2 Janvier 2018

Afrique du Sud: Ryk Hattingh - Mort d'une grande gueule

Ryk Hattingh est mort d'une crise cardiaque et d'une tristesse refoulée. Cela faisait longtemps, du côté de Johannesburg, qu'on ne voyait plus sa grande carcasse et son regard prompt à la colère.

Il avait quitté l'Afrique du Sud en 1997 pour s'installer en Nouvelle-Zélande. Il y tenait un petit atelier de réparation de chaussures et de clés. Les lettres sud-africaines perdent leur Thomas Bernhard.

Die skrywer van Huilboek is vanoggend oorlede. In memoriam Ryk Hattingh (26 Jul. 1957 - 10 Okt. 2017) #RykHattingh https://t.co/xBKe0eZmdI pic.twitter.com/n7wpLrRPYK

NB Publishers (@NBPublishers) 10 octobre 2017

Hattingh a grandi à Benoni, aujourd'hui un quartier de la municipalité d'Ekurhuleni, dans le Gauteng.

Enfant, il pleurait si souvent que sa mère lui avait acheté un carnet où il devait inscrire une croix chaque fois qu'il voulait pleurer. C'est pourquoi il intitulera son dernier ouvrage Huilboek (« Le livre des pleurs ») en 2016.

Peut-on qualifier de roman cet entrelac de souvenirs d'enfance, d'imprécations et de considérations sur la difficulté à s'adapter à un nouveau pays ?

Il évoque pèle-mêle les abeilles en furie, sa période d'addiction à la drogue, des photos d'enfance, ses réactions égoïstes, son départ au bout du monde.

À côté de la figure autoritaire de son père, il évoque le jardinier Toon qui volait le vin de sa grand-mère, mais qui lui témoignait de l'affection. Il l'a retrouvé, clochard au Cap, et l'a aperçu une dernière fois sur la plage arrière d'une camionnette.

Ryk Hattingh et sa famille ont déménagé, ne supportant plus la violence, l'inefficacité des dirigeants, la « zimbabwisation » de l'Afrique du Sud. Le livre lui vaudra le prix Kyknet-Rapport 2017.

L'homme a fait plusieurs métiers, enseignant dans une école métisse près de Knysna, fondateur d'un magazine érotique, journaliste au Vrye Weekblad, éditeur chez Hond...

Le traumatisme de la guerre en Angola ne le quittait pas. Peu de textes de Hattingh (1957-2017) ont été traduits.

Sous l'apartheid, ses romans vitupéraient la bonne conscience des dirigeants nationalistes. Une de ses pièces de théâtre, saluée par la critique, imaginait Johannesburg en pleine anarchie sous l'explosion des bombes.

En français, il nous reste sa BD* qui raconte les braquages de la bande à Foster. Cette cousine de la bande à Bonnot achève sa sanglante cavale au fond d'une mine.

Ryk Hattingh (texte) et Conrad Botes (dessin), La bande à Foster, traduit par Catherine du Toit, L'Association, 2011.

Afrique du Sud

CM 2018 - Jusque-là, les arbitres africains font le travail

Si les résultats sur le terrain ne sont pas encore à la hauteur des attentes, l'Afrique peut-être… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.