11 Janvier 2018

Mobiliser les fonds de la diaspora pour financer le développement

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Entre 2000 et 2013, les envois de fonds des 150 000 à 300 000 ressortissants comoriens vivant en France sont passés de 12,5 milliards à 59 milliards de francs comoriens (KMF), faisant des Comores le 4ème pays le plus dépendant au monde des transferts de la diaspora. La majorité de ces transferts privés, réalisés de manière informelle, a été destinée à la consommation familiale.

Les Comores devraient mettre à profit les envois de fonds et les compétences de la diaspora pour renforcer leurs capacités productives, a souligné M. Said Adejumobi, Directeur de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) en Afrique australe.

M. Adejumobi a tenu ces propos lors de la 21ème session du Comité Intergouvernemental d'experts qui a été récemment organisée à Moroni.

Il a ajouté que des études réalisées dans plusieurs pays africains montraient que les familles dépensent l'argent reçu de la diaspora pour subvenir à des besoins vitaux tels que l'alimentation et le logement. « Néanmoins, une fois ces besoins élémentaires satisfaits, il serait bon de consacrer une part plus importante de ces fonds à des activités telles que le développement des infrastructures locales, l'investissement ou la formation professionnelle ».

Son Excellence M. Azali Assoumani, Président de l'Union des Comores, a expliqué que compte tenu de la nature essentiellement privée des flux d'envois de fonds aux Comores, son gouvernement s'était engagé à mettre en place une politique nationale de développement encourageant l'investissement privé de la diaspora.

Le Président Azali souhaite renforcer le dialogue avec la diaspora comorienne afin d'identifier la manière d'orienter ces fonds vers les filières d'investissement et de développement. Il a par ailleurs demandé à la CEA d'accompagner son gouvernement dans l'élaboration d'un cadre qui permettrait de mobiliser plus efficacement les envois de fonds de la diaspora.

Exploiter les ressources de la diaspora pour diversifier et renforcer l'économie du pays nécessite toutefois la mise en place de certaines mesures, comme par exemple, l'amélioration du climat de confiance et la réforme des services bancaires et financiers nationaux.

Selon l'analyse réalisée par M. Abdou Katibou, Directeur Général de l'Agence nationale de promotion des investissements des Comores (ANPI), les transferts de fonds de la diaspora comorienne ne cessent d'augmenter. Ces transferts représentent un poids important dans l'économie comorienne. Les estimations de 2013 de la Banque Centrale des Comores montrent que ces fonds constituent environ 25 % du Produit Intérieur Brut, équivalent à 160 % des recettes budgétaires et 380 % de l'aide publique au développement. Les retombées positives des transferts de fonds de la diaspora sont loin d'être négligeables.

Le Rwanda et l'Ethiopie pourraient inspirer les Comores à travers leur expérience dans la mobilisation de leurs ressortissants qui travaillent à l'étranger.

En 2012, l'Ethiopie a mobilisé près de 600 millions de dollars. Ces fonds sont passés à 1,5 milliard de dollars en 2014 et 3,5 milliards de dollars en 2015. L'Ethiopie a ainsi réussi à mobiliser sa diaspora pour financer une partie de la construction du barrage « Grand Renaissance ». Une fois achevé, ce barrage constituera la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique avec une capacité de 5 250 mégawatts.

Quant au Rwanda, au cours des dernières décennies, le pays a pris des mesures pour inclure sa diaspora dans la vie du pays. « La diaspora pour nous est comme une des provinces du pays » a souligné M. Godfrey Kabera, Directeur Général de la Planification et de la Recherche en Développement au Ministère des Finances et de la Planification Economique.

Depuis le plus haut niveau de l'État, le Rwanda a su parler à ses ressortissants et leurs familles de façon à ce qu'ils consacrent une plus grande partie de leurs économies au financement de l'investissement, au développement des entreprises et à la création d'emplois. Le Président rwandais a ainsi effectué 11 visites dans des grandes villes du monde pour rencontrer la diaspora et les amis du Rwanda, l'objectif étant de présenter la stratégie nationale de développement et de les inviter à en faire partie.

L'attention accrue accordée aux envois de fonds ne devrait pas, toutefois, signifier qu'ils peuvent être considérés comme un substitut aux autres sources de financement du développement, qu'il convient de mobiliser de manière plus efficace, qu'il s'agisse des investissements directs étrangers, de l'aide publique au développement ou des ressources fiscales.

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