2 Janvier 2018

Cameroun/Liberia: «George Weah est un fils de la maison»

interview

Pierre Semengue, président du Tonnerre Kalara Club (1985-1989).

A l'annonce de l'élection de George Weah comme président du Libéria, quelle a été votre réaction ?

Nous avons appris la nouvelle en écoutant les informations. Je suis très content pour lui. C'est un garçon qui ne m'a pas oublié. Je le pressentais déjà quand il est arrivé premier à l'issue du premier tour. Je me disais qu'au second tour, il allait améliorer son score. Avant d'être joueur du Tonnerre, George Weah est un fils de la maison. Il a habité ici pendant un mois avant de trouver un logement. A l'époque, c'est un garçon très gentil. Très simple. On n'a pas eu de problèmes quand il vivait avec nous. Il était aussi courtois et sociable.

Et comme joueur ?

Il était également très travailleur. Un très bon joueur, coopératif, qui n'en faisait pas qu'à sa tête. On le faisait jouer comme joker, électron libre à l'attaque. Il pouvait être ailier, avant-centre, ou milieu de terrain. Il pouvait faire du ballon ce qu'il voulait, notamment marquer des buts. Il avait le football dans ses pieds et sa tête. J'espère qu'il aura les mêmes capacités pour diriger son pays. Je lui souhaite beaucoup de bonheur et beaucoup de réussite.

Qu'est-ce qui vous aura particulièrement marqué chez lui ?

Le fait qu'il était nationaliste. A l'époque, le Libéria était dans une situation presque de non Etat, nous lui avons proposé de devenir Camerounais. Mais il a refusé, en disant qu'il est Libérien et il le restait. Comme je suis nationaliste, j'ai trouvé que c'était admirable. Un joueur d'expression anglaise dans un environnement francophone, comment communiquaitil ? Au début, c'était un peu compliqué. Puis, par la suite, ça allait. Le Cameroun est bilingue. Personnellement, je n'avais pas de problème majeur. Il a appris le français. D'ailleurs, quand il part en France, il s'exprime déjà en français. Nous aurions pu le garder plus longtemps, si Arsène Wenger ne nous l'avait pas arraché. On dit maintenant que c'est lui qui l'a découvert. Mais, il est parti du Cameroun étant déjà très célèbre en Afrique.

Quand vous êtes-vous revenus pour la dernière fois?

En 2012, lors du jubilé de Patrick Mboma, il est venu à la maison. Comme toujours, il m'a embrassé et on a beaucoup bavardé. Quand on organisait les Awards de la Ligue en novembre 2017, je l'ai invité. Malheureusement, il était en pleine campagne électorale. Il m'a répondu avec beaucoup de gentillesse, qu'il aurait bien voulu venir mais il ne pouvait pas. Sauf si on lui donnait les moyens lui permettant d'aller et venir rapidement. Ce qui n'était pas possible.

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