3 Janvier 2018

Afrique: Drogue - L'ibogaïne, la pilule qui soigne l'addiction en 48 heures

Son nom : ibogaïne. Cette pilule, qui contient une substance dérivée de la plante iboga, est utilisée dans le traitement contre diverses dépendances, dont à la drogue, en Afrique du Sud. Deux jeunes Mauriciens ont suivi le traitement à l'ibogaïne. L'un d'eux nous fait le récit de sa descente aux enfers à cause de la drogue et comment il a remonté la pente.

En trois ans, ce cadre dans le secteur financier ne peut plus compter sur les doigts le nombre de programmes qu'il a suivis pour guérir sa dépendance à la drogue. Tout a commencé par un joint. «Je voulais en fumer avant de partir en boîte avec des amis.» Mais pressé par ses derniers, il passe à l'héroïne en peu de temps. Plus les jours passent, plus les doses augmentent. Il en arrive à quatre doses au quotidien.

Sa performance au travail chute drastiquement et sa supérieure remarque que quelque chose ne tourne pas rond. Mis devant les faits, il avoue être dépendant à la drogue. Elle lui propose de l'accompagner chez un médecin. Et il commence un traitement pour la première fois. «J'ai pris des tonnes de médicaments. Dans ma tête, je me disais que j'allais bien et que j'étais guéri, mais j'avais toujours besoin de mes doses», raconte le jeune homme.

«J'ai vendu tout ce qui me passait sous la main. Tout ce dont j'avais besoin, c'était mes quatre doses d'héroïne. J'ai même vendu les bijoux de ma mère pour avoir de l'argent.» Le va-et-vient de gens louches devant la maison de ses parents leur met la puce à l'oreille. Ils lui font suivre plusieurs traitements. Il se rend même dans un centre dans le Nord. Le traitement leur coûte Rs 10 000 par jour et leur fils doit le suivre pendant 30 jours. Mais le résultat n'est pas au rendez-vous.

«Bannla inn met kouto anba mo lagorz... »

Après sa rechute, le jeune homme reprend contact avec ses «dealers». Il est victime de vol à plusieurs reprises. «Mo pa kapav konté komié kout bann-la inn ras mo kas, met kouto anba mo lagorz», se souvient cet habitant des hautes Plaines-Wilhems. Ses parents n'ont pas voulu l'abandonner. À force de faire des recherches sur le net, ils ont découvert un centre de réhabilitation en Afrique du Sud.

«En une semaine, mes parents avaient tout organisé. Le traitement a duré seulement 48 heures. À mon réveil, je me sentais bien dans ma peau. Je suis resté une semaine pour le programme de réhabilitation», dit le jeune homme. «Depuis mon retour, je ne touche plus à la drogue. Je suis complètement guéri. Et j'ai voulu aider mon ami.» Les deux ex-toxicomanes sont désormais suivis par un psychologue.

Le Dr Anwar Jeewa, un Sud-Africain qui utilise ce médicament pour traiter ses patients, explique qu'il a un taux de réussite de 90 %. Et de préciser qu'il n'y a pas de rechute non plus. Plusieurs Mauriciens ont suivi ce traitement. Le médecin compile un dossier pour le présenter au ministère de la Santé afin de le vulgariser à Maurice. «Le subutex ou la méthadone sont des médicaments de synthèse alors que l'ibogaïne est naturelle. Le traitement dure en fonction du poids du patient. Deux capsules sont données chaque heure et le traitement dure 48 heures», indique-t-il.

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