19 Janvier 2018

Tunisie: Une initiative pilote pour soutenir la décentralisation

Avec l'approche des élections municipales, le développement local constitue un axe fondamental d'intervention des nouvelles institutions qui seront mises en place.

Un objectif qu'elles doivent concrétiser, prenant compte les spécificités de chaque zone concernée, avec l'objectif de créer de l'emploi et de combattre la marginalisation dont plusieurs régions souffrent jusqu'à maintenant. Le développement local intégré est une chance de plus pour ces régions, étant une approche qui exploite tous les mécanismes nécessaires pour résoudre la problématique du sous-développement.

Cette approche a été adopté dans le cadre du projet «Création d'emplois et accompagnement à la réinsertion professionnelle en complétant les dispositifs de l'Etat» qui vient de prendre fin et a fait l'objet d'une évaluation, hier, dans le cadre d'un séminaire de clôture en présence de Zied Laâdhari, ministre de l'Investissement, du Développement et de la Coopération internationale, et de Patrice Bergamini, ambassadeur de l'Union européenne en Tunisie.

Ce projet constitue une composante du programme d'appui au développement des zones défavorisées, financé par l'Union européenne. Il a été lancé au lendemain de la révolution de 2011, ciblant cinq régions intérieures, à savoir Siliana, Le Kef, Kasserine, Sidi Bouzid et Gafsa. Il s'appuie sur trois axes fondamentaux, à savoir la valorisation des ressources locales, la formation des acteurs et l'appui à la création d'emplois productifs ainsi que l'accroissement des revenus locaux.

"Il s'agit d'un projet très important pour les régions concernées. Il a permis de créer près de 1.000 emplois pour des financements de 15 millions de dinars, à travers la valorisation du potentiel de ces régions et des matières premières disponibles, comme le le lait pour les fromageries, les fruits pour les unités de transformation, etc.", a indiqué M. Laâdhari.

Appui technique

En fait, les bénéficiaires du projet ont été techniquement appuyés à travers une formation diplômante et un accompagnement adapté ainsi que de dotations en équipements de production et un aménagement selon les normes sanitaires des espaces de transformation. Selon Jad Boubaker, coordinateur principal au Bureau international de travail (BIT) en Tunisie, le projet a permis la création de six unités de valorisation des produits locaux. Il a également permis à près de 200 femmes rurales de suivre des formations dans les centres de formation professionnelle agricole et les centres sectoriels spécialisés et d'être certifiées. Ainsi, M. Laâdhari a insisté sur l'importance de capitaliser sur les avantages comparatifs des régions, sur les chaînes de valeur régionales et sur les ressources humaines.

De son côté, M. Bergamini a indiqué que l'Union européenne œuvre toujours à appuyer le processus démocratique en Tunisie et à travailler sur le terrain pour faire la différence. «Je voudrais faire passer deux messages politiques. Premièrement, ne perdons pas de temps. Deuxièmement, ne doutons pas. La Tunisie a besoin de ses partenaires. L'Europe a besoin de la Tunisie et du succès de la transition démocratique tunisienne. Je n'ai aucun doute sur les vertus de la démocratie tunisienne et je dis qu'il faut focaliser sur le verre à moitié pleine plutôt que le verre à moitié vide», lance-t-il, ajoutant que la Tunisie sera bientôt retirée de la liste des paradis fiscaux.

Valorisation des richesses

C'est dans le cadre de cette approche que l'Union européenne a fait appel au BIT pour la mise en œuvre du nouveau projet "Initiative intégrée pour un développement local intégré", s'inscrivant dans le cadre de l'appui au processus de décentralisation en Tunisie. Il sera mis en œuvre par le BIT en étroite collaboration avec le ministère des Affaires locales et de l'Environnement.

Il est à noter que l'objectif de ce nouveau projet est de soutenir le processus de décentralisation et de créer une dynamique économique locale génératrice d'emplois décents dans les 12 communes nouvellement créées dans quatre gouvernorats : Jendouba, Kasserine, Gafsa et Tataouine. Il vise à accompagner les nouvelles équipes communales, à apporter une réponse intégrée fondée sur la valorisation des richesses locales et à la création de PME. Les interventions seront axées sur l'infrastructure et adopteront la méthodologie de la Haute intensité en main-d'œuvre (Himo), associant la formation professionnelle et le développement du secteur privé. Le projet s'étendra de 2018 à 2022, avec un financement qui s'élève à 9 millions d'euros, selon M. Boubaker.

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