29 Décembre 2017

Madagascar: Le Premier ministre défend son bilan

Le Premier ministre défend le bilan gouvernemental. Il concède, néanmoins, que le taux de croissance actuel ne suffit pas à impacter positivement sur le quotidien de la population.

Mea culpa. À l'heure du bilan annuel, Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a déclaré : « Nous ne sommes pas encore satisfaits des résultats actuels. Il faut reconnaître que le taux de croissance de 4,1% ne suffit pas pour avoir des impacts directs sur la population ».

Si l'on fait le parallèle avec la réalité, les performances de l'Exécutif, sont plutôt poussives. Durant un petit déjeuner de presse, hier, à Anosy, où il a farouchement défendu les acquis et réalisations de son équipe, le chef du gouvernement a pourtant, ajouté qu'étant donné les difficultés auxquelles nous avons fait face cette année, un taux de croissance de 4,1% est déjà remarquable. Ont été cités les aléas climatiques ayant détruit les récoltes et l'épidémie de peste pulmonaire urbaine qui n'était pas prévue.

Face à ses difficultés, la réaction du gouvernement de combat pour éviter les fâcheuses conséquences est discutable. Aux journalistes, il a demandé à ce que ce soient les réalisations du gouvernement qui sont mises plus en avant au lieu de ses insuffisances. Le locataire de Mahazoarivo a notamment, tablé sur la reconquête de la confiance des partenaires internationaux qui est matérialisé par des financements avoisinant les 10 milliards de dollars.

La dureté du quotidien de la population submerge, cependant, les acquis et réalisations étatiques. Les chiffres donnés par le chef du gouvernement hier, sont criants.

Apathie

À 8%, le taux d'inflation est le double du taux de croissance. Il faut, par ailleurs, prendre en compte que les appuis budgétaires internationaux boostent ce chiffre de 4,1% basé sur le Produit intérieur brut (PIB).

Faute d'anticipation et de prévision, vraisemblablement, les ménages subissent de plein fouet la cavalcade du prix du riz. L'insuffisance des récoltes a, pourtant, déjà été annoncée depuis les catastrophes de début d'année. Une inflation presque générale est renforcée par l'augmentation incessante du prix du carburant, au motif de la vérité des prix.

Le Premier ministre a, du reste, ajouté que la dépréciation constante de l'ariary coïncide avec la montée du cours du pétrole.

Tablant sur le libéralisme économique, le Premier ministre Mahafaly, écarte toute intervention de l'État afin de maîtriser l'inflation, bien que la loi sur la concurrence le permette. L'économie libérale ne signifie pas que l'État devrait s'effacer, d'autant plus que la situation tend à devenir critique.

Sans quoi, l'utilité de certains ministères et entités financières pourrait être remise en question. Un autre point soulevé durant la rencontre avec la presse, hier, pourrait également, expliquer le grand écart entre les acquis étatiques et la réalité des ménages.

Le locataire de Mahazoarivo a indiqué que seulement 350 millions de dollars sur les 10 milliards conquis cette année ont été utilisés. Outre la complexité des conditions de décaissement, l'insuffisance de projets étatiques limitant la capacité d'absorption a aussi été avancée comme explication. « Nous devons accélérer le décaissement par la mise en place de projets structurant, créateurs d'emplois, de richesse conduisant au développement », a indiqué le chef du gouvernement.

L'accord de Facilité élargie de crédit (FEC), par le Fonds monétaire international (FMI), en juillet 2016, est pourtant, le feu vert à l'ouverture des vannes des bailleurs. Un an et demi après, l'augmentation des marchands de rue et d'autres activités informelles est un indicatif de l'absence de projets pourvoyeurs d'emplois pouvant absorber la manne internationale.

Le Premier ministre a même reconnu que l'apathie est une explication de la situation. Le dernier remaniement n'a, visiblement, pas suffi à dynamiser la troupe.

Le gouvernement ne semble décidé à sortir de sa torpeur que maintenant. Un team building de deux jours, est programmé en début d'année afin de définir les projets où seront utilisés les fonds à disposition. « À quoi bon avoir autant d'argent si ce n'est pas pour l'utiliser », a soutenu le Premier ministre. Étant dans une année électorale, d'aucuns appréhendent que le réveil ait un autre but.

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