1 Janvier 2018

Burkina Faso: 2017 - La soif de justice, toujours vive

L'année 2017 a enregistré la tenue ou le démarrage des procès de l'attaque de la poudrière de Yimdi, de l'affaire relative à la tentative d'attaque de la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA), et enfin celui du dernier gouvernement de Blaise.

La soif de justice des Burkinabè a connu un début de satisfaction en 2017. L'affaire « Madi Ouédraogo et 28 autres », du nom du caporal, cerveau du complot militaire qui visait la MACA en vue de la libération des deux généraux, Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré, a donné le ton. Ce procès s'est déroulé entre fin décembre 2016 et le 18 janvier 2017, devant le Tribunal militaire de Ouagadougou (TMO). Au final, le caporal Madi et ses camarades, qui comparaissaient pour association de malfaiteurs et détention illégale d'armes et de munitions, ont été condamnés, pour la plupart, à des peines de prison ferme allant de 6 mois à 15 ans. Le second procès mettant en cause des militaires a été celui des éléments de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ouvert le 28 mars 2017.

Au nombre de 22, ces militaires ont comparu devant les juges du TMO pour s'expliquer sur l'attaque de la soute d'armes et de munitions de Yimdi. Après une dizaine de jours d'audiences, les inculpés ont été reconnus coupables essentiellement de «complot militaire», «désertion à l'étranger en temps de paix», «vol aggravé», «violences et voie de faits» et «détention illégale d'armes de guerre et de munitions». Ainsi, le sergent-chef Ali Sanou et le sergent Stanislas Poda, principaux acteurs du complot militaire dirigé en janvier 2016 contre le dépôt de Yimdi, sont condamnés à 17 ans d'emprisonnement ferme chacun. 18 autres soldats s'en sont sortis avec des peines d'emprisonnement variant de 15 mois à trois ans tandis que Salfo Yago, le seul civil parmi les inculpés, poursuivi pour «recel de malfaiteurs», a été acquitté.

Le procès des anciens membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré, qui devrait déterminer la responsabilité présumée de chaque ministre dans les violentes répressions des manifestants durant l'insurrection populaire d'octobre 2014, lui, a connu une suspension. En effet, la suite des recours introduits par les avocats des accusés, le Conseil constitutionnel a déclaré inconstitutionnelles deux dispositions de la loi portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de justice, devant laquelle comparaissaient l'ex-président Blaise Compaoré et ses collaborateurs. Ces articles empêchaient toute personne de faire appel des décisions de la Haute Cour de justice devant une autre juridiction supérieure en cas de non-satisfaction. La loi sur le fonctionnement de cette Cour a été révisée mais le procès n'a pas encore repris.

Dans les méandres de la justice

Toutefois, d'autres dossiers non moins importants, sinon les plus importants sont toujours en attente de jugement dans les méandres de la justice burkinabè. Sont de ceux-là, les dossiers Thomas Sankara et Norbert Zongo. Sans oublier ceux du coup d'Etat du 16 septembre 2015 et des événements de fin octobre 2014 qui ont endeuillé de nombreuses familles. Concernant les deux premiers dossiers, après la dénonciation de la lenteur dans leurs instructions, des lueurs d'espoir semblent se pointer à l'horizon. François Compaoré, frère cadet de l'ex-président Blaise Compaoré et suspect n°1 dans l'assassinat du journaliste Norbert Zongo a été arrêté le 27 octobre 2017 à Paris et une procédure pour son extradition éventuelle au Burkina Faso est en cours.

Sur l'affaire Thomas Sankara, l'on retiendra la décision du président de la République française, Emmanuel Macron, de déclasser toutes les archives y relatives. Concernant le dossier du coup d'Etat, les audiences de vérification et de confirmation de charges se sont tenues au Tribunal militaire de Ouagadougou et les différents acteurs présumés ont été situés à la fin de l'année sur ce que la justice leur reproche. Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé seront bel et bien du procès, pour atteinte à la sûreté de l'Etat, trahison, actes de terrorisme, etc. Pour ce qui est de la lumière sur les événements d'octobre 2014, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Maïza Sérémé, a informé de l'état d'avancement des dossiers à travers un communiqué : « Les juges d'instruction ont eu à inculper et à placer sous mandat de dépôt dix-sept (17) personnes pour tentative de meurtre, assassinat, coups et blessures volontaires, faits prévus et punis par les articles 59, 60 318, 320, 324, 326, 328 et 347 du code pénal.

En sus, ils ont auditionné quarante (40) témoins et dix (10) parties civiles, interrogé au fond les dix-sept (17) inculpés et effectué dix (10) interrogatoires de confrontation entre les inculpés et certains témoins ». En outre, renseignait le communiqué, une demande d'entraide judiciaire pénale à l'endroit des autorités judiciaires canadiennes à l'effet d'entendre le général Zida Yacouba Isaac sur certains points a été formulée par les juges d'instruction qui ont aussi souhaité que ces autorités leur permettent de se rendre au Canada afin de procéder eux-mêmes aux auditions demandées.

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