3 Janvier 2018

Tunisie: La surtaxation, une démarche « suicidaire »

Ces réformes engagées à la hâte et sans réflexion antérieure sur les conséquences néfastes qu'elles pourraient avoir sur l'économie nationale donnent à lire, soutient l'expert financier Mourad Hattab approché par La Presse, une démarche « suicidaire ».

« Surtaxer une partie des citoyens, ceux qui évoluent dans le circuit formel, parce qu'on peine à maîtriser le circuit informel et l'évasion fiscale, ne fait que nuire à la confiance du peuple en l'Etat. Du coup, le niveau de consommation, l'investissement et l'épargne nationale en pâtissent », explique Hattab.

Trop d'impôt tue l'impôt

En fonction des hausses annoncées en cette nouvelle année, les dépenses du Tunisien connaîtront une augmentation de 300 DT, selon Mourad Hattab. Et le tableau sera encore plus sombre, compte tenu de la majoration des retenues fiscales et des mensualités de remboursement des crédits. Les signes avant-coureurs de lendemains difficiles pour une bonne partie des contribuables tunisiens, notamment ceux de la classe moyenne, s'affichent donc à tire-larigot et les sonnettes d'alarme semblent être déclenchées. De ce point de vue, l'expert économiste met en garde contre des démarches improvisées et un système économique aux pulsions « suicidaires », dans la mesure où l'investissement et la consommation payeront le lourd tribut d'une approche « peu réaliste ». « La pression fiscale se situe aux alentours de 22% et celle sur les salariés aux alentours de 21%. Comment voulez-vous que les gens adhèrent à un système répressif et inéquitable ? », s'interroge Hattab. « Trop d'impôt tue l'impôt », extrapole l'économiste, soulignant par ailleurs qu'une politique pareille encouragera l'évasion fiscale. Laquelle évasion fiscale fait perdre à l'Etat 5 milliards de dinars par an, soit 25% des recettes fiscales totales par an, estimées à 23 milliards de dinars.

La Tunisie avait le ratio le plus élevé de l'impôt/PIB en 2017 (30,3%), suivie par l'Afrique du Sud (29%) sur un ensemble de 16 pays. Alors que la RDCongo et l'Ouganda avaient les plus faibles ratios impôts/ PIB, à 10,8% et 12,5%, selon le rapport 2017 des statistiques des recettes publiques en Afrique. L'Ouganda figure aujourd'hui dans le top 10 des économies africaines émergentes, avec un taux de croissance de près de 6% en 2017, selon la Banque mondiale.

Tunisie

Chenihi sera-t-il libéré ?

Sauf que si une proposition alléchante se présente, le bureau directeur du CA étudiera l'offre, si… Plus »

Copyright © 2018 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.