8 Janvier 2018

Afrique de l'Ouest: Force du G5 Sahel - Conclave au bord du Djoliba pour la pleine opérationnalisation

Photo: Le Pays
Sommet du G5 Sahel

Une réunion ministérielle sur l'opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel s'est tenue le 8 janvier 2018 à Bamako, la capitale malienne. Il s'est agi, au cours de cette rencontre, de doter le G5 Sahel d'instruments sur les plans politique, financier, opérationnel et partenarial.

Les mécanismes pour l'opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) prennent corps peu à peu. Après la réunion de haut niveau des pays membres de l'organisation à la celle Saint-Cloud en France, le 13 décembre 2017, une nouvelle rencontre a réuni le 8 janvier 2018 à Bamako, au Mali, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, entre autres. Les ministre burkinabè des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur, Alpha Barry, son collègue de la Défense, Jean Claude Bouda et des experts du G5 Sahel, en présence du chef d'état-major général des armées, le général de brigade Oumarou Sadou ont pris part à cette rencontre.

La réunion de la capitale malienne devrait finaliser la mise en place d'un « groupe de soutien » mais aussi l'élaboration de projets d'actes juridiques additionnels à la convention portant création du G5 Sahel. selon le secrétaire permanent du G5 sahel, Najim El Hadj Mohamed, la rencontre au bord du Djoliba a permis d'examiner les mécanismes de création, de mobilisation des contributions à la force conjointe, le projet portant organisation et fonctionnement du comité de soutien et de contrôle de Force conjointe(FC), la mise en place d'un mécanisme de communication et d'information, la préparation de plusieurs autres rencontres à venir.

Il a indiqué qu'à ce jour, le G5 Sahel a enregistré plus de 280 millions d'euros, sur un budget prévisionnel de 423 millions, soit plus 62, 5% pour l'opérationnalisation de cette force conjointe. Selon M. Najim, ce financement permettra, une fois le mécanisme de la mobilisation et de la bonne gestion défini d'assurer la pleine opérationnalisation de la force. « Nous avons certes des problèmes de sécurité. Nous devons cependant redoubler d'efforts et ne pas oublier les problèmes de développement qui sont les plus pressants», a averti le secrétaire permanent. Il a souligné qu'une fois la sécurité assurée, le développement devrait suivre pour en assurer la durabilité et la fiabilité, d'où la nécessité de la prise en compte des préoccupations des jeunes, des femmes, de la gouvernance, d'infrastructures, accompagnée d'un programme d'investissement prioritaire.

Ça urge

Pour le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, Tiéman Hubert Coulibaly, la démarche commune du G5 Sahel devrait s'articuler autour des leviers de maintien de la paix dans la préparation et le développement opérationnel de la force conjointe, du développement continu de l'interopérabilité des forces de défense et de sécurité, d'une part, et d'autre part, le maillage de partenariat avec les autres armées amies opérant dans la bande sahélo-saharienne. Il a également fait savoir que les défis sécuritaires invitent la force conjointe à continuer d'être davantage au rendez-vous et à traduire sur le terrain sa capacité à restaurer la paix et la sécurité dans l'espace sahélien.

M. Coulibaly a indiqué que cela passe par des méthodes plus pragmatiques et rapides, au vu de l'immensité des défis sécuritaires. L'accélération de la mise en œuvre de la résolution 2391 -2017 des Nations unies sur la mise en place de la force conjointe, la construction d'un système G5 Sahel de financement et de gestion administrative des financements à travers la création d'un fonds spécial, selon le diplomate malien, ont été au cœur des débats. Les ministres et les experts du G5 Sahel, a-t-il ajouté, se sont également penchés sur le renforcement du pilotage politique en vue de la désignation d'un responsable chargé du plaidoyer politique et sécuritaire de cette organisation.

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