31 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Repression de manif - Kabila dans la logique du pis-aller

Photo: Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des pneus brulés par des manifestants le 31/12/2017 à Kinshasa lors de la marche initiée par le Comité laïc de coordination (CLC)
analyse

Le 31 décembre dernier, les Congolais de RDC étaient dans la rue, non pas pour accueillir dans la joie la nouvelle année qui approchait à grands pas mais pour manifester leur ras-le-bol face aux dérives dictatoriales du président Joseph Kabila.

Rideaux ; « dire non à cet esclavagisme imposé par l'oligarchie au pouvoir ; non à la situation actuelle, en attendant de le faire de manière plus décisive dans les urnes en 2018 ; non à la confiscation de la démocratie par une poignée d'individus ; non au silence coupable et cynique des dirigeants face à la misère généralisée de la population alors que les richesses nationales continuent d'être pillés et dilapidées ; non aux massacres des compatriotes du Kivu, du Kasaï et du Tanganyka ; non aux viols de nos mères, de nos sœurs et de nos filles ; non à l'utilisation des groupes armés pour terroriser et massacrer les populations ; non à la répression aveugle des manifestants pacifiques », voici, entre autres, les revendications du Comité laïc de coordination qui, tout en appelant à une marche populaire, souhaite que soient organisées le plus rapidement possible « des élections crédibles » pour mettre fin à la crise socio-politique qui secoue le pays depuis que le président Kabila, envers et contre tous, a manifesté sa volonté de briguer un nouveau mandat.

Alors, pourquoi le choix du 31 décembre ? La réponse est simple. Cette date correspond, jour pour jour, à la signature, sous les auspices de Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) de l'accord qui a permis de démorcer la crise en RDC, mais qui jusqu'à ce jour, a du mal à prendre corps et forme ; mauvaise foi de la majorité présidentielle aidant.

Certes, les Laïcs, comme ils se font ainsi appeler, n'ont pas pu rééditer l'exploit du 16 février 1992, où bravant l'interdit et la peur, ils avaient exigé et obtenu la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Mais leur action peut contribuer à mettre la pression sur Kabila fils qui, de manœuvre en manœuvre, a réussi à vider l'accord de la Saint Sylvestre de son contenu pour s'octroyer une nouvelle année de plus ; en témoigne la publication du calendrier électoral qui prévoit la présidentielle pour le 23 décembre 2017. Et comme pour ne rien arranger, vient s'ajouter l'adoption au parlement, en mode kamikaze, de la nouvelle loi électorale qui a contribué à raviver les tensions.

En tout cas, au regard des querelles d'ego qui minent l'opposition qui a presque montré ses limites en matière de stratégies de lutte, le Comité laïc de coordination pourrait apparaître désormais comme une planche de salut pour les Congolais qui souffrent le martyre. Et c'est peu dire ! Car, la pression, il en faut plus pour que Kabila, tel un boulanger, ne roule pas le peuple dans la farine ; lui qui, à force de répression, est en train de reprendre le contrôle de la situation.

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