9 Janvier 2018

Bénin: Grogne des fonctionnaires béninois

Photo: RFI/Delphine Bousquet
Le personnel du CNHU de Cotonou, au Bénin, le 8 juin 2017.

Une loi votée récemment exclut du droit de grève les paramilitaires et les fonctionnaires de l'administration pénitentiaire, de la justice et de la santé. C'est une grave atteinte aux acquis démocratiques pour certains.

Les fonctionnaires ont prévu plusieurs mouvements de débrayage pour empêcher que ces textes soient déclarés conformes à la loi fondamentale du pays.

La santé, la justice, la sécurité sont des secteurs sensibles de l'Etat où les populations doivent être protégées.

Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, déplorent les députés de la majorité présidentielle ; les hôpitaux et les tribunaux notamment sont plutôt souvent paralysés par d'interminables mouvements sociaux mettant en péril des vies.

"Nous avons donc décidé de prendre leur responsabilité", a déclaré Orden Alladatin qui fait partie de ceux qui ont voté cette loi. "Lorsque l'usage de la grève en vient à ce point, le député le législateur il fait quoi ? Parce que ceux qui sont pris en otage ce n'est pas nous ; c'est encore les pauvres populations pour qui nous nous sommes là, et au profit de qui nous devons légiférer. Face à ce dilemme malheureusement nous privilégions le droit à la vie de nos populations", a expliqué le député.

Mais pour les acteurs concernés, cette loi est liberticide et constitue une grave atteinte aux acquis démocratiques. Les agents du secteur de la santé se disent principalement visés par cette interdiction de grève.

"Notre seule arme de revendication que tout le monde connait, qui aide même le pays, on veut nous l'arracher de force", selon Rodolphe Houssou, le porte-parole du Collectif de leurs syndicats.

Il poursuit : "C'était un coup de poignard dans le dos. Nous avons réagi par rapport aux réformes et maintenant on trouve que ce n'est pas bon. Et le gouvernement a une stratégie de privatisation des hôpitaux que nous refusions depuis. Mais comme ils ont vu quand même que nous avons cette force de grève, il faut nous arracher le droit de grève pour faire passer leur message. Mais nous allons réagir à la hauteur de la provocation."

72 heures de grève sans service minimum dans les hôpitaux ; les magistrats eux, vident les tribunaux cinq jours sur cinq et s'opposent à toute réquisition. Une riposte légitime selon Maître Alain Orunla, Avocat au barreau de Cotonou.

"C'est l'une des rares garanties dont bénéficie la magistrature, mais c'est également une réaction qui se comprend pour le maintien de la maison justice, et c'est une réaction tout à fait normale pour maintenir les acquis démocratiques conférés par la constitution."

Pour lui, aucun pouvoir exécutif ou législatif n'a le droit de tenter de supprimer le droit de grève pour quelque motif que ce soit. Tous les regards sont tournés vers la cour constitutionnelle qui doit trancher.

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