8 Janvier 2018

Tchad: Grogne des fonctionnaires tchadiens !

Photo: Wikimédia
Rue de Ndjamena au Tchad.

Les Tchadiens font mal leur entrée dans la nouvelle année qui démarre. En effet, après l'annonce de la baisse des salaires des travailleurs du public par l'Etat, quelques jours plus tôt, le prix du carburant connaît une augmentation depuis le weekend dernier. Le prix du litre d'essence est passé de 523 à 570 francs CFA et celui du litre de gasoil de 568 à 590 F CFA. Quant aux salaires, le projet qui devrait acter leur baisse est en cours au ministère tchadien des Finances et du budget.

Le texte qui se présentera sous la forme d'un décret est prévu pour être débattu, selon l'exécutif tchadien, au cours d'une séance de travail avec la plateforme syndicale, le 11 janvier 2018 à N'Djamena.

La nouvelle grille salariale prévoit un rabattement de 5 à 45% proportionnellement au montant perçu par chaque fonctionnaire. Ainsi, à titre d'exemple, les fonctionnaires qui gagnent 60 000 francs CFA, soit exactement le Salaire minimum interprofessionnel-garanti (SMIG), se verront retirer 5%.

Ceux qui gagnent entre 60 001 et 100 000 F CFA vont voir le leur diminuer de 15%, tandis que les fonctionnaires dont les revenus sont compris entre 100 001 et 200 000 F CFA perdront 20% de leur salaire. Ces réductions qui entraineront indubitablement une chute du pouvoir d'achat des citoyens tchadiens déjà confrontés à des questions existentielles suscitent une levée de boucliers au sein des syndicats des travailleurs.

En tous cas, depuis que la nouvelle a été rendue publique, ces derniers qui sont montés au créneau pour dénoncer la pilule n'entendent plus que le moment propice pour entrer en représailles contre le gouvernement. «Nous préférons aller travailler la terre plutôt que d'accepter un tel rabattement des salaires.

C'est impossible d'avaler cette pilule amère», tonne d'une même voix un groupe d'enseignants dans une déclaration. On peut donc dire sans risque de se tromper que le dialogue avec les syndicats auquel le gouvernement se prépare activement a échoué d'avance.

On allait en douter si l'administration tchadienne ne fonctionnait pas déjà au ralenti depuis la reprise après le nouvel an avec des agents dont le moral est sérieusement entamé. Eux qui attendaient du président Idris Deby Itno qu'il évoque une augmentation de salaire dans son discours de vœux au peuple tchadien.

En lieu et place, l'homme fort de Ndjamena a exhorté les fonctionnaires à garder courage face à ces mesures d'austérité expliquant qu'elles étaient dictées par la sévère crise économique que traverse le pays. Un message qui, manifestement, n'a pas reçu un écho favorable dans ce contexte où la hausse des prix de carburant semble avoir fait exploser la situation.

Puisque l'opposition politique et les organisations de la société civile apportent leur soutien aux syndicats des travailleurs.

Le Cadre de concertation des partis politiques de l'opposition démocratique (CCPPOD) et la Coalition de l'opposition politique pour le redressement et l'alternance au Tchad (COPRAT) ont, dans une déclaration conjointe, désapprouvé la baisse des salaires et l'augmentation des prix du carburant avant d'appeler le gouvernement tchadien à la raison.

« Nous demandons qu'on rétablisse le salaire des fonctionnaires. Que les mesures des hausses des prix soient levées pour permettre au peuple tchadien d'avoir accès au carburant», a exigé le porte-parole des opposants. Le Collectif tchadien contre la vie chère (CTVC) s'insurge également contre l'augmentation des prix du carburant et demande aux Tchadiens de la dénoncer publiquement.

«Nous nous insurgeons contre cette attitude antisociale du gouvernement tchadien, qui n'a aucune solution (... ) pour alléger la souffrance des populations. Nos conditions de vie sont précaires et invivables«, a réagi son présidentVersinis Dingamnayal.

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