3 Janvier 2018

Congo-Brazzaville: Appel au respect des libertés fondamentales - Le cardinal Laurent Monsengwo estime qu' « Il est temps que les médiocres dégagent »

« Comment ferions-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple ? », s'est interrogé l'archevêque de Kinshasa dans un communiqué au vitriol publié le 2 janvier, au lendemain de la marche réprimée du 31 décembre 2017.

L'archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, ne pouvait rester insensible à la situation tragique vécue par les fidèles catholiques, le 31 décembre, lors de la marche initiée par le Comité laïc de coordination (CLC) pour revendiquer « l'application réelle » de l'accord du 31 décembre 2016. Une marche réprimée sévèrement par la police alors qu'elle se voulait pacifique, selon les organisateurs. Sorti de ses gonds dans un communiqué aux allures d'un pamphlet contre le pouvoir publié le 2 janvier à Kinshasa, Laurent Monsengwo a stigmatisé et condamné, en des termes à la limite démesurés, les agissements des policiers qu'il a qualifiés de « prétendus vaillants hommes en uniforme », lesquels « traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie ».

Et d'égrener ce qui constitue à ses yeux les preuves de cette barbarie « le fait d'empêcher les fidèles chrétiens d'entrer dans les églises pour participer à la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d'argent, d'appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l'église et dans les rues, l'entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets, crucifix et statues de la Vierge Marie ».

Des dirigeants incapables des protéger la population

Pour Laurent Monsengwo, « l'instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer les intérêts occultes, par exemple l'accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anticonstitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes à la société congolaise ». Il est temps, pense-t-il, « que la vérité l'emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo ». Les évènements du 31 décembre ont, d'après lui, sapé le capital-confiance dont jouissaient encore les dirigeants politiques auprès de la population contre laquelle ils se sont malheureusement retournés pour se muer en tortionnaires. « Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables des protéger la population, de garantir la paix, la justice, l'amour du peuple ? », s'est-il interrogé. Des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple et qui « violent volontairement », selon ses termes, l'accord politique global et inclusif, parrainé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco).

Auparavant, l'épiscopat congolais avait réagi via un communiqué publié le même mardi et dans lequel il condamnait avec la dernière énergie « le recours à la violence par certains agents de l'ordre, violence non justifiée qui a occasionné la mort d'hommes ». Choquée par ce qu'il considère comme des « actes ignobles », la Conférence des évêques catholiques a demandé l'ouverture d'une « enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les pertes en vie humaine et les agressions physiques » ayant émaillé la manifestation du 31 décembre.

La Cénco n'a pas manqué au passage de condamner « l'atteinte à la liberté de culte garantie dans tout État démocratique, la profanation de certaines églises et l'agression physique des fidèles dont les servants de messe et les prêtres ».

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