejette un paiement à l'aveuglette.

Une grève générale. C'est la menace brandie par la Solidarité des syndicats de Madagascar (SMM), si ses revendications ne sont pas concrétisées. Réagissant de manière virulente contre la suspension de solde de près de dix mille fonctionnaires qu'il juge arbitraire, et découlant d'une erreur des responsables concernés, hier, le SMM a enjoint les autorités à rétribuer rapidement leurs salaires aux ayant-droit. La fédération des organisations syndicales exige, par ailleurs, des sanctions contre les responsables de cette bavure.

Selon ce qui a été dit hier, lors d'une conférence de presse à Antaninarenina, nous sommes encore en pleine investigation, mais des personnes doivent être administrativement, civilement et pénalement responsables de cet énorme préjudice. Dans le cadre de la chasse aux fonctionnaires fantômes, l'utilisation du logiciel AUGURE ou Application unique pour la gestion uniforme des ressources humaines de l'État, a épinglé près de dix mille présumés spectres.

À ces agents de l'État absents des fichiers d'AUGURE a été appliquée la suspension de solde à partir de ce mois de décembre. Il s'est avéré que des personnes en activité ont vu leur salaire non payé. Une douche froide à la veille des fêtes, qui a conduit jusqu'au tollé d'hier. Jean de Dieu Maharante, ministre de la Fonction publique, a concédé, samedi, que cette erreur serait due au manque de rodage des utilisateurs d'AUGURE.

Le lancement de ce logiciel date pourtant de début février. Un mea culpa qui ne semble pas apaiser les syndicats, qui exigent que des têtes sautent. Le SSM dénonce, par ailleurs, le fait que les soldes auraient été coupés arbitrairement, sans tenir compte des procédures d'usage au sein de la fonction publique.

Rigueur

« Il ne s'agit pas de sanction, il n'y a alors pas lieu de les convoquer en conseil de discipline. S'agissant de fantômes, ce ne sont donc pas des fonctionnaires, et ils ne jouissent pas des privilèges et droits y afférents », réplique Ihanta Sahondra Razafintsalama, directrice générale de la gestion financière du personnel de l'État (DGGFPE), auprès du ministère des Finances et du budget, contactée hier. Une attestation de la part de leur entité d'attache suffit à ce que les salaires des agents réguliers absents des fichiers leur soient rétribués.

Près de cinq mille personnes auraient déjà bénéficié de rétributions. Bien que le SSM affirme vouloir faire grève dès le début d'année si les salaires des quelque dix mille spectres identifiés par AUGURE ne sont pas payés d'ici 48 heures, la directrice Razafintsalama rejette toute idée de paiement à l'aveuglette. Elle met en avant la rigueur dans la gestion des dépenses de l'État, qui serait l'un des objectifs de la traque des fonctionnaires fantômes.

« Les syndicats exigent que tous les salaires sans exception non payés le soient. Nous ne le ferons pas. Nous avons décidé de procéder à des assainissements et nous ne reculerons plus. Seuls ceux dont la régularité sont attestés seront payés. À n'importe quel moment, nous sommes disposés à rétablir leur solde », a-t-elle déclaré. Le SSM soulève, par ailleurs, l'hypothèse que les salaires non payés auraient pu être détournés, étant donné qu'ils sont déjà prévus dans la loi de finances. Ihanta Sahondra Razafintsalama répond que les impayés restent dans les caisses des salaires.

Le cas échéant, ajoute-t-elle, l'argent pourrait être versé dans les caisses de retraite des fonctionnaires. Revenant sur la responsabilité des erreurs enregistrées dans AUGURE, la directrice générale déclare que la liste des fonctionnaires fantômes détectés a été approuvée par le conseil des ministres. Les agents sont non répertoriés, et été privés de solde par le ministère des Finances, car ils n'ont pas été déclarés. La déclaration de leur personnel revient aux responsables des ressources humaines de chaque entité publique. S'il y a eu erreur, c'est au niveau des déclarants. Des déclarants figurent pourtant parmi les fonctionnaires privés de solde. Où est alors la faille ?

Madagascar

MEN et revendications syndicales - La cellule de crise opérationnelle cette semaine

Les rencontres entre les syndicalistes et les responsables auprès du MEN continuent. Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2017 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.