3 Janvier 2018

Tunisie: Les consignes de voyage pourraient être révisées

En 2015, la Tunisie a traversé une vague terroriste sans précédent, comme d'ailleurs d'autres pays d'Europe. Le 18 mars 2015, le monde est sous le choc, deux terroristes attaquent le musée du Bardo, tuant 24 personnes de 12 nationalités différentes.

Parmi elles, 3 touristes japonais. Dès lors, le Japon prend la décision de réduire l'activité de ses ressortissants en Tunisie. Sur le site du ministère des Affaires étrangères, le gouvernement nippon suggère en effet à ses ressortissants de ne se rendre en Tunisie qu'en cas de nécessité et déconseille fermement aux citoyens japonais de se rendre dans les régions frontalières. Des mesures qui ont notamment affecté les activités de l'Agence japonaise de coopération internationale (Jica), dont les projets sont souvent très appréciés par leurs partenaires tunisiens. Mais depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et le contexte sécuritaire s'est totalement métamorphosé. La police et l'armée ont fini par terrasser l'ennemi intérieur et traquent aujourd'hui ceux qui portent cette idéologie de la mort. Le succès sécuritaire est tel que plusieurs pays européens ont d'ores et déjà révisé leurs consignes pour les voyageurs, à l'instar de la Belgique ou encore la Grande-Bretagne, qui malgré la lourdeur des pertes humaines lors de l'attentat de Sousse, en juin de la même année, ont fini par assouplir leurs recommandations.

Volonté d'une plus grande coopération sécuritaire avec la Tunisie

Lors d'un déplacement à Tokyo, à l'invitation de l'ambassade du Japon, La Presse a pu rencontrer, au siège du ministère des Affaires étrangères, Hiroshi Oka, adjoint du ministre et directeur général au sein du ministère chargé de l'Afrique et du Moyen-Orient. Lors de l'entrevue, en présence de cinq journalistes (des Emirats arabes unis, du Koweït, du Sultanat d'Oman, de la Tunisie et de l'Algérie), Hiroshi Oka a annoncé que le Japon «étudie de manière sérieuse» la possibilité d'assouplir les consignes de voyage.

«La mort de trois Japonais lors de l'attentat du Bardo nous a profondément bouleversés, nous dit-il. Nous sommes conscients que la situation sécuritaire en Tunisie s'est considérablement améliorée. Nous sommes également conscients que l'organisation terroriste Daech est en train de disparaître, mais nous sommes également conscients que les risques n'ont pas totalement disparu». Hiroshi Oka appelle à une plus grande coopération sécuritaire avec la Tunisie, notamment en termes d'échange d'informations.

En visite officielle au Japon en novembre dernier, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, n'a pas manqué de demander à son homologue l'assouplissement des consignes. Jhinaoui a été le premier responsable politique à être invité au lendemain des élections législatives du Japon.

Contrairement aux pays des autres journalistes invités à Tokyo, la Tunisie est la seule à ne pas disposer de ressources naturelles, nécessaires à la croissance japonaise. Pourtant, Hiroshi Oka affirme que la Tunisie est un pays très important pour le Japon. «La Tunisie a vécu d'impressionnantes transformations politiques et économiques, elle a dû passer par d'énormes défis pour en arriver là, note-t-il. La Tunisie est pour nous un modèle de réussite». Par ailleurs, l'adjoint du ministre a formulé le vœu de voir le procès autour de l'attentat du Bardo aboutir à la vérité «afin que les blessures des familles des victimes guérissent enfin».

Interventions de la Jica

Les relations entre la Tunisie et le Japon sont, depuis bien avant la révolution, des relations solides, basées sur une coopération respectueuse des particularités de la Tunisie. Grâce à l'intervention de la Jica, plusieurs projets ont pu voir le jour. L'un des projets les plus réussis est sans doute celui du pont de Radès, le premier du genre en Tunisie. La Jica a également contribué au projet d'électrification de la ligne ferroviaire de la banlieue sud de Tunis. Le 14 juillet 2017, la Jica et la Tunisie ont signé un accord de prêt d'un montant de 980 millions de dinars, qui serviront à financer le projet de dessalement de l'eau de mer dans la région de Sfax. Au total, entre prêts et appui technique, la Jica est intervenue ou intervient dans 33 projets.

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