16 Janvier 2018

Madagascar: Violation de la Constitution - Omer Beriziky interpelle la HCC

interview

Selon l'ancien PM, le principe de la séparation des pouvoirs est maintes fois bafoué par les dirigeants actuels.

Alors que le président national du HVM Rivo Rakotovao ne cesse d'insister sur la nécessité, notamment pour les adversaires politiques du régime, de se conformer aux lois en vigueur, l'ancien Premier ministre Jean Omer Beriziky affirme que ce sont les dirigeants actuels qui sont champions en violation de la Constitution. Il interpelle ainsi la HCC. Interview.

Le président de la République n'a pas caché son intention de réviser l'actuelle Constitution. Qu'en pensez-vous ?

« On en parle encore alors que cette velléité affichée au premier trimestre, contestée par la grande majorité des citoyens (société civile, classe politique, communauté internationale, simples citoyens... ) était apparemment écartée. Les rumeurs vont bon train et l'instabilité politique qui en est le corollaire est un risque dont il faut prendre la mesure : Gouverner, c'est prévoir », dit-on. Le président de la République actuel étant ministre des Finances et du Budget en 2010, se trouvait au cœur de l'élaboration et du vote de cette loi fondamentale ; pourquoi se sent-il aujourd'hui obligé de la modifier ? Pour quelles fins inavouées ? »

Pour vous, l'actuelle Constitution est-elle respectée comme il faut par les dirigeants ?

« Tenter de modifier la loi fondamentale à la veille d'une élection majeure pour le pays n'est pas acceptable. Ce sont des pratiques d'un autre âge. Comment pourrait-on croire que ces modifications ne sont pas destinées à maintenir une personne et un clan en place ? Il faut mettre un terme aux entorses à la Constitution, pour ne citer que l'article 54 et le refus volontaire de la mise en place de la Haute Cour de Justice et de la signature du décret de désignation et de constatation des élections des membres du Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l'Etat de Droit, malgré les recommandations du comité des droits de l'Homme de Genève. La HCC a été, chaque fois, complice de ce non-respect de la loi fondamentale en inventant ce pacte de responsabilité, dont personne n'a pu en voir le contenu. La HCC doit prendre définitivement conscience de l'importance de son rôle et de sa responsabilité devant la Nation.»

« L'éventualité d'un accord politique a été évoquée ces derniers temps. Qu'en dites-vous ?

Un accord politique n'est pas opportun. Celui-ci ne ferait que nous replonger dans une nouvelle transition, avec toutes les conséquences de fait et de droit que cela impliquerait, de même les préjudices économiques qu'elle pourrait causer. Sous la Transition, je pense avoir rempli la principale mission qui m'avait été confiée à la tête d'un gouvernement d'union nationale. On a pu organiser des élections libres et transparentes qui ont permis à Madagascar de retrouver l'ordre constitutionnel et sa place dans le Concert des Nations. Il est donc plus que temps que les responsables actuels respectent notre Constitution et nos lois et, à leur tour, organisent des élections inclusives, libres et transparentes. »

L'éligibilité de l'ancien président Marc Ravalomanana suscite également ces derniers jours des polémiques. Votre point de vue ?

« Monsieur Marc Ravalomanana n'est pas définitivement condamné. Il est donc plus que temps de lui signifier une éventuelle condamnation afin qu'il puisse s'y opposer et s'en défendre, dans un procès juste et devant un tribunal compétent. Si seulement le président de la République avait accompli son devoir vis-à-vis de la Constitution au sujet de la mise en place de la HCJ, il n'y aurait pas eu d'interrogations à propos des procédures. Ou alors de le laisser, pour ce dossier, définitivement tranquille. En paraphrasant Voltaire, je pourrais dire : je n'ai pas été souvent d'accord avec Marc Ravalomanana, mais je me battrai pour qu'il puisse se défendre. »

La mauvaise gouvernance financière pratiquée par le régime en place est maintes fois dénoncée par la classe politique et la société civile. Votre réaction ?

« C'est de notoriété publique que certains responsables au niveau de plusieurs ministères, conscients que c'est leur dernière année de responsabilité, désirent s'en mettre plein les poches. Des témoignages sont régulièrement exprimés en ce sens. Je demande alors aux personnes informées de se rapprocher du Bianco. Le ministère de l'Education nationale ne fait pas exception à cette fièvre mêlant corruption et détournements. Des milliards d'ariary y sont détournés par un petit groupe d'initiés. Il n'est plus question de laisser passer ces gabegies. Ce genre de situation ne peut plus durer. »

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