11 Janvier 2018

Burkina Faso: Lutte contre la malnutrition à l'Est - Des actions pour changer les comportements des populations

Le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé, du 12 au 14 décembre 2017 dans la région de l'Est, une caravane de presse. L'objectif était de faire le point de l'intervention de l'Etat burkinabè et ses partenaires dans le domaine de la nutrition.

La malnutrition demeure un problème de santé publique au Burkina Faso. Dans la région de l'Est, les différentes enquêtes nutritionnelles réalisées au cours des cinq dernières années ont permis de montrer des prévalences toujours élevées (34,6%) par rapport à la moyenne nationale (27,3%) et celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est de 30%.

Par ailleurs, la malnutrition, en 2017, a été l'une des principales causes d'hospitalisation et de mortalité infantile dans ladite région. C'est pourquoi, la lutte contre cette maladie fait partie des interventions « prioritaires » de la Direction régionale de la santé (DRS) et de l'ONG GRET avec l'appui de ses partenaires techniques et financiers notamment le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Dans l'optique de mesurer l'impact de ces interventions dans le domaine de la nutrition, le réseau Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé, du 12 au 14 décembre 2017 dans ladite région, une caravane de presse.

De l'avis du directeur régional de la santé de l'Est, Dr Salif Sankara, le gouvernement burkinabè et ses partenaires interviennent à tous les niveaux du dispositif de lutte contre la malnutrition à savoir la communication pour le changement de comportement, le dépistage, la Prise en charge des enfants qui souffrent de la malnutrition aigüe sévère (PCIMA), le renforcement des capacités des agents de santé communautaire, la supplémentation de la vitamine A et le déparasitage.

« Toutes ces actions ont permis d'améliorer de façon significative les prévalences de la malnutrition dans cette région, selon les enquêtes au cours des cinq dernières années.

Ainsi, la malnutrition chronique est passée de 44,8% en 2012 à 34,6% en 2016 et de 12,6% en 2012 à 8,6% en 2016 pour la malnutrition aigüe. Pour l'insuffisance pondérale, elle est passée de 33,7% en 2012 à 25,7% en 2016 », s'est-il réjoui.

C'est pourquoi, Dr Salif Sankara a exprimé sa reconnaissance à l'endroit des partenaires techniques et financiers en occurrence l'UNICEF. Selon lui, l'UNICEF fait partir des principaux partenaires de la DRS d'autant plus qu'elle apporte son soutien dans l'acquisition des intrants, le renforcement des compétences des acteurs de la santé et le processus institutionnel de coordination.

Les caravaniers se sont ensuite rendus dans les locaux de l'ONG GRET œuvrant dans le domaine de la nutrition. A entendre le coordinateur du GRET dans la province du Gourma, Adama Bayili, le professionnel du développement solidaire (GRET) couvre trois 3 districts sanitaires (Manni, Bogandé et Fada N'Gourma), 908 secteurs ou villages autour des aires communautaires de 75 formations sanitaires. Installée en 2009, elle vient en aide à plus de 18 605 femmes enceintes, 67 200 femmes allaitantes et 84 122 couples mère/enfants âgés de 0-23 mois de la région.

La diversification alimentaire

Selon lui, le GRET œuvre pour la prévention de la malnutrition à travers la Communication pour le changement de comportement (CCC), l'appui au système de santé dans le cadre du dépistage communautaire et la promotion des aliments fortifiés tels que le Misola et Yonhanma.

De son avis, le GRET a pour objectif de contribuer à la mise en œuvre de la composante communautaire du plan de passage à l'échelle de la promotion des pratiques optimales d'Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE).

Pour s'imprégner des réalités du terrain, les journalistes se sont enfin déportés dans la commune rurale de Matiacoali, situé à une centaine de km de Fada N'Gourma.

Dans cette localité, le GRET mène plusieurs activités de prévention de la malnutrition. Il s'agit notamment de l'animation dans les groupes d'apprentissage pour la promotion des pratiques optimales d'ANJE suivie d'une démonstration de préparation de la bouillie, des cinés-débats, des théâtres-forums et des dialogues communautaires afin d'améliorer la diversification alimentaire des enfants de 6 à 23 mois.

Outre, le GRET appuie les femmes à l'élevage des poulets, à la production de la patate douce à chair orange et aux micros-jardins. Il envoie des messages de sensibilisation « Allolaafia » aux femmes allaitantes et enceintes.

«Les actions ont eu un impact considérable dans la lutte contre la malnutrition, en ce sens que la prévalence de la malnutrition chronique est passée de 60% en 2010 à 34,6% en 2016, soit une baisse d'environ 50%.

Par ailleurs, le pourcentage des enfants de 0 à 23 mois ayant reçu le colostrum est de 94,8% contre 89,2% pour le taux national et celui des enfants âgés de 6 à 23 mois allaités ayant consommés au moins 4 groupes d'aliments est de 28% contre 22,8% pour le taux national.

Tous ces indicateurs montrent que les tendances se sont améliorées de façon significative dans la région de l'Est. C'est pourquoi, nous devrons féliciter les Partenaires techniques et financiers (PTF) », s'est-il réjoui.

Et ce fut l'occasion pour lui d'inviter les PTF à prendre en compte la composante multisectorielle afin de toucher d'autres domaines comme l'élevage, l'agriculture et l'éducation car, ces domaines permettront de faciliter l'impact de l'intervention de la lutte contre la malnutrition.

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