20 Janvier 2018

Cote d'Ivoire: Procès de Laurent Gbagbo/Pr Hélène Yapo Etté (médecin-légiste) - : "Des victimes ont été tuées par des obus et des mortiers"

Un témoignage fort attendu. De quoi sont mortes les personnes présentées comme victimes de la crise post-électorale ? Pour donner une réponse claire et précise à cette interrogation déterminante dans la suite du procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé qui se tient depuis plusieurs mois à La Haye, le bureau du procureur a sorti celle qu'on pourrait appeler son joker. Elle, c'est le professeur Hélène Yapo Etté, première femme agrégée en médecine légale en Côte d'Ivoire de même qu'en Afrique centrale et occidentale et maître de conférence à l'UFR des sciences médicales à l'Université Félix Houphouët-Boigny d'AbidjanCocody. Elle a été présentée comme le dernier témoin de Fatou Bensouda. Depuis hier, cette universitaire fait sa déposition devant le bureau du juge président.

Avec son équipe, faut-il le rappeler, elle a procédé durant la période indiquée à l'examen médico-légal de plusieurs corps dont ceux de Doumbia Makaridja, Sangaré K. et Sidibé Ibrahim, décédées le 17 mars à Abobo. « Lorsque nous recevons les corps, venant des différentes morgues, généralement ces corps sont identifiés par un bracelet », at-elle expliqué. Non sans ajouter qu'il arrive aussi que des parents proches décrivent les circonstances de leur mort. « Ils nous ont dit que ces personnes seraient mortes par éclats d'obus. Nous avons fait nos analyses », a fait savoir le témoin. « Quelle a été votre conclusion ? », a interrogé M. Garcia du bureau du procureur. Réponse du témoin : « plaie par arme à feu ; éclatement de la boite du crâne, fracas cranio-facial ; plaie à arme plus lésion ».

Le témoin indique cependant n'avoir pas détecté des projectiles en l'absence de moyens de détection. Toute chose qui portait à confusion. C'est pourquoi, pour être plus pré- cis, le bureau du procureur a saisi par courrier, courant 2015, le professeur Etté qui n'exclut pas que ces personnes soient mortes par des éclats d'obus. Justement à ce niveau, pour en avoir le cœur net, M. Garcia du bureau du procureur a cherché à savoir si le témoin avait eu une lettre de clarification au mois de juin 2015. « Oui, nous avons reçu cette lettre », a-t-elle répondu. « Quelle a été votre réponse ? », a questionné le collaborateur de Fatou Bensouda.

« La réponse a été : "Monsieur le procureur, en réponse à votre lettre de mission en date du 24 avril 2015 dans laquelle vous me demandiez de préciser dans une note additionnelle si le terme plaie par arme à feu inclut également les blessures provoquées par l'explosion de munitions d'artillerie telles que les obus de mortiers, je confirme bien que pour moi, les plaies par armes à feu incluent également les blessures déterminées par l'explosion d'obus de mortiers.

En effet, je considère qu'une arme à feu est une arme permettant d'envoyer à distance des projectiles au moyen de gaz produit par une déflagration. Les obus de mortiers étant des munitions d'artillerie qui explosent de la même manière produisent des éclats de shrapnells qui se comportent comme des projectiles d'armes à feu quand ils atteignent leurs cibles. En espérant avoir répondu à votre interrogation, je vous prie de croire monsieur le procureur, à l'assurance de ma parfaite considération" », a répondu le témoin. Voilà qui est clair. Et qui met fin aux manipulations sur les réseaux sociaux tendant à faire croire que les victimes n'ont pas été tuées par des éclats d'obus.

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