21 Janvier 2018

Burkina Faso: La chienlit s'installe

«L'incivisme, la remise en cause de l'autorité de l'Etat, et d'une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement. En tout état de cause, toutes les mesures seront étudiées et mises en œuvre pour que force reste à la loi.

Partout, l'ordre et la discipline doivent régner, pour nous permettre, dans le dialogue et la concertation, de rechercher les solutions appropriées aux problèmes que vivent les Burkinabè ».

Cet extrait du discours d'investiture du président Roch Marc Christian Kaboré, le 29 novembre 2015, avait été applaudi par la grande majorité des Burkinabè. Deux ans après, les lois de la République, l'autorité de l'Etat et même les hauts représentants de l'Etat sont allègrement contrariés, bafoués.

En vérité, l'anarchie sociale risque de provoquer la perte de notre pays. L'excès de liberté et le désordre que nous vivons au Burkina Faso n'approfondiront pas la démocratie et ne développeront point ce pays.

Ce qui s'est passé, le 16 janvier 2018 à Koudougou et à Boussé, notamment le blocage des routes nationales n°14 et n°2 pour, dit-on, soutenir les revendications des enseignants, est simplement la preuve d'une liberté mal comprise, dans un pays qui se cherche.

Dans quel autre pays des élèves peuvent-ils se permettre de barrer des routes nationales, empêcher même le passage des soldats qui partent se battre pour préserver l'intégrité territoriale ? Des élèves qui ont le courage d'investir un Gouvernorat, descendre le drapeau national, déloger un Gouverneur comme un vulgaire individu, est-ce cela la norme dans un pays?

La Chine, l'Inde ou encore les Etats-Unis sont 100 fois plus peuplés que le Burkina Faso, mais nul ne se permet pareils écarts. Celui qui y tentera cette anarchie regrettera son acte, et à vie. Les lois sont faites pour être respectées par tous.

Certes, le chef de l'Etat a martelé dès son premier discours son attachement aux libertés individuelles et collectives, mais dans ce contexte de liberté mal comprise et sans bornes, il est temps que l'Etat s'affirme et se réaffirme.

Le gouvernement devrait mettre le hola, siffler la fin de la pagaille pour que les citoyens sachent que le pays est bel et bien gouverné.

Si tant de liberté est laissée à des gens qui ne savent même pas où le soleil se lève, il faut craindre pour le Burkina de demain. Et tant que le gouvernement ne va pas sévir dans la légalité, ces agissements insensés et préjudiciables à toute la nation, ces actes inciviques ne prendront pas fin.

On peut manifester, lutter pour exiger des droits, sans forcément violer les lois que nous nous sommes prescrites. Mais comme l'attachement du chef de l'Etat aux libertés individuelles et collective est mal compris, des Burkinabè ne semblent plus avoir des limites.

C'est pourquoi, il faut joindre l'acte à la parole donnée urbi et orbi, le 29 novemble 2015, au Palais des sports de Ouaga 2000. Car comme l'a prévenu le philosophe français Paul Valéry : « Si l'Etat est fort, il nous écrase. S'il est faible nous périssons ».

Et ce n'est pas seulement de la responsabilité du gouvernement ou de la majorité présidentielle seule de lutter contre ces dérives extrêmes. Que tous ceux qui applaudissent ces graves écarts de comportements ou qui tirent les ficelles dans l'ombre sachent qu'ils ont pris la mauvaise option.

Aucun pays ne peut se construire dans la chienlit. Selon le même Paul Valery : "La plus grande liberté naît de la rigueur" . Aussi, le secret d'une autorité, quelle qu'elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu'ils sont coupables. Avec des natures indisciplinées comme ce qui prévaut actuellement chez nous, la rigueur est salutaire.

Burkina Faso

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