16 Janvier 2018

Burkina Faso: Groupe parlementaire CDP - «En 2020, nous serons au pouvoir... »

Au cours de cette session dite budgétaire, les 127 députés ont eu à examiner et adopter 14 lois et 5 résolutions. Elle a aussi enregistré 4 questions d'actualités, 8 questions orales et une question écrite transmise au gouvernement. Les députés du groupe parlementaires du CDP ont participé « activement » à cette session en posant trois questions orales et une question d'actualité. Outre cela, les parlementaires du parti ont participé aux trois commissions d'enquêtes parlementaires : sur le système de l'enseignement, sur la réalisation d'infrastructures publiques et sur le système de santé au Burkina Faso.

Le groupe CDP a également proposé une loi pour revenir sur « la loi Chériff » qui avait exclu ceux qui ont soutenu la modification de l'article 37 de la Constitution à la présidentielle et aux législatives de novembre 2015. Cela n'a pas prospéré car on leur a fait savoir que cette disposition concernait uniquement l'élection de 2015. Cependant, les parlementaires CDP ont promis de revenir à la charge à la rentrée parlementaire prochaine pour avoir des garanties claires.

Cette session a été aussi marquée par le vote de la loi de finance portant exécution du budget de l'Etat gestion 2018. Le CDP avait voté contre ce projet de loi car elle trouve qu'elle ne peut conduire le Burkina Faso au développement espéré. A titre d'exemple, le groupe estime que « les prévisions au titre des recettes fiscales ne semblent pas d'une grande sincérité au regard du niveau réel des recouvrements des capacités des régies de recettes et des difficultés qu'éprouve le gouvernement dans la mise en œuvre des mesures fiscales adoptées ». Aussi, Blaise Sawadogo, président du groupe parlementaire a fait remarquer que « la non prise en compte de façon énergétique des conséquences du déficit céréalier de la saison 2017-2018 par ce budget laisse entrevoir de grosses difficultés pour soutenir les populations pendant la période de soudure ».

D'un point de vue global, les députés du CDP sont satisfaits de leur participation à cette deuxième session ordinaire de l'année 2017 car « elle a été productive de par la pertinence des lois votées, l'importance stratégique des secteurs ciblés par les enquêtes parlementaires et l'intensité des travaux ».

La note négative est liée à l'indisponibilité des membres de l'exécutif dans les réponses aux questions orales et d'actualité. Pour preuve, Blaise Sawadogo a indiqué que sur la soixantaine des questions orales prévues, seulement 8 ont pu être posées. « Il est souhaitable que les ministres accordent une importance à cet exercice pour permettre aux députés d'assurer leurs missions de contrôle de l'action gouvernementale », a souhaité M. Sawadogo.

Interrogé sur l'analyse de la gouvernance actuelle de l'Assemblée nationale par Alassane Bala Sakandé, le député Blaise Sawadogo a indiqué qu'il était trop tôt pour apprécier la gestion d'une personne en quatre mois mais il retient juste qu'au début il a voulu « faire du Salif Diallo sans Salif Diallo ». Quant à la création du nouveau groupe parlementaire UPC/RD à l'Assemblée nationale, le CDP estime que leur départ de groupe « originel » de l'UPC a affaibli l'opposition parlementaire parce que le nouveau groupe accompagne pratiquement la majorité parlementaire. Cependant, Blaise Sawadogo a précisé que l'opposition s'est réorganisée et s'est adaptée à cette nouvelle donne.

Interpellé sur des questions d'actualité surtout sur la marche de la nation, le groupe parlementaire trouve que le parti au pouvoir et l'actuel gouvernement ont du mal à conduire la barque Burkina Faso à bon port au vu de son incapacité à trouver des réponses aux revendications des travailleurs de l'éducation et de toutes les couches sociales. Pour son premier responsable, le CDP à la place du MPP fera mieux et il a promis qu'en 2020, le CDP reviendra au pouvoir pour y insuffler une nouvelle dynamique.

« En 2020, si des situations de ce genre se posent, nous allons répondre et de manière conséquente et responsable parce qu'en 2020, nous serons au pouvoir avec une autre dynamique et une autre perception. Pour nous, c'est au MPP et à son gouvernement de gérer la situation, de trouver les voies et moyens pour nous sortir de là et nous réaffirmons que les enseignants sont dans leur droit » a dit Blaise Sawadogo.

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