12 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: La société civile analyse le projet de loi de finances 2018/étape atelier d'analyse

Sur financement du Projet de Renforcement de la Redevabilité et de la gestion des Finances Publiques (Profit-Congo), la société civile, en collaboration avec le Comité d'Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF), dans le cadre du contrôle citoyen, a organisé hier, jeudi 28 décembre 2017, au Pullman Hôtel, une conférence de presse avec comme thème : «Regards du citoyen sur le projet de loi de finances 2018, analyse budgétaire de la société civile».

Cette analyse, à entendre les organisateurs, est menée au moment où le Gouvernement s'est fixé, en cette phase historique du pays, quatre objectifs essentiels, à savoir : l'organisation des élections crédibles, libres, transparentes et apaisées ; l'arrêt de la dégradation de la situation économique du pays ; l'amélioration des conditions de vie de la population ainsi que la restauration de la sécurité des personnes et de leurs biens sur l'ensemble du territoire national. Six secteurs prioritaires ont été ciblés. Il s'agit de la santé, l'éducation, l'agriculture et développement rural, les mines, la sécurité et les infrastructures et travaux publics.

Dans son speech, Baby Vangu, Coordonnateur Adjoint du Coref, a souligné que la présentation du rapport d'analyse du projet de loi de finances 2018 par les organisations de la société civile est un exercice très important dans la transparence et de redevabilité dans la gestion des finances publiques en RD. Congo.

Cette activité, dit-il, contribue à matérialiser l'objectif global du Projet Profit-Congo qui consiste à améliorer la crédibilité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des finances publiques au niveau central, provincial et celui des entités territoriales décentralisées.

Contenu du rapport

2018 étant une année électorale, les prévisions de dépenses pour la CENI se chiffrent à 966.546.601.546 FC, soit 533.002.427 USD au taux moyen de 1813,4 FC pour un dollar. A cet effet, la société civile constate qu'en dépit de ses recommandations faites sur le projet de loi de finances 2017 à ce propos, les dépenses exceptionnelles de la CENI présentées comme celles liées aux opérations électorales représentent 95% des allocations lui accordées qui ne sont pas ventilées dans la loi de finances 2018. Ce qui, selon elle, traduit un déficit de transparence des finances de la CENI.

Pour les prévisions en recettes pour l'exercice 2018, la société civile s'inquiète de la baisse des recettes, 10.313.285.661.199,3 FC, soit une régression de 10,5% par rapport à 11.524.534.946.590FC voté en 2017.

Par ailleurs, la société civile constate le faible niveau de mobilisation des recettes dû principalement au coulage comprenant la négligence des régies et des services d'assiette dans le recouvrement des impôts et taxes.

Secteurs prioritaires

Pour la santé, la société civile constate une légère augmentation du taux, soit 7, 9% en 2017 à 8,14% en 2018.

Au sujet de l'éducation, la société civile note une augmentation de 5,69% dans le budget 2018.

Pour le secteur de l'agriculture, elle note une réduction de 69%. 263.023.404.998 FC en 2018 contre 845.515.036.037 FC en 2017.

Côté développement rural, une légère augmentation a été constatée, soit 2,1% en 2017 à 2,2% en 2018.

S'agissant des mines, la société civile note un accroissement de 87% en 2018, soit 22.348.307.751 FC en 2017 contre 41. 808.555.964 FC en 2018.

Concernant la sécurité, elle constate une diminution de 11,41% malgré que 2018 est une année électorale.

Enfin, elle constate une baisse du budget des Infrastructures et travaux publics, soit 4,5% en 2018 contre 14% en 2017.

Recommandations

Au regard de ce qui précède, la société civile a formulé des recommandations suivantes.

Pour la santé, elle recommande l'augmentation du budget de de l'ordre de 12% en 2018, 13% en 2019, 14% en 2020 et 15% en 2020.

De l'éducation, augmenter le budget à 20% en vue d'assurer le respect du protocole d'Incheon dont la RD. Congo est signataire.

De l'agriculture, elle recommande l'allocation de 8% du budget national en 2018 et atteindre 10% comme exigé dans le protocole de Maputo d'ici 2020.

Au développement rural, elle demande au Gouvernement d'augmenter progressivement le budget au lieu de le minorer davantage afin d'atteindre 10% en 2020.

Aux mines, elle demande la réduction des frais de fonctionnement du cabinet ministériel à la hauteur de 30% au profit des services d'appoint.

A la sécurité, elle demande l'augmentation du montant de l'enveloppe budgétaire allouée à la rubrique investissement sur ressources propres.

Et pour les infrastructures, allouer les moyens conséquents à la DEP pour faciliter ses tâches relatives à l'élaboration, au suivi et à l'évaluation des politiques dans le secteur.

Ont pris part à cette conférence, le Professeur Florimond Muteba, Président du Conseil d'Administration de l'ODEP, Bishop Djamba Samba wa Shako, Directeur Exécutif du REGED, des partenaires techniques et financiers et autres.

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