9 Janvier 2018

Burkina Faso: Haut conseil du dialogue social - En voici les missions !

Donner des informations suite à la nomination des membres du Haut conseil du dialogue social (HCDS) lors du Conseil des ministres du 4 janvier dernier. Tel était l'objet de la conférence de presse animée par Clément Sawadogo, ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, le lundi 8 janvier 2018 au sein dudit ministère.

Le Conseil des ministres en sa séance du 9 mars 2017 prenait un décret portant création auprès de la Présidence du Faso, d'une institution de promotion du dialogue social et de prévention de conflits sociaux à caractère national relevant du monde du travail dénommée Haut conseil du dialogue social (HCDS).

Et c'est pour en parler que Clément Sawadogo, ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, a rencontré la presse le 8 janvier dernier au sein de son ministère. Et de ce conseil, il dira qu'il fait la promotion du dialogue social à tous les niveaux, national, sectoriel, dans le public, le parapublic et le privé y compris le secteur informel.

Pour expliquer les raisons qui ont conduit les autorités à créer cette institution, le ministre Clément Sawadogo rappelle que le Burkina a fait face à des crises sociopolitiques qui ont mis à mal la cohésion sociale, la paix et la stabilité du pays.

Tout en soulignant que ce sont des conditions importantes à un développement économique harmonieux et un progrès social durable, il a indiqué que ces conflits de travail et autres grèves surviennent sur fond de mobilisation et de contestation contre des politiques ou contre des décisions non consensuelles.

C'est ce qui a suscité la création du HCDS qui sera donc chargé de contribuer à la prévention et au règlement des conflits sociaux du monde du travail, de promouvoir la concertation sur toute question relative au climat social, d'œuvrer à l'élaboration d'une charte nationale du dialogue social, d'encourager le dialogue permanent entre employeurs et employés, de procéder à des études et recherches et de contribuer au renforcement des capacités des partenaires sociaux à tous les niveaux.

Mais avant d'y parvenir, il y a eu des étapes avec au préalable, une étude commanditée par le ministère en charge du travail avec l'appui du Bureau international du travail suite aux insuffisances et difficultés relevées dans la pratique du dialogue social et la volonté d'arriver à un dialogue social de qualité.

Par la suite, des ateliers se sont tenus et face au contexte national et sous régional propice à la mise en place d'un tel cadre, le premier responsable du département de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale a relevé que cela restait plus que jamais une nécessité. Et de faire savoir que le Burkina était l'un des pays de la sous-région, voire de l'UEMOA à ne pas avoir un tel cadre national tripartite de dialogue social.

Le ministre Clément Sawadogo confie que l'atelier qui a abouti à la consécration du HCDS, a vu la participation des représentants d'organisations d'employeurs, de syndicats de travailleurs, de ministères, d'institutions nationales, de l'UEMOA et de personnes- ressources.

Ce qui a permis de proposer pour le Haut conseil du dialogue social, 30 membres titulaires dont 10 représentants le gouvernement, autant pour les organisations d'employeurs et de même pour les organisations syndicales de travailleurs.

C'est lors du conseil des ministres en date du 4 janvier 2018 que les membres ont été nommés pour sa mise en place effective. Et Clément Sawadogo d'annoncer que le président du Faso nommera le Président du HCDS qui a rang de président d'institution, tout en faisant savoir qu'un secrétaire général sera nommé sur proposition de son département.

Suite à une préoccupation relevant le fait que des voix s'élèvent au sein du monde syndical pour récuser les représentants de l'Unité d'action syndicale (UAS), le ministre Clément Sawadogo a tenu à relever que « de ce que je sais, c'est qu'au sein de l'UAS, il y a des dissensions », avant de s'étonner que le premier responsable de la CGTB déclare que l'UAS parle d'une même voix et de souligner que la question ne se pose pas au niveau gouvernemental.

Il reconnaît que la CGTB dirigée par Bassolma Bazié a écrit qu'elle ne se reconnaissait pas dans cette liste mais, pour le ministre, celle-ci se trompe de porte et devrait, dit-il, s'en remettre à l'UAS où l'actuel président du mois, fait-il savoir, est Augustin Blaise Hien, secrétaire général de la CNTB. Mais, le HCDS n'est-il pas une institution de trop quand on sait qu'il existe des institutions comme le Conseil économique et social ou encore le Médiateur du Faso ?

A ce sujet, le responsable du département du Travail indique que celles-ci ont des missions bien précises et ne peuvent se saisir de certaines questions du monde du travail, tout en relevant qu'elles existent, mais le front social continue de bouillonner.

C'est donc pour cela que la nécessité de mettre en place le Haut conseil du dialogue social s'imposait. Le ministre Clément Sawadogo, suite à une interpellation sur la masse salariale engendrée face aux bonus accordés par le gouvernement, a saisi l'opportunité pour dire que cela se situe entre 500 et 600 milliards de F CFA par an contre un peu plus de 300 milliards de F CFA en 2012.

Et de confier que la masse salariale représente 52% des ressources engrangées sur le budget de l'Etat. Il n'a pas manqué d'aborder le cas des groupes sociaux qui mettent la pression pour améliorer leurs conditions de vie et de travail alors que le gouvernement, souligne Clément Sawadogo, travaille à améliorer celles de l'ensemble des Burkinabè.

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