18 Janvier 2018

Ile Maurice: Berguitta - Premier «gros cyclone» des moins de 20 ans ?

La menace Berguitta est bien là. Sur les réseaux sociaux, chacun y va de sa propre théorie et conclusion sur la tempête tropicale. Si bien que la peur s'est installée. «Ki, vremem siklonn-la pé vinn for ?» demandent les jeunes que nous avons rencontrés.

Le dernier cyclone à atteindre le niveau d'alerte 4 était Dina, en janvier 2002. Seize ans de cela. Et le dernier «gros» cyclone que le pays a connu est Hollanda, en février 1994. Soit il y a 24 ans. Ce qui fait que les jeunes mauriciens, surtout les moins de 20 ans, ne connaissent pas vraiment les effets et dégâts associés au passage d'un cyclone. Beaucoup de ces jeunes ne se souviennent pas vraiment de Dina, car ils étaient encore tout petits.

Yemla Veerapen, élève au collège Monneron de Port-Louis, souligne qu'elle est à la fois triste et contente de ce congé forcé. Elle a néanmoins une pensée spéciale pour les gens démunis. «J'entends les gens dire que ce cyclone ressemble beaucoup aux gros cyclones d'antan, comme Carol (NdlR, 1960) et Hollanda. Mais je ne les ai pas connus et je n'imagine pas vraiment l'importance des dégâts que Berguitta va causer», explique la jeune fille, âgée de 18 ans. Sinon, pendant cette journée cyclonique, cette habitante de La-Tour-Koenig a décidé qu'elle passera la journée à la maison, à revivre «létan lontan» avec ses parents, son frère et son grand-père. «On trouvera des choses intéressantes à faire, comme raconter des histoires.»

«J'avais à peine cinq ans»

«En 20 ans, je n'ai jamais connu d'alerte cyclonique de classe 4 à l'île Maurice», lance Melika Sanassy. Tout comme Yemla Veerapen, elle ne se rend pas vraiment compte des dégâts que cela peut causer à notre pays. Mais elle garde un petit souvenir amusant de Dina. «Quand Dina a frappé Maurice en 2002, j'avais à peine 5 ans. Pour moi, c'était trop chouette d'avoir une torche et d'aider maman qui préparait de bons petits plats tels que le traditionnel farata et poulet au curry. Je me souviens qu'on mangeait à la lumière des bougies et j'adorais ça», relate la jeune femme.

Mais maintenant, devenue adulte, penser au cyclone lui donne des frissons. Elle pense surtout aux gens qui vivent dans des conditions difficiles et aux animaux qui n'ont pas d'abris sûrs. Elle espère que ce cyclone ne va pas détruire tout ce que les familles mauriciennes ont mis du temps à construire.

Du côté de Tranquebar, un groupe de jeunes se prépare à jouer au foot. L'un d'eux, Hansley Sebastien, âgé de 20 ans, explique qu'il ne saura quoi faire pendant le cyclone. «S'il n'y a plus d'électricité, il n'y aura pas de connexion Internet. On sera désoeuvré. Nos parents nous diront de ne pas aller dehors et on ne pourra pas jouer au foot», avance-t-il. En écoutant les infos et en suivant les prévisions de la météo, il comprend, cependant, l'ampleur de Berguitta. «Mo koné zafer-la pé vinn seryé.»

Il y a aussi les plus jeunes, qui ne réalisent pas les dégâts que ce cyclone peut causer, à l'instar de Kayla Heureuse. Pour l'adolescente de 13 ans, ce cyclone veut dire congé forcé et passer des heures dans son lit, à dormir. «Je trouve cela amusant car c'est maintenant que je vis mon premier cyclone. Je passerai la journée à dormir ou à regarder tomber la pluie par la fenêtre», explique la collégienne du Lorette de Rose-Hill. Elle a une petite pensée pour les sans-abri.

Stacy Laville avait 4 ans lors du passage de Dina. «Il a été mon premier cyclone et dehors, branches et feuilles voltigeaient au gré du vent. Mais j'étais en sécurité chez moi. J'ai eu de la chance d'avoir été à l'abri avec mes parents», dit cette habitante de Mont-Roches, âgée de 20 ans. Mais aujourd'hui, avec du recul, elle pense aux gens qui ne seront pas en sécurité «Je pense à ceux qui n'ont pas de toit, qui chercheront de l'aide, non seulement pour eux mais aussi pour leurs enfants. Ma plus grande crainte serait de vivre un ouragan ou un typhon», ajoute-t-elle.

Ishrat Mastan, 18 ans, trouve, lui, la situation excitante. Il affirme que chez lui, ils ont déjà acheté les bougies, les piles et les torches pour d'éventuelles coupures d'électricité. «Bon, pour les coupures, ça fait un peu peur, surtout qu'il n'y aura ni Wi-Fi ni télévision.» Un autre jeune de 18 ans, Jordan Edwards, exprime son inquiétude sur ce que nous réserve le cyclone. «Je pense qu'il y aura peut-être des coupures d'électricité. C'est ce que j'ai entendu du moins. Je suis surtout très triste pour ces gens qui n'ont pas la chance que j'ai d'être au chaud, dans une maison... »

Ile Maurice

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