18 Janvier 2018

Congo-Kinshasa: Crise humanitaire - L'ONU a besoin de 1,37 milliard d'euros pour sauver des vies

La situation a atteint un « point de rupture » et s'est nettement détériorée en 2017 en raison de la grave escalade du conflit et de l'insécurité généralisée.

La situation humanitaire en RDC est de plus en plus préoccupante. Elle a même atteint un « point de rupture » de mauvais augure. Depuis les années 2016-2017 caractérisées par une grave escalade du conflit sur fond d'une insécurité généralisée, notamment au Kasaï avec le phénomène Kamuina Nsapu, la RDC a des difficultés à se relever au plan humanitaire. Les dégâts causés sont immenses. Au centre du pays, des analystes redoutent d'ores et déjà la montée d'une famine aux conséquences incalculables. Dans cette région où 90% des communautés rurales dépendent de l'agriculture, les denrées alimentaires risquent de se faire rares dans les prochains mois, avertissent les spécialistes.

En effet, trois saisons agricoles successives ont été manquées par les agriculteurs contraints d'abandonner leurs champs à cause des affrontements entre les Fardc et les miliciens de Kamuina Nsapu, entre avril et mai 2017. L'insécurité ayant prévalu dans la région empêchait toute activité agricole dans cette partie du pays, mais aussi l'accès par les ONG humanitaires aux sinistrés. D'où les carences importantes observées ces derniers jours concernant les disponibilités alimentaires dans la région. Il est fait état de 3,2 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire.

A la suite de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme alimentaire mondial (PAM) qui, dans un communiqué conjoint, ont lancé un appel d'urgence pour prévenir la famine dans la région du Kasaï, les Nations unies viennent également de se mettre au pas. Elles ont, pour leur part, lancé depuis le17 janvier un appel de fonds de 1,68 milliard de dollars (1,37 milliards d'euros) pour ses opérations humanitaires en RDC cette année. « Si nous n'obtenons pas un tel niveau de financement, des gens vont mourir », a déclaré le représentant de l'agence de l'ONU pour les migrants dans ce pays, Jean-Philippe Chauzy, qui parle d'un véritable défi face à l'ampleur de la crise. Ce cadre onusien ne s'explique pas qu'en si peu de temps, la crise humanitaire s'aggrave au point de mettre en danger la vie des milliers des personnes.

Et d'après l'Unicef, au moins quatre cent mille enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë sévère et « risquent de mourir, à moins de recevoir de toute urgence une aide en matière de santé, d'eau, d'assainissement et de nutrition ». Autant dire que l'urgence s'impose. D'où le plaidoyer des humanitaires invitant le gouvernement congolais et la communauté internationale à se réengager sur tous les fronts pour prévenir une famine majeure au Kasaï.

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