19 Janvier 2018

Burkina Faso: Grève des enseignants - Seul le dialogue peut tout !

billet

Depuis un certains temps, j'observe avec beaucoup d'attention ce qui ressemble à une bras de fer entre le gouvernement et les syndicats de l'éducation. Je m'étais jusque-là gardé d'en piper mot.

Mais au regard de l'allure que prennent les choses, je ne peux rester silencieux, tant le risque est grand que l'année en cours devienne « blanche ». Et là, personne n'y a intérêt. Même pas moi fou qui, laissez-moi vous le dire, supporte bon an mal an la scolarité de mes trois enfants. C'est pourquoi avant tout propos, je salue les deux parties (gouvernement et syndicats de l'éducation) qui n'ont pas rompu le dialogue.

Car, comme vous le savez, on ne peut résoudre aucun problème quand on refuse de se parler. La guerre, dit-on, même après les victoires les plus éclatantes, finit toujours autour d'une table de négociations. Cela dit, je souhaite que soit trouvée le plus rapidement possible, une solution. Car, il faut le dire, j'ai mal quand chaque matin, je vois des enfants, sac au dos, tourner dans la rue au motif que leurs enseignants sont en grève. J'ai mal quand j'entends certains élèves dire qu'ils font cours sans évaluation. J'ai mal quand j'entends dire que les dossiers pour les élèves en classes d'examen ne sont jusque-là pas « montés ». Je ne suis pas en train de prendre position pour l'une des parties en conflit. Non, tel n'est pas mon objectif. Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis ni partisan, ni courtisan. Mais quand vient le moment de dire la vérité, je le fais, que cela plaise ou pas. Je n'ai d'ailleurs pas l'habitude d'écrire pour faire plaisir aux gens. Cela dit, je tiens à faire observer quelque chose. Le métier d'enseignant n'est pas valorisé au Burkina Faso, tant et si bien que des personnes y entrent par contrainte et non par vocation. Et c'est peu dire.

L'enseignement ne doit pas être un bazar

On a parfois l'impression que les enseignants sont des laissés-pour-compte. Or, que l'on soit devenu aujourd'hui journalise, magistrat, DG, ministres ou président, on le doit à un enseignant. Pour cela, nous devons tous une fière chandelle aux enseignants. Ne soyons pas ingrats vis-à-vis d'eux. C'est pourquoi je souhaite que le gouvernement, dans la mesure du possible, prête une oreille attentive à leur plateforme. Car, si les enseignants sont bien traités, cela déteint sur la qualité du système éducatif qui, il faut le dire, a pris un sérieux coup, ces dernières décennies ; en témoigne la baisse considérable du niveau des apprenants. Et là, les faits parlent d'eux-mêmes.

On voit des élèves aussi bien du secondaire que du supérieur, qui peuvent à peine construire une phrase grammaticalement correcte en sujet + verbe + complément. Ressaisissons-nous ! L'enseignement ne doit pas être un bazar, étant donné que c'est là que l'on forme les cadres de demain. Donc, encore une fois, j'en appelle à la responsabilité du pouvoir qui, malheureusement, donne l'impression de faire dans le deux poids deux mesures. On semble chérir certains corps et on en clochardise d'autres.

Ce qui n'est pas normal. C'est même injuste. C'est en cela que j'ai apprécié à sa juste valeur l'annonce faite par le chef de l'Etat, de réformer la grille salariale des travailleurs de la Fonction publique. Mieux, je piaffe déjà d'impatience ! Pour revenir aux enseignants, je voudrais terminer en leur faisant observer quelque chose. Quand on va en grève, on est appelé parfois à faire des concessions. Car aucune plateforme ne peut être satisfaite à 100%.

Burkina Faso

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