17 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Décrispation de la situation politique - Une journée de solidarité avec les prisonniers et exilés politiques congolais

L'année 2018 étant considérée comme une année électorale, le président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj), Me Georges Kapiamba, estime qu'il est important d'apaiser les esprits avant d'arriver aux élections.

Il a ainsi promis de mener un plaidoyer en vue d'obtenir l'élargissement des prisonniers et le retour sans inquiétude des exilés pour leur permettre de participer au processus électoral en cours et d'avoir des scrutins apaisées et crédibles.

Me Georges Kapiamba a organisé, le 13 janvier, au Centre Caritas, à Kinshasa-Gombe, une « Journée de solidarité avec les prisonniers et exilés politiques ». Parmi les prisonniers et exilés politiques, des cas emblématiques ont été relevés, dont Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Elie Kapend, Moïse Katumbi.

L'objectif poursuivi par l'Acaj est d'obtenir notamment la décrispation de la situation politique avant la tenue d'élections en vue de s'assurer de leur transparence, leur caractère démocratique, bref, de leur crédibilité. « Le pays ne peut pas aller aux élections avant de résoudre les préalables de la mise en œuvre des volets de décrispation politique qui passent par la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés mais aussi la réouverture des médias », a souligné le président de l'Acaj, qui espère aussi reprendre rapidement les discussions avec les autorités congolaises à ce sujet. « Nous souhaitons commencer avec eux un dialogue autour de cette problématique des détenus ou des prisonniers politiques sans oublier les exilés », a expliqué Me Georges Kapiamba.

Application de l'Accord de la Saint-Sylvestre

Devant le président du Rassemblement, Félix Tshisekedi, et le président du Comité de sages de cette méga plate-forme, Pierre Lumbi, l'épouse du président de la Démocratie chrétienne (DC), Patrizia Diomi, et tant d'autres invités parmi lesquels les députés nationaux et sénateurs, Me Georges Kapiamba a indiqué que la journée ne faisait que plaider pour l'application de l'Accord de la Saint-Sylvestre, principalement dans son volet « décrispation » de la situation politique. Notant que cette disposition de l'accord signé le 31 décembre 2016 n'a jamais été appliquée, le président de l'Acaj a rappelé que des cas dits « emblématiques » n'ont toujours pas été traités, alors qu'ils devraient l'être dès le lendemain de la signature de ce compromis sous l'égide de la Cénco.

Pour Me Georges Kapiamba, en effet, sans la décrispation politique, « il n'y aura pas d'élections libres, démocratiques et transparentes » telles qu'attendues dans le pays. Le souhait, a-t-il dit, est la libération de ces prisonniers politiques ainsi que le retour au pays sans inquiétude de ceux qui se sont exilés. Le juriste a, par ailleurs, promis d'exercer une pression, au cours de cette année électorale, pour que les prisonniers politiques soient libérés et que les exilés retournent au pays, en vue de prendre part au processus électoral.

La justice comme valeur principale déclenchant la paix

Le Pr Jacques Ndjoli, qui est intervenu sur la « Justice, un service public essentiel pour la consolidation de la démocratie », a noté que « la recherche de la justice et de la démocratie semble être la trame de l'histoire politique de la RDC ». Il a ici fait allusion aux martyrs de l'indépendance, aux massacres des étudiants, des chrétiens du 16 février 1992, des différentes répressions qui jalonnent l'histoire politique et sociale de la RDC, etc.

Ce scientifique et cadre du Mouvement de libération du Congo a martelé que la justice est une valeur principale qui déclenche la paix. Celle-ci, a-t-il soutenu, amène le travail en vue d'un développement intégral. De son avis, l'État de droit était un État démocratique. « Il est l'outil de la démocratie », a-t-il insisté.

Dans le témoignage de Jean-Bertrand Ewanga de l'Alternance pour la République, l'assistance s'est rappelée que le président de la DC, le député national Eugène Diomi Ndongala Nzomambu, a été privé de sa liberté à cause de ses ambitions présidentielles aux prochaines élections, de même que Moïse Katumbi en exil. Ancien prisonnier, Ewanga dit avoir été bien accueilli à la prison centrale de Makala par Diomi, et lui-même a accueilli Muyambo, qui a fait autant pour Franck Diongo...

Dans la suite des témoignages sur les cas dits emblématiques, qui transpirent des motivations politiques, le vice-président du G7, Christophe Lutundula, a témoigné sur l'exilé politique Moïse Katumbi, alors que le secrétaire général de la DC, Magloire Kasongo, l'a fait pour Eugène Diomi Ndongala, et Papy Boyimbo pour Jean-Claude Muyambo.

Le rapatriement de la dépouille de feu le président de l'Udps, Étienne Tshisekedi, les droits de l'homme, etc., ont notamment été d'autres sujets développés lors de cette rencontre.

Trois cent cinquante-huit prisonniers dits politiques ou d'opinion en RDC

Il est noté que l'Acaj a recensé trois cent cinquante-huit prisonniers dits politiques ou d'opinion en RDC, soit cent trente-cinq de plus qu'au 31 décembre 2016, date de la signature de l'Accord politique de la Saint-Sylvestre. Ce dit accord, rappelle-t-on, avait demandé à la Cénco, entre autres, de poursuivre ses bons offices auprès des autorités congolaises pour le suivi et la résolution effective des cas considérés comme emblématiques. Il s'agit notamment du cas de l'opposant Moïse Katumbi, en exil depuis mai 2016, et celui de l'ancien bâtonnier Jean-Claude Muyambo, arrêté en janvier 2015, ainsi que celui du député national Eugène Diomi pour lequel même le Conseil international des droits de l'homme avait demandé l'annulation de sa condamnation, sa libération et son indemnisation par la RDC.

Dans son dernier rapport, présenté le 9 janvier au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a, quant à lui, considéré qu'« aucun progrès véritable » n'a été accompli dans la mise en œuvre des mesures de décrispation du climat politique en RDC.

Il est également rappelé que le Conseil national de suivi de l'Accord politique de la Saint-Sylvestre dit, de son côté, avoir entamé des contacts en vue d'obtenir certaines libérations.

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