27 Décembre 2017

Sénégal: Au pays les migrants continuent à espérer rejoindre l'Europe

Les rapports sur la situation dramatique des migrants en Libye ne dissuadent pas certains candidats à l'exil. C'est le cas d'Omar Diouf, un jeune Sénégalais qui malgré deux échecs veut retenter de gagner l'Europe.

Il a déjà tenté deux fois sa chance, sans succès. Pourtant aujourd'hui Omar Diouf continue d'espérer pouvoir migrer en Europe par la mer Méditerranée, pour fuir une vie trop difficile au Sénégal. "Je n'ai pas peur. Je suis prêt à repartir. Parce qu'ici la vie est insupportable", explique-t-il. Une détermination pas perturbée par la situation des migrants en Libye, largement médiatisée ces dernières semaines.

Il confie que les images de la vente des migrants subsahariens comme esclaves ne l'ont pas dissuadé. Et il s'en remet au destin : "Je suis un croyant. Je sais que tout arrive par la volonté divine. Si Dieu le veut pour moi aussi, je ne peux pas y échapper." L'absence de perspective professionnelle et la précarité sont les raisons principales de sa volonté de repartir. "La vie est dure au Sénégal. Même avec un métier, on s'en sort difficilement. Alors qu'on doit mettre nos parents dans de bonnes conditions de vie. On doit donc trouver quelque chose de mieux", explique le jeune homme.

1000 euros pour un passage en pirogue

A 31 ans, Omar a donc déjà tenté sa chance deux reprises. La dernière fois, en septembre 2017, il est allé jusqu'au Niger. "Au lendemain de la Tabaski, j'ai vendu mes moutons. Je suis allé jusqu'à Agadez. C'était très difficile de poursuivre le chemin. J'ai été obligé de rentrer. C'est à mon retour que j'ai appris ce qu'il se passait en Lybie", assure-t-il.

À court d'argent, abandonné à lui-même, Omar décide de retourner au pays. Aujourd'hui, il vit son échec avec amertume. "C'est une grosse déception. C'est après qu'on s'en rend compte. J'avais tout vendu. Je vis des moments difficiles. J'ai tout recommencé à zéro." En 2006, lors de sa première tentative, Omar Diouf est allé en Espagne en empruntant la voie de l'Atlantique. À l'époque, il fallait débourser une grosse somme pour la traversée. Environ 600.000 FCFA, soit 1.000 euros pour embarquer dans la pirogue.

Une somme considérable, surtout lorsque, comme Omar Diouf, on est né dans une famille démunie. Le jeune homme n'a pas fréquenté l'école occidentale. Marié et père d'une fille, celui-ci vit au jour le jour dans la banlieue de Dakar. Il n'a qu'un seul projet : rassembler la somme nécessaire pour tenter une nouvelle fois sa chance.

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