10 Janvier 2018

Sénégal: Enquête sur les tueries de Brofaye-Bayotte, à Ziguinchor - Les cadres casamançais défient le procureur de la République

72H (soixante-douze heures) après le massacre de la forêt classée de Bayotte, vers Brofaye Baïnounk, dans les périphéries sud de Ziguinchor, les langues se délient au sujet de ce qui pourrait bien sous-tendre l'option de cette exécution sommaire des 13 personnes parties chercher du bois. Lors de leur point de presse d'avant-hier, lundi 8 janvier, le président du Collectif des cadres casamançais (CCC), Pierre Goudiaby Atépa a fait savoir que si le procureur de la République le souhaitait, ils lui donneront des noms des commanditaires du trafic de bois en Casamance. Cette perche tendue reste pointée au magistrat qui n'a pas encore manifesté le désir de s'en saisir.

La tuerie de Brofaye-Bayotte, intervenue samedi et ayant fait 13 morts et sept blessés, est l'une des résultantes de l'ampleur des coupes abusives des massifs forestiers en Casamance. Que de braquages, de kidnapping, de batailles rangées ont ponctué l'exploitation des forêts ces dernières années.

Dans l'extrême nord de Sédhiou, frontalier à la Gambie, des populations civiles ont spontanément mis en place une Association des volontaires pour la protection de l'environnement (AVPE) pour s'ériger en dernier rempart d'une forêt mutilée.

De leur côté, des factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), retranchées dans les bois, se sentaient menacées face à la coupe abondante du tapis vert au point d'en interdire l'exploitation. Mais, jusqu'ici, les mesures engagées dans la protection restent disproportionnelles relativement à l'enjeu de la sécurité et de la sureté du pays.

L'enjeu a fini de tisser des ramifications insoupçonnées aussi bien à l'intérieur du Sénégal qu'à l'étranger. La déclaration, lundi, des cadres casamançais, par la voie de Pierre Atépa Goudiaby, illustre à bien des égards la profondeur des racines du mal. Atépa indique, en outre, être dans les dispositions de donner au procureur de la République les noms des commanditaires du trafic de bois. Un appel du pied ou plutôt une perche tendue; voilà en tout cas une piste indiquée pour explorer ce dossier de vol de bois devenue hélas la sève nourricière du conflit indépendantiste en Casamance.

Il s'y ajoute une vulnérabilité économique des populations en zone de frontière les exposant à des propensions de corruption. Le Programme d'urgence de la modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA) pourrait être un début de solution si et seulement s'il est élargi à la question environnementale, dans l'équité et la justice sociale.

Sénégal

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