18 Janvier 2018

Afrique: Sept priorités pour l'Union africaine en 2018

Photo: New Times
Le président Kagame et d'autres chefs d'État et de gouvernement lors du 5e sommet Union africaine-Union européenne - archives

L’année 2018 pourrait apporter des changements majeurs pour l’Union africaine (UA) qui se propose de mettre en œuvre un large programme de réformes institutionnelles et financières.

A la fin du mois de janvier, le président du Rwanda Paul Kagame, initiateur et chef d’orchestre de ce processus, reprendra la présidence de l’Assemblée de l’UA, l’organe suprême de décision de l’organisation, ce qui implique que ces réformes seront une des priorités de l’UA. Les changements qui seront opérés sont essentiels pour la santé à long terme de l’organisation, mais leur mise en œuvre ne sera pas une mince affaire. Le président Kagame, qui travaille étroitement avec le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, devra veiller à ce que cela ne consume pas toute l’énergie dont l’UA a besoin pour mener ses autres tâches essentielles comme la prévention et la résolution des conflits continentaux.

Moussa Faki lui-même, depuis qu’il a pris ses fonctions en mars 2017, a clairement mis l’accent sur la paix et la sécurité, contrairement à son prédécesseur Nkosazana Dlamini Zuma, qui avait tenté de réorienter l’organisation vers un développement à long terme. Au cours de sa première semaine, Moussa Faki s’est rendu en Somalie, Sept priorités pour l’Union africaine en 2018 Briefing Afrique de Crisis Group N°135, 17 janvier 2018 Page 2 où la force de l’UA lutte encore contre l’insurrection persistante des Chabab. Lors de sa deuxième semaine, il s’est rendu au Soudan du Sud, où se déroule le conflit le plus sanglant du continent. Ces visites, ainsi que son déplacement en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger), donnent une indication des priorités de Faki en matière de paix et de sécurité. En outre, il a œuvré au renforcement des relations avec les deux partenaires stratégiques de l’UA les plus importants – l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE).

En avril, il a signé le Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, qui devrait améliorer la collaboration entre les deux organisations. Faki a joué un rôle majeur dans la restauration des relations avec l’UE, qui avaient atteint leur nadir en 2016, du fait de désaccords relatifs au paiement des salaires des soldats de la mission de l’UA en Somalie (AMISOM). Les discussions qui ont précédé le sommet UA-UE de novembre semblent indiquer qu’un accord similaire à celui qui a été conclu entre l’UA et l’ONU sera adopté en 2018. La création du groupe de travail conjoint sur la migration de l’UA, l’UE et l’ONU, mis en place dans le contexte du choc suscité par les enchères d’esclaves en Libye, est une démarche positive qui pourra se reposer sur les forces de chacune des institutions qui le composent.

A l’heure où l’UA réévalue ses partenariats avec d’autres organisations multilatérales et avec des Etats non africains en 2018, elle devrait se baser sur ces récents succès et ne pas négliger ses relations avec l’UE et l’ONU. Le paysage géopolitique, déjà sombre lorsque Faki a pris ses fonctions en mars, s’est encore obscurci. Les tensions entre les pays du Golfe – en particulier entre l’Arabie saoudite et ses alliés d’un côté et le Qatar de l’autre – se sont étendues à la Corne de l’Afrique, ce qui a renforcé l’instabilité en Somalie et exacerbé les points de friction de part et d’autre du Nil, entre l’Egypte et l’Ethiopie, qui ont pris des positions contraires. Les divisions entre les grandes puissances au sein du Conseil de sécurité rendent la recherche de consensus particulièrement difficile en cas de crises, comme celles qui se déroulent en Afrique.

Tandis que le président des Etats-Unis Donald Trump a largement ignoré l’Afrique, les opérations de lutte contre le terrorisme engagées par son administration risquent de compliquer davantage les crises en cours en Somalie et au Sahel si les Etats-Unis ne soutiennent pas davantage les efforts de paix. Confrontée à de nombreux enjeux de paix et de sécurité, l’UA devrait se concentrer à la fois sur les crises les plus graves de l’Afrique et sur celles dans lesquelles l’organisation continentale a un rôle actif à jouer. Partant de ce postulat, ce briefing revient sur les priorités de l’UA en 2018. Parmi ces priorités figurent les importants efforts de réforme, la nécessité de contenir les frictions entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) pour qu’elles ne perturbent pas les travaux de l’organisation ; aider à résoudre ou à éviter d’éventuelles crises liées aux élections en RDC, au Cameroun, au Mali ou au Zimbabwe et gérer les conflits en République centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud.

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