3 Janvier 2018

Madagascar: Éviction de la présidentielle - Ravalomanana brandit la menace d'une crise

Épouvantail. Devant les journalistes, vendredi à Mahamasina, Marc Ravalomanana, ancien chef d'État, a farouchement défendu son intention de prendre part à la prochaine élection présidentielle. En marge d'un évènement organisé par la Commune urbaine d'Antananarivo, le conseiller spécial du maire a réveillé le spectre de la crise en cas d'éviction.

« Pensez-vous que le pays sera en paix si on refuse ma candidature ? Pensez-vous que les partisans du parti "Tiako i Madagasikara" (Tim) accepteront pareille chose ? », a déclaré avec véhémence le résident de Faravohitra. Une réaction suite aux questions de la presse, quant à l'éventualité qu'il ne soit pas éligible à la course à la magistrature suprême.

La Constitution dispose que « tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité malgache, jouir de ses droits civils et politiques, avoir au moins trente cinq ans à la date de clôture du dépôt des candidatures, résider sur le territoire de la République de Madagascar depuis au moins six mois avant le jour de la date limite fixée pour le dépôt des candidatures ». C'est sur la pleine jouissance des droits civils que certains courants émettent des doutes sur l'éligibilité du fondateur de l'empire Tiko.

Notification

Une remise en question, qui coïncide avec la réapparition du dossier judiciaire sur le massacre du 7 février 2009 dans les débats. Une affaire où Marc Ravalomanana a été jugé par contumace à une peine de travaux forcés à perpétuité, et de payer des dommages et intérêts aux familles des victimes, en 2010. Ce qui a amené au gel de ses comptes bancaires, depuis. Récemment, les comptes de deux de ses coaccusés de l'époque ont fait l'objet d'un saisi arrêt.

Une démarche judiciaire, dont l'objet serait en vue de l'exécution de la décision judiciaire de 2010, relative à l'indemnisation des victimes. En réaction, les deux personnes ont fait opposition devant le tribunal de première instance d'Antananarivo (TPI). Le verdict tombé, jeudi, conforte pourtant la saisie. Devant la presse hier, l'ancien Président a affirmé qu'il n'avait pas encore été notifié des décisions judiciaires concernant le procès du 7 février.

Une source judiciaire confirme qu'effectivement, l'ancien exilé d'Afrique du Sud n'a pas encore été notifié de la sentence du tribunal. Le camp Ravalomanana conteste, par ailleurs, la régularité du procès qu'il qualifie de « politique ». La source explique que ce serait la raison pour laquelle l'ancien chef d'État n'aurait pas fait opposition au gel de ses avoirs. « Contester serait reconnaître l'autorité du jugement », indique-t-elle.

Le résident de Faravohitra martèle, par ailleurs, que le cas échéant, il usera de toutes les voies de recours pour contester sa condamnation par contumace. Des voies de recours qui ne seront toutefois ouvertes qu'une fois le jugement notifié officiellement « à la personne » concernée. Étant donné l'ambition présidentielle de Marc Ravalomanana, le timing de la notification à personne sera décisif.

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